A l'approche de son ordination, Guillaume Normand donnait le témoignage suivant :
As-tu déjà pensé à être prêtre ?
Fils unique, ma mère, qui n’était guère croyante, et mon père, peu pratiquant, ne m’ont pas élevé dans la foi. Aux Etats-Unis, donc, pour la première fois, je fis la rencontre très marquante de jeunes de mon âge qui vivaient profondément leur foi, donnaient du temps pour le Christ et que cela semblait rendre heureux. Ils vivaient quelque chose qui m’était étranger. Avant de revenir à Paris avec le groupe, nous avons visité Rome. Dans la basilique St-Pierre, un appel très fort me poussa à demander le sacrement de réconciliation. En même temps, j’essayai de me trouver toutes les bonnes excuses pour ne pas y aller. "Il n’y aura aucun prêtre qui parle français…", pensais-je en me dirigeant vers l’extérieur. Juste avant la sortie, j’aperçus un prêtre qui attendait, francophone. Pas de chance… Je reçus le sacrement de réconciliation qui scellera mon retour vers le Seigneur. De retour à Paris pour les JMJ, la foule du Champ de Mars, joyeuse, jeune, produisit à nouveau un effet très fort. Une question me venait : "Tous ont fait une rencontre. Qu’en est-il de moi ?" Le 24 août, le prêtre américain qui nous suivait me demanda : "As-tu déjà pensé à être prêtre ?" J’étais stupéfait et, je dois avouer, assez flatté aussi. Après tout, on ne demande pas cela à n’importe qui. Cette perspective me paraissait toutefois surréaliste.
© D.R.
Se donner pour l’Eglise et pour le peuple de Dieu
Cette année-là, je rentrai à l’université en économie et m’investis à la paroisse St-Augustin avec les jeunes que j’avais connus aux JMJ. Je faisais partie d’un groupe qui scrutait les Ecritures du dimanche suivant et vécus ainsi “sous perfusion de Parole de Dieu” pendant deux ans. Ce fut une illumination extraordinaire. Je ne connaissais rien et j’avais une telle soif ! Le moment essentiel de ma semaine devenait la messe dominicale. Un jour, à l’université, la question du sacerdoce m’apparut soudain dans les escaliers alors que j’allais en cours. "Si je répondais oui, cela pourrait être grand", pensai-je. A Noël 1997, après m’être confessé au prêtre qui suivait notre groupe de St-Augustin, je lui posai une vaste question.
"Pourquoi Jésus nous donnet-il la vie éternelle en mourant ?" Nous avons parlé longuement. Je réalisai combien la foi était cohérente. "Si Dieu m’aime d’un si grand amour, je ne peux être que pour lui, pensai-je. Et si l’Evangile est solide, vrai, sûr, alors il est impossible de le garder pour moi." Mon désir de vie consacrée pour l’annonce de l’Evangile m’apparut limpide à la fin de cet entretien. Je m’en ouvrai plus tard à ce même prêtre et rentrai au séminaire après mon DEUG, à 20 ans. Le séminaire me permit d’entrer dans l’intimité avec le Seigneur, grâce à l’oraison quotidienne, à la prière des Heures, à la lecture de la Parole de Dieu : c’est un temps où nous pouvons déployer la grâce de notre baptême. Ce temps nous pousse à approfondir la charité fraternelle, à aimer notre frère tel qu’il est, dans sa force et sa faiblesse. J’ai pris conscience que le Seigneur me donnait certes un chemin de sainteté, mais que le sacerdoce était surtout un don pour l’Eglise et pour le peuple de Dieu tout entier.
De Louise d’Orglandes, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame - Pour vous abonner à Paris Notre Dame
REPÈRES
Naissance : le 28 décembre 1979.
Ordination diaconale : le 10 septembre 2006 à St-Jean-Baptiste de la Salle. (15ème).
Phrase d'ordination : "Pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix" (Lc 1, 79).
1ère messe : le 24 juin, à 10h30, à Ste-Marie des Batignolles (17ème).
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