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Olivier Horovitz : "Dans l’Eglise je sais que je ne serai pas déçu"

 

Olivier Horovitz a été ordonné prêtre le samedi 23 juin 2007. Issu du judaïsme, il nous raconte son itinéraire.

Vous avez été baptisé en 1994, à 25 ans, quel est votre itinéraire ?

Olivier Horovitz lors de son ordination
© esprit-photo.com
En quelques mots, je viens d’une famille culturellement israélite, mais non pratiquante. Au début des années 1990, je cherchais un sens à ma vie. Avec un ami, nous nous sommes alors mis à l’étude de la philosophie. Mais je n’y ai pas trouvé de réponse. Alors un jour, j’ai dit à Dieu : "Si tu existes, révèle-toi à moi." Là, j’ai vécu une conversion radicale : j’ai "reçu", physiquement et existentiellement, la présence de Dieu ; une grande paix intérieure m’habitait. Cette conversion a complètement transformé ma manière de voir l’autre, par exemple sur mon lieu de travail, dans le secteur de la distribution.

Avez-vous parlé de cette conversion à un religieux ?

Je suis allé voir un rabbin, à Neuilly. J’ai aussi lu la Torah, livre qui m’est tombé sous la main, dans la bibliothèque de mon père. Le passage de la mer Rouge et la figure de Moïse m’ont beaucoup touché. J’ai compris plus tard que je vivais moi aussi le passage de l’esclavage à la libération. Après cela, j’ai décidé de vivre pleinement le judaïsme et de m’établir dans un kibboutz en Israël. J’ai donc entamé des démarches en ce sens. Mais, pour des raisons complexes, les choses ont traîné. Et entre-temps, je suis tombé sur un Evangile. J’y ai découvert une autre figure, qui m’a profondément marqué, celle de Jésus, que je mettais en parallèle avec Moïse. Le christianisme me permettait d’entrer dans une compréhension profonde du judaïsme. J’ai aussi entendu l’appel intérieur à devenir prêtre.

Vous aviez déjà rencontré des prêtres ?

J’en avais vu juste à travers la série des films de Don Camillo (figure de prêtre plus profonde qu’il n’y paraît !) L’idée ne venait pas de mon intellect ; c’était un appel, qui venait de loin. Je suis alors allé en parler au rabbin. Il a été surpris et m’a demandé ce que je mettais derrière le mot prêtre. Je ne savais pas bien. Il m’a alors dit d’aller voir un prêtre. J’ai feuilleté les pages jaunes de l’annuaire et j’ai téléphoné à l’Eglise catholique la plus proche de chez moi : la collégiale de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Là, j’ai rencontré le P. Patrice Ribadeau Dumas, qui m’a alors envoyé vers le P. Pascal Roland, au service des vocations. Ce prêtre s’est rendu compte que je n’étais pas baptisé. Alors je suis entré en catéchuménat, à Mantes-la-Jolie, en 1992.

Lors de votre catéchuménat, la question du sacerdoce était-elle toujours présente ?

La question du sacerdoce s’est posée avant celle du baptême et elle est demeurée. Les deux années de catéchuménat ont aussi été pour moi une préparation au sacerdoce. Je voulais êtreprêtre. Toutefois, avant l’entrée au séminaire, le P. Roland m’a envoyé à l’Ecole de l’Evangile à Lourdes. J’ai alors tout quitté : mes parents, mon travail…, et j’ai découvert plus en profondeur la vie chrétienne. En septembre 1995, un an et demi après mon baptême, je suis entré au séminaire d’Issy-les-Moulineaux. J’y ai été très heureux. J’ai eu l’occasion de faire des "stages pastoraux" : le diocèse m’avait chargé d’organiser des pèlerinages de collégiens à Lourdes. Pendant les vacances, j’allais chez les religieux de Saint-Vincent de Paul, dont j’appréciais la spiritualité et l’apostolat, si bien qu’au fil des années, je me suis demandé si je n’avais pas une vocation pour entrer chez eux.

Venant du judaïsme, Olivier Horovitz a été baptisé le 4 avril 1994, dans la collégiale de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Ici, avec son parrain.
© D.R.
Qu’est-ce qui a été décidé ?

J’ai parlé de cet appel à mon père spirituel et à l’évêque. Le meilleur moyen de savoir si j’étais appelé à cette vocation était de la vivre. En 2000, je suis donc entré chez les religieux de Saint- Vincent de Paul, à qui je dois beaucoup ! Peu à peu, je me suis rendu compte que j’étais davantage appelé à devenir prêtre diocésain. Alors sur les conseils de mon père spirituel, j’ai pris contact avec le diocèse de Paris, qui convenait mieux, et été reçu au séminaire – c’était en 2005. Tout en suivant quelques cours, j’étais en stage à St-Georges.

Quel regard portez-vous sur l’Eglise ?

Dans l’Eglise, je sais que je ne serai jamais déçu. Si on y regarde de près, qui a le plus grand respect pour la dignité de l’homme ? C’est l’Eglise, avec une profondeur redoutable. Je suis toujours étonné de voir que les chrétiens hésitent à annoncer ce trésor !

De Bénédicte Hériard, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame - Pour vous abonner à Paris Notre Dame

 

REPÈRES

Naissance : le 20 mars 1969.

Ordination diaconale : le 24 septembre 2006, à St-Jean-Baptiste de Belleville (19ème).

Phrase d'ordination : "C’est le propre de l’esprit du sacerdoce de sacrifier, avec la victime divine, celui-là même qui l’offre." - Vénérable Père François Libermann, Lettre du 4 août 1842
Le Père Libermann (1802-1852), juif converti, a fondé la Société missionnaire du Saint Coeur de Marie en 1841 et, en 1848, il a accepté que sa Société fusionne dans la Congrégation du Saint-Esprit.

1ère messe : dimanche 24 juin, à St-Georges (19ème).

 

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