Vous aimez la musique, l’écriture, les promenades en pleine nature. L’expérience du beau a-t-elle compté dans votre vocation ?
A 15 ans, la découverte de la prière d’oraison fut un tournant dans l’appropriation de votre foi. Pouvez-vous l’évoquer ?
C’était un groupe de partage d’Evangile. Une laïque, mère de famille, parlait de la prière d’oraison d’une manière qui m’a donné envie : un échange, un face à face silencieux avec Dieu. J’ai fait cette expérience capitale de me mettre et de demeurer en présence de Dieu. Cela m’a rendu très libre pour la suite. Dieu était la personne qui compterait le plus dans ma vie, l’issue ne m’inquiétait pas. Pour moi, l’élément de discernement fut la récurrence et la stabilité de son appel pendant sept ans. Je le vivais paisiblement, durant mes études à l’ESSEC, avant le séminaire. Pour moi, il ne fut pas facile d’entrer dans la formation proposée : j’ai un rapport intuitif à la prière comme à la nature. Au séminaire, la médiation de l’Ecriture est centrale dans la vie spirituelle. J’ai appris à entrer dans l’élaboration intellectuelle, dans une forme moins immédiate de la prière. Au départ, je croyais que le texte pouvait me disperser, me faire sortir de la relation à Dieu. La formation m’a fait rentrer dans la consistance des Ecritures. J’y ai découvert la richesse que je trouve dans la nature qui parle déjà de Dieu. J’ai expérimenté combien la lumière de la foi venait irradier l’intelligence. Ma relation au Christ en a beaucoup gagné.
Craignez-vous la solitude du prêtre ?
J’ai un tempérament indépendant, la solitude ne me fait donc pas peur. Mais au cours de ces années de séminaire, j’ai mesuré qu’on ne tient pas seul et qu’un prêtre ne peut se passer ni de sa communauté ni de l’ensemble des autres prêtres. J’ai découvert la dimension communautaire de l’existence chrétienne : le désir de sainteté personnel a peu de chance de "succès" s’il n’est pas commun. La communauté de séminaristes m’a permis d’expérimenter cette communion profonde entre nous, mais aussi une forme d’incommunicabilité : je comparerais cela à des mariés attirés par le désir de construire une communion d’amour, qui prennent conscience que l’aimé reste complètement autre, avec son mystère. L’homme est toujours seul devant Dieu.
De Claire Folscheid, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame - Pour vous abonner à Paris Notre Dame
REPÈRES
Naissance : le 25 août 1976 à Orléans.
Ordination diaconale : le 10 septembre 2006 à St-Jean-Baptiste de la Salle (15ème).
Phrase d'ordination : "Près de la croix de Jésus se tenait sa mère" (Jn 19, 25) - "Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils" (Is 7, 14).
1ère messe : le dimanche 24 juin à 11h, à N.-D. de la Croix (20ème).
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