Emilie Pourbaix
La vie quotidienne entre séminaristes est un lieu fondamental de la formation du futur prêtre. C’est aussi à travers elle qu’il fait un chemin de conversion indispensable avant de donner sa vie à Dieu.
Et comment Dieu peut-il mieux convertir que par la vie en relation avec d’autres ? C’est pour cette raison que la vie communautaire des séminaristes fait partie intégrante de leur formation. Elle permet une transformation intérieure : c’est par cette humble vie quotidienne avec ses joies et ses peines vécues dans la foi qu’ils deviennent peu à peu des hommes tout entier donnés à Dieu. En effet, c’est dans cette vie partagée que Dieu va accomplir son oeuvre de conversion de leurs coeurs de pierre en coeurs de chair. Ainsi ils n’acquièrent pas seulement un ‘savoir’ spirituel. Ils vivent leur relation avec Dieu à travers leurs frères séminaristes qu’ils n’ont pas choisis et qui leur sont donnés à aimer. Ils apprennent la charité dans tous les petits gestes d’amour d’une simple vie quotidienne. Ils découvrent ou approfondissent toutes les petites morts à soi-même que demande cette vie avec d’autres. Ils approfondissent les vertus et les qualités dont ils auront besoin dans leur mission de prêtres : patience, service, discrétion, écoute, respect, pardon, humilité, ouverture aux autres. Ils apprennent à aider, donner, recevoir, supporter les autres, être soi-même, devenir plus simple… Ils sont lentement et profondément transformés par cette vie qui est un chemin de sainteté. En effet, la sainteté, selon Vatican II, n’est autre que la charité parfaite. Ainsi, cette vie communautaire prépare le coeur du futur prêtre à savoir aimer ceux qui lui seront confiés dans son ministère et qu’il n’aura pas choisis.
© Esprit-photo
Se donner dans la perfection
Dans cette perspective, prendre en charge les travaux nécessaires à la vie quotidienne n’est plus seulement une réalité matérielle : en montrant l’attention portée aux autres cela participe aussi à construire une vie fraternelle. Ainsi, la maison commune devient la maison de Dieu car ce n’est plus par la force des hommes que la vie est vivable. C’est l’Esprit Saint qui y est à l’oeuvre et qui unit les personnes. C’est la vie ecclésiale déjà vécue au quotidien. On n’est pas seul chacun dans son cheminement spirituel : on avance tous ensemble vers Dieu. Il n’y a donc plus cohabitation de colocataires mais communion entre frères. Ainsi, cette vie communautaire n’est plus une nécessité pratique mais devient le lieu même de la conversion, là où ils apprennent à se donner dans la perfection, avant d’être donnés par Dieu à son peuple. Bien entendu, la construction d’une telle vie communautaire prend du temps : c’est le long temps de la conversion personnelle de chacun des membres. Mais la vie au séminaire offre cette durée indispensable au retournement intérieur du coeur qui se laisse pétrir et conduire par l’Esprit de sainteté. C’est dans ce temps de la conversion que Dieu forge un coeur de pasteur en chacun de ces hommes qu’il a appelés : un coeur comme Jésus, doux, aimant, patient…
Un vrai bonheur
Bruno, en 5ème année au Séminaire des Carmes.
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Etudier l’Ecriture Sainte au Séminaire : la Parole éclai… |
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