Camille Caquineau
Au terme du long parcours de réflexion et de conversion, le séminariste est appelé par l’Église. Il va recevoir le premier degré du sacrement de l’ordre : l’ordination diaconale, qui le fait devenir diacre en vue du sacerdoce.
Dernière étape avant de devenir prêtre : le séminariste est ordonné diacre par l’évêque. Il devient serviteur au nom du Christ, selon le sens du mot en grec. L’Église l’invite donc à se conformer pleinement à la figure du Christ serviteur. "Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir." (Mt 20, 28)
Le diacre manifeste publiquement sa volonté de s’offrir dans un don total et définitif, à Dieu et à l’Église. Il s’engage au célibat, à être assidu à la liturgie des Heures (lecture des cinq offices du jour, dans le bréviaire) et à vivre en communion avec son évêque, dans l’obéissance. Il renouvellera cette promesse en étant ordonné prêtre. À l’image du grain du blé qui meurt en terre pour porter du fruit, le diacre expérimente cette mort à soi-même pendant le diaconat. Elle est symbolisée par le geste de la prostration au cours de la cérémonie. Dieu transforme de l’intérieur celui qui reçoit le sacrement. Il devient un homme nouveau.
Le diaconat est un temps spirituel de renouvellement intérieur. Dans chacun de ses engagements, le diacre est amené à vivre de nouveaux combats, appelé à correspondre à la grâce reçue le jour du diaconat et à y être fidèle.
Dans ses fonctions, le diacre fait tout au nom du Christ et de l’Église. Par la grâce du diaconat, la prière de l’Église universelle devient sienne. Il se sent confirmé dans son ministère lorsque des intentions lui sont confiées par certains paroissiens.
Une situation particulière
Élever le calice et distribuer le corps et le sang du Christ rappelle au diacre l’engagement qu’il a pris de se configurer au Christ. Présent dans le choeur, il établit un lien visible entre Dieu et son peuple. Il est appelé à servir, jusqu’à participer au mystère de la Croix du Christ.
Ministre de la Parole, le diacre proclame l’Évangile et prêche.
Encore au séminaire pour quelques mois, il se familiarise avec son nouvel état. Le discernement continue, notamment dans l’accompagnement spirituel. Sa situation particulière - ni laïc ni prêtre -, la discrétion et la disponibilité que cela demande l’incitent à entretenir un lien plus constant à l’Esprit Saint qui lui enseigne en toutes choses à être fidèle à la grâce reçue. Il se met au service de ses frères séminaristes, veillant à les affermir dans la foi. Après toutes ces années de formation, il prend le temps de méditer la Parole de Dieu pour son ministère de prédication.
Son entourage reste attentif à la découverte des charismes qu’il pourra développer dans son ministère presbytéral. C’est avec un coeur dilaté, donné au service de Dieu qu’il accèdera, dans une plus grande conscience de sa vocation, au sacerdoce ministériel.
Ecouter et encourager
« En m’ordonnant diacre -le 7 septembre 2008- l’Église m’a confié la mission de comprendre et accueillir chaque jour davantage la grâce du diaconat pour en vivre fidèlement. La comprendre et la vivre dans ses dimensions "immédiates" : engagement au célibat, obéissance à l’évêque, prière de la liturgie des heures… Mais aussi approfondir ce à quoi Dieu m’appelle plus personnellement dans ce ministère de l’ordre. De quelle manière souhaite-t-il que je me mette plus particulièrement au service de mes frères ? Je suis de plus en plus sensible à ce que porte le peuple de Dieu au coeur d’un monde qui souffre. Et je trouve, comme un prolongement naturel de l’intercession, une joie profonde à écouter le fardeau souvent douloureux de ceux qui sont mis sur ma route, et à les encourager à vivre de l’espérance qui ne décevra jamais. »
Geoffroy de Marsac
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