Père Denis Jachiet
Les séminaristes passent six années en formation. Ce long temps consacré à l’étude, la réflexion, la découverte de l’Église et la conversion personnelle est jalonné d’étapes. Elles marquent des engagements progressifs dans le chemin qui mène au sacerdoce.
Chacune de ces étapes donne lieu à un choix libre du candidat. Après avoir prié, réfléchi, parlé avec son père spirituel, il formalise par écrit son désir d’avancer vers le sacerdoce en rédigeant une lettre de demande adressée au supérieur ou à l’évêque. L’Église prend alors une décision à son sujet. En l’admettant à franchir cette étape, elle reconnaît la vérité, la cohérence de sa demande et son aptitude à poursuivre sa formation. A partir de l’admission, les étapes sont marquées par un rite liturgique public célébré par l’évêque. Au cours de cette célébration, l’Église accueille la détermination des candidats à se donner à Dieu et les entoure de sa prière pour qu’ils s’engagent plus avant.
Tentons de déceler des orientations fondamentales dans chacun de ces pas institutionnels, qui sont autant de pierres à la construction d’un édifice : le futur prêtre.
L’entrée en année de fondation spirituelle
« Maître où demeures-tu ? Venez et vous verrez. » (Jn 1, 38-39).
Après avoir discerné l’appel de Dieu avec son père spirituel et l’aide du service des vocations, le jeune se décide à consacrer un an à fonder sa vie sur le Christ en approfondissant son discernement. Pendant cette année dans laquelle il s’engage, il remet concrètement sa vie dans les mains du Seigneur, comme il ne l’a encore jamais fait. Devenu disciple du Christ d’une façon nouvelle, il décide de vivre la radicalité de l’Évangile à travers les modalités qui lui sont offertes.
L’entrée au séminaire
« Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6, 68)
En entrant au séminaire proprement dit, le candidat entame un cycle de six années de formation en vue du ministère de prêtre. Là, son discernement se poursuit, mais le choix est clair : le séminariste a choisi d’engager toutes ses forces pour être saisi et transformé par le Christ afin de devenir un pasteur selon son coeur. C’est la recherche de la Vérité, dans l’approche du mystère de l’homme et de la lumière du Verbe Incarné, qui mobilise son être : coeur, intelligence et volonté en même temps.
© Issy les Moulineaux
L’admission parmi les candidats au sacrement de l’ordre
« Il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer prêcher. » (Mc 3, 14)
Après deux années au séminaire, le candidat s’est habitué à scruter quotidiennement le mystère du Christ et à en reconnaître la présence dans sa vie. Son intention de devenir prêtre a mûri. L’Église le reconnaît et soutient publiquement ce désir à travers le rite de l’Admission. Le séminariste est parvenu à une meilleure connaissance de soi dans la lumière de l’Esprit qui lui permet de confirmer son discernement. Il s’engage d’une façon plus consciente, délibérée et joyeuse vers le célibat pour le Royaume. Devant l’évêque, il s’attache plus étroitement à l’Église diocésaine, qu’il se prépare à servir.
L’institution lecteur et acolyte
« Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » (Jn 6, 51)
Après quatre ou cinq années de formation, l’étude de la théologie et les expériences pastorales ont fortifié et affiné chez le séminariste le désir de faire grandir le corps du Christ. L’Église lui propose alors de l’instituer lecteur et acolyte. Ces deux ministères institués - consistant à proclamer publiquement les premières lectures de la messe et à assurer le service de l’autel - ont alors une portée plus grande que la fonction liturgique qui leur est attachée. Par le lectorat, l‘Église présente le séminariste aux fidèles comme un responsable de la Parole de Dieu dans sa vie et son apostolat. Par l’acolytat, elle le reconnaît capable de conduire la prière et de soutenir la foi eucharistique par son attitude et ses paroles. L’institution du séminariste atteste que la Parole de Dieu et l’eucharistie, qui seront la source de son ministère à venir, sont intégrées dans sa vie personnelle.
© Esprit-photo
L’ordination diaconale
« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir. » (Mt 20, 28)
En s’avançant pour recevoir le diaconat, le séminariste commence par prendre tous les engagements définitifs de la vie sacerdotale. Il s’engage pour toujours au célibat pour le Royaume, choisit de vivre dans un esprit de foi et de charité, en obéissance à son évêque et de célébrer quotidiennement la Liturgie des Heures. Configuré au Christ serviteur, il poursuit dans ce nouvel état sa préparation au sacerdoce.
© Esprit-photo
L’ordination sacerdotale

« Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » (Lc 22, 19)
Par l’ordination sacerdotale, le diacre est configuré au Christ Prêtre et Pasteur. Il va désormais chercher à rendre présent dans sa vie ce qu’il accomplit dans la célébration eucharistique et à se conformer au mystère de la croix du Seigneur. Ministre de la Parole et des sacrements, il puisera indéfiniment dans la grâce de son ordination pour être donné au peuple dont il a la charge et attentif aux plus faibles.
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