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"Choisis la vie !" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par le Pape Benoît XVI - février 2008, réponse du Saint-Père à la question d'un jeune prêtre   

Cela vaut-il effectivement la peine de parier sa vie sur le Christ ? La vie des béatitudes est-elle une vie adaptée à l'homme du troisième millénaire ? A cette question d'un jeune prêtre qui chemine avec les jeunes, le Saint-Père Benoît XVI répond : "Choisis la vie !"

Nous savons tous combien il est difficile pour un jeune de vivre aujourd'hui en chrétien. Le contexte culturel, le contexte médiatique, offre tout sauf la route vers le Christ. C'est comme s'il empêchait de voir le Christ comme centre de la vie et de vivre sa vie comme Jésus nous l'indique. Cependant, il me semble également que beaucoup ressentent toujours plus fortement l'insuffisance de toutes ces offres, de ce style de vie qui, à la fin, nous laisse vides.

Tu as devant toi la mort et la vie : choisis la vie

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© Séminaire de Paris
En ce sens, il me semble justement que la lecture de la liturgie d'aujourd'hui, celle du Deutéronome (30, 15-20) et l'extrait de l'évangile de Luc (9, 22-25), répondent à ce que, en substance, nous devrions dire aux jeunes et nous répéter toujours à nous-mêmes. La sincérité est fondamentale. Les jeunes doivent sentir que nous ne disons pas des paroles que nous n'avons pas nous-mêmes vécues, mais que nous parlons parce que nous avons trouvé et que nous essayons de retrouver chaque jour la vérité en tant que vérité pour notre vie. Ce n'est que si nous sommes sur cette voie, si nous essayons de ressembler nous-mêmes à cette vie et de faire ressembler notre vie à celle du Seigneur, que nos paroles pourront être crédibles et avoir une logique visible et convaincante. Je le répète : c'est aujourd'hui la grande règle fondamentale, non seulement pour le Carême mais pour toute la vie chrétienne : choisis la vie. Tu as devant toi la mort et la vie : choisis la vie. La réponse me semble être toute naturelle. Très peu de personnes nourrissent au fond d'elles-mêmes une volonté de destruction, de mort, au point de ne plus vouloir être, vivre, parce que tout est contradiction pour eux. Malheureusement, on parle d'un phénomène qui prend de l'ampleur. Avec toutes ses contradictions, ses fausses promesses, la vie apparaît finalement contradictoire, elle n'est plus un don mais une condamnation et c'est pour cela que certains veulent davantage la mort que la vie. Mais normalement l'homme répond : oui, je veux la vie.

Comment choisir la vie ?

Mais reste à savoir comment trouver la vie, que choisir et comment choisir la vie. Et les offres qui sont normalement faites, nous les connaissons : aller en discothèque, prendre tout ce qu'il est possible de prendre, considérer la liberté comme la possibilité de faire tout ce que l'on veut, tout ce qui nous vient à l'esprit dans l'instant. Mais nous savons en revanche - et nous pouvons le montrer - que cette route est une route de mensonge car on y trouve à la fin non la vie mais réellement l'abysse du rien. Choisis la vie. Cette lecture dit : Dieu est ta vie, tu as choisi la vie et tu as fait ton choix : Dieu. Cela me semble fondamental. Ce n'est qu'ainsi que notre horizon est suffisamment large et que nous sommes à la source de la vie, qui est plus forte que la mort, que toutes les menaces de mort. Le choix fondamental est donc celui qui est indiqué ici : Dieu. Il faut comprendre que celui qui va sur la route sans Dieu se retrouve à la fin dans l'obscurité, même s'il peut y avoir des moments dans lesquels il nous semble avoir trouvé la vie.

Comment choisir Dieu ?

Puis il y a un autre pas à faire : comment trouver Dieu, comment choisir Dieu. Nous arrivons ici à l'Evangile : Dieu n'est pas un inconnu, une hypothèse probable de la naissance de l'univers. Dieu est fait de chair et d'os. Il est un des nôtres. Nous le connaissons avec son visage, par son nom. C'est Jésus Christ qui nous parle dans l'Evangile. Il est homme et Il est Dieu. Et parce qu'Il est Dieu, il a choisi l'homme pour nous permettre de choisir Dieu. Il faut donc entrer dans la connaissance  puis dans l'amitié de Jésus pour faire route avec lui.

Il me semble que ceci est le point fondamental dans notre soin pastoral pour les jeunes, pour tous mais surtout pour les jeunes : attirer leur attention sur le choix de Dieu, qui est la vie ; sur le fait que Dieu existe. Et qu'il existe de façon très concrète. Et enseigner l'amitié avec Jésus Christ.

Choisir de vivre selon Sa Parole

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© esprit-photo.com
Il y a également un troisième pas. Cette amitié avec Jésus n'est pas une amitié avec une personne irréelle, avec quelqu'un qui appartient au passé ou qui est éloigné des hommes, à la droite de Dieu. Il est présent dans son corps, qui est encore un corps en chair et en os : c'est l'Eglise, la communion de l'Eglise. Nous devons construire et rendre plus accessibles des communautés qui reflètent, qui sont le miroir de la grande communauté de l'Eglise vivante. C'est tout un ensemble : l'expérience vivante de la communauté, avec toutes ses faiblesses humaines, mais néanmoins réelles, avec une route claire, et une solide vie sacramentelle, dans laquelle nous pouvons aussi toucher ce qui peut nous sembler si éloigné, la présence du Seigneur. De cette façon, nous pouvons également apprendre les commandements - pour retourner au Deutéronome, duquel je suis parti. Parce que sa lecture nous dit : choisir Dieu signifie choisir selon Sa Parole, vivre selon Sa Parole. Cela peut un instant nous apparaître un peu positiviste, voire des impératifs. Mais la première chose, c'est le don : son amitié. Ensuite, nous comprendrons que les panneaux sur le bord de la route sont des explications de la réalité de cette amitié.

Cela est, disons, une vision générale, qui jaillit du contact avec les Saintes Ecritures et avec la vie de l'Eglise de tous les jours. Puis celle-ci se traduit pas à pas dans les rencontres concrètes avec les jeunes : les conduire au dialogue avec Jésus dans la prière, dans la lecture des Saintes Ecritures - surtout la lecture en commun mais aussi la lecture personnelle - et dans la vie sacramentelle. Ce sont tous des pas à faire pour rendre ces expériences présentes dans la vie professionnelle, même si le contexte est souvent marqué par l'absence totale de Dieu et même s'il semble impossible qu'il y soit présent. Mais c'est alors justement à travers notre vie et notre expérience de Dieu que nous devons essayer de faire entrer la présence du Christ aussi dans ce monde éloigné de Dieu.

La soif de Dieu existe. J'ai eu récemment la visite ad limina d'évêques d'un pays où plus de cinquante pour cent des personnes se déclarent athées ou agnostiques. Mais ils m'ont dit : en réalité, ils ont tous soif de Dieu. Cette soif existe de façon cachée. Aussi commençons-nous d'abord avec les jeunes que nous pouvons rencontrer, formons des communautés dans lesquelles se reflète l'Eglise, apprenons l'amitié avec Jésus. Ainsi remplis de cette joie et de cette expérience, nous pourrons aussi rendre Dieu présent dans notre monde.

© Copyright du texte original en italien : Libreria Editrice Vaticana Traduction réalisée par ZENIT.org

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