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Page 1 sur 4 «Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle» (Jn 6, 68). Chers jeunes des quinzièmes Journées mondiales de la Jeunesse ! Ces paroles de Pierre, dans le dialogue avec le Christ à la fin du discours sur le «pain de vie», nous touchent personnellement. Ces jours-ci, nous avons médité sur l'affirmation de Jean : «Le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous» (Jn 1, 14).
L'évangéliste nous a reportés au grand mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu, le Fils qui nous a été donné par Marie «lorsque les temps furent accomplis» (Ga 4, 4). Nous sommes arrivés au sommet des Journées mondiales de la Jeunesse. Hier soir, chers jeunes, nous avons confirmé notre foi en Jésus Christ, le Fils de Dieu que le Père a envoyé, comme nous l'a rappelé la première lecture d'aujourd'hui, pour «porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté,... consoler tous ceux qui pleurent» (Is 61, 1-2). Par la célébration eucharistique d'aujourd'hui, Jésus nous introduit dans la connaissance d'un aspect particulier de son mystère. Nous avons écouté dans l'Évangile un passage du discours qu'il a prononcé dans la synagogue de Capharnaüm, après le miracle de la multiplication des pains. Dans ce discours, Jésus se révèle comme le vrai pain de la vie, le pain descendu du ciel pour donner la vie au monde (cf. Jn 6, 51). C'est un discours que les auditeurs ne comprennent pas. La perspective dans laquelle ils se situent est trop matérielle pour pouvoir saisir la véritable intention du Christ. Ils raisonnent dans une perspective charnelle, qui «n'est capable de rien» (Jn 6, 63). Jésus, au contraire ouvre son discours sur les horizons sans limites de l'esprit : «Les paroles que je vous ai dites - insiste-t-il - sont esprit et elles sont vie» (ibid.).  © A.B. Mais les auditeurs y sont insensibles : «Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter !» (Jn 6, 60). Ils s’estiment personnes de bon sens, avec les pieds sur terre. C’est pourquoi ils hochent la tête et, tout en grommelant, ils s'en vont les uns après les autres. La foule du début se réduit progressivement. À la fin, il reste seulement le petit groupe restreint des disciples les plus fidèles. Mais sur «le pain de la vie», Jésus n'est pas disposé à transiger. Il est plutôt prêt à s'exposer à l'abandon même des plus intimes : «Voulez-vous partir, vous aussi ?» (Jn 6, 67).
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