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Page 2 sur 4 Ne doutez pas, croyez ! Le Cénacle de Jérusalem fut aussi pour les apôtres une sorte de "laboratoire de la foi". Toutefois, ce qui s'y est passé avec Thomas va, en un sens, au-delà de ce qui est arrivé près de Césarée de Philippe. Au Cénacle, nous nous trouvons devant une dialectique de la foi et de l'incrédulité la plus radicale, et, en même temps, devant une proclamation plus profonde encore de la vérité sur le Christ. Il n'était vraiment pas facile de croire que Celui qu'on avait mis au tombeau trois jours auparavant était de nouveau vivant. Le divin Maître avait souvent annoncé qu'il ressusciterait d'entre les morts et il avait souvent donné la preuve qu'il était le Seigneur de la vie. Et pourtant l'expérience de sa mort avait été si forte que tous avaient besoin d'une rencontre directe avec lui pour croire à la résurrection : les apôtres au Cénacle, les disciples sur la route d'Emmaüs, les saintes femmes près du tombeau... Thomas, lui aussi, en avait besoin. Mais lorsque son incrédulité eut fait l'expérience directe de la présence du Christ, l'apôtre qui doutait prononça ces mots dans lesquels s'exprime le noyau le plus intime de la foi : s'il en est ainsi, si Tu es vraiment vivant tout en ayant été mis à mort, cela veut dire que tu es "mon Seigneur et mon Dieu".
Dans ce qui est arrivé à Thomas, le "laboratoire de la foi" s'est enrichi d'un nouvel élément. La révélation divine, la question du Christ et la réponse de l'homme ont eu leur achèvement dans la rencontre personnelle du disciple avec le Christ vivant, avec le Ressuscité. Cette rencontre est devenue le début d'une nouvelle relation entre l'homme et le Christ, une relation où l'homme reconnaît existentiellement que le Christ est Seigneur et Dieu ; non seulement Seigneur et Dieu du monde et de l'humanité, mais Seigneur et Dieu de mon existence humaine concrète. Un jour, saint Paul écrira : " La Parole est près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole, c'est le message de la foi que nous proclamons. Donc, si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur, si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, alors tu seras sauvé" (Rm 10, 8-9). Dans les lectures de la liturgie d'aujourd’hui, nous trouvons décrits les éléments dont se compose ce "laboratoire de la foi", d'où les apôtres sortiront en hommes pleinement conscients de la vérité que Dieu avait révélée en Jésus-Christ, vérité qui allait modeler leur vie personnelle et celle de l'Eglise au cours de l'histoire. Notre rencontre d'aujourd'hui à Rome, chers jeunes, est aussi une sorte de "laboratoire de la foi" pour vous, disciples d'aujourd'hui, pour ceux qui croient au Christ au seuil du troisième millénaire. Chacun de vous peut retrouver en lui-même la dialectique des questions et des réponses que nous venons de souligner. Chacun peut mesurer ses propres difficultés à croire et aussi éprouver la tentation de l'incrédulité. Mais en même temps il peut faire l'expérience d'une maturation progressive dans la conscience et dans la conviction de sa propre adhésion de foi. Toujours, en effet, dans cet admirable laboratoire de l'esprit humain, le laboratoire de la foi, Dieu et l'homme se rencontrent l'un l'autre. Sans cesse, le Christ Ressuscité entre dans le Cénacle de notre vie et permet à chacun de faire l'expérience de sa présence et de proclamer: Ô Christ, tu es "mon Seigneur et mon Dieu!" Le Christ dit à Thomas: "Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu" (Jn 20, 29). Tout être humain a en lui quelque chose de l'apôtre Thomas. Il est tenté par l'incrédulité et pose les questions de fond: Est-il vrai que Dieu existe? Est-il vrai que le monde a été créé par lui ? Est-il vrai que le Fils de Dieu s'est fait homme, est mort et est ressuscité? La réponse s'impose avec l'expérience que la personne fait de sa présence. Il faut ouvrir ses yeux et son cœur à la lumière de l'Esprit Saint. Alors, les blessures ouvertes du Christ Ressuscité parleront à chacun: "Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu".
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