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Page 1 sur 3 Mes amis, disciples de Jésus, quelle que soit la manière dont vous, vous inscrivez votre vie dans la vie de l'Eglise, Jésus nous désigne, tous ensemble, comme "le sel de la terre" (Mt 5,13). Voilà notre mission! C'est là l'un des plus beaux noms de l'Eglise!
Comment peut-on être chrétien dans une société inhumaine? L'Évangile, ou bien vous l'arrangez pour qu'il soit au goût du jour, acceptable par tous et ce n'est plus la Parole de Dieu; ou bien vous le prenez tel qu'il est et vous vivez à contre-courant. Une anecdote (que les publicitaires parmi vous me pardonnent !). Lors des JMJ à Paris, nous avions convoqué des spécialistes de la communication. Certains nous ont dit: "Votre affaire, c'est ringard ; on va vous arranger cela !". Alors, ils ont fait un Evangile- mode ; ils l'ont lissé, ils ont enlevé les aspérités, c'est-à-dire tout ce qui leur paraissait gênant au regard des modes actuelles et selon des sondages d'opinion. Il n'en restait quasiment rien. Je leur ai dit: "Et le pape alors?"-"Le pape, non; il est trop vieux ; ce n'est pas la peine d'en parler!". Enfin, un autre prit la parole: "Nous avons fait lire les Évangiles à nos collaborateurs et nous nous sommes dit: "Il y a là-dedans des phrases extraordinaires; ce n'est pas la peine de chercher des slogans ; il suffit de les imprimer brutes de décoffrage, et c'est un coup de poing dans l'estomac". Vous, les Parisiens, vous avez vu dans le métro et sur les murs de Paris de grandes affiches avec seulement une phrase, telle: "Aimez vos ennemis". L'Évangile est comme un révulsif. Et les chrétiens, s'ils y sont fidèles, ne peuvent pas ne pas être en contradiction avec les tendances lourdes de la société. Faut-il pour autant partir dans le désert, nous mettre en dissidence, jouer aux exclus, rester en dehors de la course ? Ce n'est pas ce que le Seigneur nous demande. Il nous demande de porter la contradiction à l'intérieur même du combat spirituel des hommes. Pourquoi? Lorsqu'une société entière place comme objectifs prioritaires l'argent, le sexe, le pouvoir, la domination, l'avidité de posséder, qu'en résulte-t-il ? Une société qui n'est plus digne de l'homme ; elle produit des exclus, elle sacrifie des personnes ; pour faire vivre certains, elle se croit obligée d'en tuer d'autres. Mais, on ne peut pas passer des hommes au compte profits et pertes ! Ce n'est pas possible.  © A.B. L'attitude enseignée par le Christ dans l'Évangile n'est pas contestation, destruction, opposition systématique ; elle consiste à prendre sur soi, par amour de Dieu et des hommes, la charge de la preuve. Même s'il faut pour cela aller à contre-courant. Ainsi les disciples du Christ peuvent aider les hommes à devenir plus humains.Nous devons respecter inconditionnellement la dignité de tout être humain. Nous devons respecter la sexualité et la fécondité humaines. Alors, nous travaillerons à ce que la relation de l'homme et de la femme ne soit pas dégradée. Ainsi, cette réalité fondamentale qui n'est pas réductible à la condition animale sera pleinement humaine ou deviendra plus humaine. La relation de l'homme et de la femme est aujourd'hui blessée dans sa dignité ; elle doit être guérie, sauvée pour être vécue conformément à leur vocation d'êtres "créés à l'image et à la ressemblance de Dieu". Si vous vous mariez, si cette grâce vous est donnée, vous aurez à construire votre couple non pas sur le modèle régnant dans la société, mais en vous fondant sur la Parole de Dieu et la grâce du Christ. Ainsi vous donnerez la preuve, au prix parfois d'un amour crucifié et toujours d'un oubli de vous-mêmes, que l'amour humain a une plus haute ambition qu'il reçoit de Dieu lui-même. L'homme et la femme qui s'unissent dans le sacrement de mariage sont appelés à manifester en ce monde - pour eux-mêmes et l'un pour l'autre, pour leurs enfants, pour la société entière - la fidélité de Dieu qui, en son Christ, épouse l'humanité et fait de l'Église son unique Épouse,-irrévocablement. "Le Christ a aimé l'Eglise ; il a livré sa vie pour la sauver. Il a voulu ainsi la rendre sainte" (Ep 5, 24s). C'est en ayant un cœur de pauvre et un esprit de service qu'on aide une société tentée par la volonté de puissance à ne pas y succomber au péril de l'homme. Rappelez-vous les consignes de Jésus à ses apôtres lorsque à la veille de la Passion ils se disputent pour savoir qui est le plus grand (Lc 22, 24-27). Rappelez-vous la démarche de Madame Zébédée, la mère des fils de Zébédée (Mt 20, 20-28); elle s'approche de Jésus et lui demande : "Ordonne que dans ton Royaume mes deux fils siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche", accorde-leur les postes de premier et de second ministres ; garde-les près de toi. Jésus dissipe toute équivoque et toute illusion : "Vous ne savez pas ce que vous demandez... Si quelqu'un veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur. Si quelqu'un veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave". Même dans les conflits les plus durs, si vous devez défendre vos intérêts ou ceux des autres, vous êtes appelés à traiter l'ennemi non pas comme l'adversaire qu'il faut détruire, mais comme le frère qu'il faut aimer et respecter quoi qu'il en coûte.
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