E00052622-1.jpg
Vos Questions :
Je me sens attiré par le style de vie d’une communauté, mais je me rends compte qu'ailleurs, je pourrais mieux répondre...
››› Lire la réponse
 
Contacter le Service des vocations :: Faire un don maintenant :: Rechercher :: Toutes vos questions...
Vous êtes ici : Accueil arrow Discerner ma vocation arrow Rêver arrow "La sainteté aujourd'hui; comment être chrétien dans une société inhumaine?"
"La sainteté aujourd'hui; comment être chrétien dans une société inhumaine?" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par le Cardinal Lustiger - Suite de la catéchèse donnée aux JMJ de Rome   
Sommaire de l'article
Comment peut-on être chrétien dans une société inhumaine?
Impossible aux hommes...
... mais tout est possible à Dieu !

Pour mettre les points sur les i, Jésus ajoute: "Aux hommes, c'est impossible, mais pas à Dieu, car tout est possible à Dieu". C'est la phrase que l'ange Gabriel a dite à Marie le jour de l'Annonciation (Lc 1,37) ; c'est aussi la phrase qui avait été adressée à Abraham lors de la promesse de la naissance d'Isaac (Gn 18,14). Celle phrase-là nous dit en peu de mots que nous n'avons pas à prétendre remplir cette mission de sainteté par nos pauvres forces. Nous ne pouvons la remplir qu'en nous laissant saisir par la grâce confondante de Dieu, par son amour miséricordieux qui nous transfigure, nous porte dans son pardon et nous permet de faire ce dont nous n'imaginons pas être capables.

Vous êtes les enfants de ce siècle, vous êtes la première génération du 21è siècle. Vous entrez comme adultes dans le troisième millénaire. Vous avez une tâche précise à accomplir en suivant le Christ pour répondre à votre vocation. Mais vous avez aussi à vous construire vous-mêmes.

Au regard des pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique du Sud, vous êtes issus d'un des pays du monde les plus favorisés, non seulement par la liberté civile, mais par les biens matériels. Cependant, pour beaucoup d'entre vous, vous n'avez pas appris à vous construire dans votre vie morale et votre caractère, dans votre amour de Dieu, la prière et l'usage des sacrements.

Image
© A.B.
Souvent, des journalistes tentent de m'expliquer: "La jeunesse d'aujourd'hui a abandonné l'Église, elle ne va plus à la messe le dimanche, elle ne se confesse plus, etc.". Je leur réponds: "Vous rêvez ? La plupart d'entre eux ne sont jamais allés à la messe tous les dimanches; beaucoup n'ont pas lu l’Evangile en entier ; ils n'ont pas forcément été catéchisés. J'en connais qui se présentent parce que Dieu les appelle peut-être au sacerdoce et qui n'ont pas été confirmés, quelques-uns même ne se sont jamais confessés. Ce n'est pas une génération pratiquante qui aurait abandonné la pratique, ni une génération chrétienne qui aurait cessé d'être chrétienne. Mais une génération de jeunes qui savent l'existence de cette richesse inouïe, de ce trésor qu'est l'Évangile ; ils voudraient le recueillir, l'avoir, le connaître, mais ils ne l'ont pas encore reçu, pas encore vu. Ils voudraient le voir."

Dans votre découverte, dans votre "suite du Christ", vous devrez apprendre à vous construire vous-mêmes. Par exemple apprendre à prier, à prier chaque jour ; apprendre à découvrir l'Eucharistie et à entrer ainsi dans ce chemin de sainteté. "Alors, me direz-vous, il faut aller à la messe tous les dimanches ou plus souvent si on veut devenir un saint?"

Il ne faut pas "aller à la messe", il faut comprendre que la messe, l'Eucharistie, c'est le Christ qui se rend présent, qui offre son amour à ses frères ; c'est lui qui vous invite. Il ne faut pas que "vous alliez à la messe" ; il faut que vous répondiez à l'appel du Christ qui vous aime et vous invite à recevoir son Corps et son Sang et à retrouver des frères et des sœurs dans la foi. Sa présence appelle votre présence.

Qu'importe si vous vous trouvez à la messe dans une église perdue au fond d'une campagne ou cachée dans un faubourg de ville et ne rencontrez qu'une vieille femme. Rappelez-vous à ce moment-là celle dont Jésus a parlé à ses apôtres après l'avoir vu mettre son obole dans le tronc. Cette vieille femme qui, en apparence, n'a pas la joie de la jeunesse - votre joie que nous partageons ici et dont vous offrez le spectacle au monde, cette vieille femme pourtant, peut-être donne-t-elle toute sa vie, elle aussi; et vous devez la voir avec les yeux du Christ. Même si elle ne chante pas comme vous, si elle ne danse pas comme vous, si elle ne prie pas comme vous, elle est une sœur aînée, une mère aussi, une figure de l'Église qui peut vous enseigner quelque chose de l'amour de Dieu, avec ses mots à elle qui ne sont pas les vôtres ; pour qu'à votre tour vous soyez des témoins.

Y a-t-il des différences entre un homme vertueux et un homme saint ?

Prenons l'exemple du Curé d'Ars. C'était un prêtre du 19è siècle, fils de paysans, au lendemain de la Révolution française et de l'Empire. Imprégné de la foi chrétienne par sa famille, il a été formé hâtivement. Il a passé sa vie à confesser dans un petit village perdu qui est devenu un lieu où les foules se sont précipitées pour prier, se convertir, se confesser, y compris les gens les plus huppés et les plus savants de l'époque. Le Curé d'Ars, qui était un homme simple, droit, priait constamment et donnait sa vie comme serviteur de Jésus et du pardon de Dieu ; il passait son temps à dire: "Je ne suis qu'un pauvre pécheur".

L'homme vertueux ne dira pas forcément cela, conscient de la vertu qu'il s'efforce d'acquérir. Le saint, lui, plus il avance en sainteté, plus il suit Jésus, plus il s'en découvre indigne. Pourquoi ? Est-ce une maladie mentale ?

Qu'est-ce que devenir saint? C'est être saisi par l'amour dont Dieu nous aime. L'amour dont le Père nous aime en nous donnant son Fils, en nous pardonnant nos péchés, en nous transfigurant, en nous permettant de faire ce que nous n'aurions pas eu la force de faire, c'est-à-dire d'aimer comme Jésus nous aime. Plus nous découvrons l'amour, plus nous reconnaissons que nous ne savons pas aimer, que nous n’en sommes pas dignes. C'est le grand saint qui prend conscience peu à peu qu'il est un homme pécheur. Celui qui n'aime pas ne sait pas qu'il manque à l'amour. Tant qu'il ne s'est pas laissé toucher par l'amour du Christ et ne l'a pas découvert, il ne se rend pas compte encore à quel point il aime peu.

Lorsque vous vous interrogez sur votre vie, vous vous dites : "Je ne fais pas tellement de choses mauvaises, en gros ; il y a bien ceci, il y a bien cela, mais enfin c'est vite dit. A part cela, qu'est-ce que je fais de mal ? Pas grand chose, des broutilles ! Que dois-je faire de plus?"

Réponse : Tournez votre regard vers le Christ; priez; découvrez la grandeur de son amour; contemplez le mystère de la Croix ; regardez le Christ qui vous donne la Vie ; laissez-vous saisir par la grandeur de l'amour dont il vous aime. Alors dans sa miséricorde, dans son amour, vous découvrirez le péché, vous découvrirez que vous n'êtes pas saints. C'est lui qui vous sanctifie.

C'est lui qui fera de vous des saints.



< Article précédent   Article suivant >
Lire aussi...

 
 
 
Lettre d'information :: Contacts :: Liens :: Logo :: Webmestres :: Plan du site ::
Haut de page     
Site réalisé par le Service des Vocations de Paris en lien avec l' Œuvre des Vocations des diocèses de Paris, Créteil, Nanterre et Saint-Denis
Crédits photos et Mentions légales
Ce site participe à la lutte contre les spams