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Page 1 sur 4 Cette nuit, je me demandais : que vais-je leur raconter ? Comme d'habitude, j'ai feuilleté mon Nouveau Testament en pensant à vous. Je ne me suis pas laissé décourager par la remarque de saint Jean à la fin de son Evangile :
"Jésus a fait encore bien d'autres choses. Si on les écrivait une à une, le monde entier ne pourrait contenir les livres qu'on écrirait" (Jn 21,25). Je vous propose de voir qui Jésus désigne comme des saints. Comment? Me direz-vous. Il y a des saints dans le Nouveau Testament ? - Certes. Devinez qui. - la Sainte Vierge. - D'accord.- Saint Joseph. -D'accord. - Les apôtres. - Entendu. Et puis? En réalité, il y en a une foule immense! Si pour la sainteté du 21e siècle - la sainteté de votre génération - il faut chercher un programme, une identification, l'Évangile y pourvoit. Nous trouvons les compagnons qui nous ont précédés, les frères et les sœurs qui marchent en avant de nous ; non qu'ils réalisent un modèle, mais ils tracent un chemin de sainteté, des chemins de sainteté, ceux dans lesquels le Seigneur vous appelle à vous engager, vous, aujourd'hui. Car c'est la sainteté des chrétiens qui fera de ce monde un monde vivable et heureux pour l'homme ; sinon, à nouveau, un enfer! La sainteté des chrétiens, voilà la question-clé de l'avenir de l'humanité. Un enfant perdu  © A.B. Le premier de tous que je vous présenterai va sans doute vous étonner. Je l'ai choisi parce que, en vous voyant, j'ai pensé aussi à un certain nombre de jeunes de la Région parisienne, perdus, paumés, détruits, drogués ; d'autres sont livrés à des violences qu'ils ont subies ou qu'ils commettent. Parmi vos amis, parmi les jeunes que vous côtoyez, peut-être y en a-t-il qui ont sombré de la même façon ; des jeunes dont les éducateurs et les travailleurs sociaux disent: "On ne peut pas faire grand chose pour eux !"Dans l'Évangile, il y en a un. Je vous lis le début du chapitre 5e de saint Marc. Jésus a traversé le lac et est allé de l'autre côté, en territoire païen. "Comme il descendait de la barque, un homme possédé d'un esprit impur vint aussitôt à sa rencontre, sortant des tombeaux". La force de ce détail est inouïe. Cet homme perdu vit dans les tombes. Cette tentation existe encore aujourd'hui chez des jeunes ou des moins jeunes ; au cimetière du Père Lachaise ou dans d'autres cimetières, des groupes se réunissent, habités par une terrible morbidité. "Il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne. Car il avait souvent été lié avec des entraves et des chaînes ; mais il avait rompu les chaînes, brisé les entraves ; et personne n'avait la force de le maîtriser. Nuit et jour, il était sans cesse dans les tombeaux et dans les montagnes, poussant des cris, se déchirant avec des pierres". Voilà un homme perdu. Combien d'enfants perdus dans notre siècle ! Et combien sommes-nous en train d'en fabriquer ? Drogués, prostitués, irrémédiablement blessés dans leur âme ou leur corps, humiliés, affamés ? Faut-il les laisser pour compte, les passer aux profits et pertes ? Faut-il considérer qu'ils sont exclus de tout projet de sainteté? Lisez la suite du récit. Jésus s'approche et, dans un enchaînement de faits extraordinaires, il commence à vaincre la mort, à faire mourir la mort. Et cet homme, au bout du compte, apparaît habillé, sain, maître de lui et il veut suivre Jésus. À ce moment-là, Jésus lui dit: "Va dans ta maison, auprès des tiens, et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde". L'homme s'en alla et se mit à proclamer dans cette région (la région païenne des Dix Villes, la Décapole) tout ce que Jésus avait fait pour lui et tous étaient dans l'étonnement, conclut saint Marc. Les saints ne sont pas forcément des enfants modèles. Ils peuvent être des enfants perdus que Dieu trouve et guérit. Car cet homme était vraiment perdu, prisonnier de lui-même, prisonnier de la mort qui le possédait. Et Jésus l'a trouvé et l'a délivré de la mort. Voilà donc le premier saint et presque le premier évangélisateur d'un pays païen, parce qu'il a été celui à qui cette grâce a été donnée de redevenir vivant par la puissance du Seigneur Jésus Christ. Dieu fait des vivants à partir des morts; le Christ ressuscite les morts. L'homme mort, c'est celui dont le cœur est mort, dont le cœur est plein de haine, celui qui se détruit lui-même. L'homme vivant, c'est celui qui apprend à recevoir sa vie de Dieu et goûte la joie de vivre en donnant à son tour sa propre vie. Alors, cet homme de Gérasa, regardez-le. Je voudrais qu'il soit comme le premier des saints du 21e siècle que nous ayons devant les yeux. Il est celui qui manifeste cette puissance de salut qui est dans le Seigneur.
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