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Page 1 sur 2 Les hommes, dont nous suivons la route aujourd’hui, symbolisent la grandeur de l’espérance humaine et sa capacité à se mettre en quête d’une sagesse sur l’existence. Ils sont le signe d’une aspiration ambitieuse de l’intelligence de l’homme,
non seulement pour expliquer et comprendre l’univers, mais encore pour chercher et trouver un chemin de réalisation des attentes de l’humanité. Ils poursuivent la quête d’un absolu qui fonde cette espérance et qui la comble.[...]
En vous mettant en chemin pour venir à Cologne, vous vous êtes inscrits dans cette longue suite des hommes passionnés par cette recherche de la vérité. Peut-être jugez-vous que votre attente n’est pas encore très claire. Peut-être votre désir est-il encore chancelant ou hésitant. Peut-être avez-vous l’impression de cheminer dans une sorte de brouillard, traversé seulement de quelques lueurs. Mais ce qui est certain, c’est que vous avez assez fait droit à votre espérance pour quitter le confort de vos vacances et pour vous mettre en route et vous voilà arrivés. Bienvenue au pays de l’espérance !
Quelle étoile vous est apparue assez clairement pour que vous décidiez de la suivre sans trop savoir où elle vous conduirait ni comment elle vous guiderait ? Qu’est-ce qui vous a donné l’idée que ce roi des Juifs, ce Jésus de Nazareth, pouvait répondre à vos attentes ? Chacune et chacun d’entre vous a certainement une réponse différente à cette question.
Pour les uns, c’est le vague souvenir du catéchisme de l’enfance dont ils avaient voulu s’affranchir pour devenir adultes ou qu’ils trouvaient insuffisant pour faire face aux questions de la vie, mais dont les images et les mots sont remontés pour leur rappeler que peut-être ce Jésus qu’ils avaient commencé à connaître et à fréquenter était plus important qu’ils n’avaient cru. Pour d’autres, c’est la découverte de quelques personnes de leur entourage chez qui ils ont vu que la foi chrétienne est un facteur de paix et de solidarité. D’où leur viennent donc ce courage et cette sérénité devant les aléas de l’existence ? Pour d’autres encore, c’est le souvenir des images des Journées Mondiales précédentes de Paris, de Rome ou de Toronto. Peu importe. Chacun de vous a senti plus ou moins clairement que cette petite lumière qui traversait sa nuit, il fallait la suivre.
 © esprit-photo.com [...]Mais qu’attendons-nous de ce Jésus de Nazareth vers lequel nous marchons avec les mages ? Qu’avons-nous à lui demander ? Beaucoup attendent du Christ qu’il les délivre de leurs angoisses ou de leur solitude, qu’il leur apporte réconfort et sécurité. D’une certaine manière, qu’il joue son rôle et qu’il tienne sa place dans notre culture de société maternante qui veut combler nos désirs et calmer nos angoisses. Sans doute le Christ vous apporte et vous apportera réconfort et sécurité, comme il est prêt à le faire pour tout homme. Mais il ne le fait pas à la manière d’une sécurité sociale religieuse. Il n’est pas venu apporter la tranquillité sur la terre, mais le feu. Il n’est pas venu vous anesthésier dans vos interrogations. Il est venu, comme il l’a dit à ses disciples, « pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en plénitude. » (Jean 10, 10) Il est venu faire de nous des vivants. Et la vie, « c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et ton envoyé Jésus-Christ ! » (Jean 17, 4) Il n’est pas venu apaiser notre désir, mais au contraire il est venu l’aiguiser pour le combler par la connaissance de Dieu.
Comment donc pouvons-nous connaître Dieu, s’il est vraiment Dieu, et non pas une création de l’esprit humain ? Dieu est le Tout Autre, Celui qui échappe à nos prises et à l’expérience de notre connaissance habituelle. Il est d’un autre ordre et ne peuvent le connaître que ceux à qui il se fait connaître. Et pourtant il veut que tous les hommes parviennent à la connaissance de la vérité. Dans les évangiles Jésus nous donne la clef de cette impossibilité radicale. « Nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et ceux à qui le Fils veut bien le révéler. » Notre problème décisif pour l’accomplissement de notre existence humaine devient donc la connaissance de Jésus-Christ. Comme pour les mages Jésus de Nazareth, « le roi des Juifs qui vient de naître » est le passage obligé du bonheur des hommes.
 © esprit-photo.com Comment pouvons-nous connaître Jésus ? Comme nous connaissons d’autres personnes dont nous ne pouvons pas avoir une expérience immédiate : à travers ce que l’on dit d’elles, ce qui s’appelle des témoignages. Le premier témoignage que nous avons sur Jésus, ce sont les évangiles, les quatre évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Ils nous décrivent principalement la vie publique et le ministère du Christ : les signes qu’il a donnés à travers ses miracles, les rencontres qu’il a faites, l’enseignement qu’il a proposé. Ce témoignage nous atteint de différentes façons : par la lecture et la méditation personnelles, par la proclamation liturgique en Église, par l’échange fraternel avec d’autres.
Quelle que soit celle de ces trois voies que nous empruntons, chacune fait appel à notre intelligence. Cela ne veut pas dire que la connaissance du Christ soit réservée à des intellectuels, mais cela veut dire que c’est une connaissance objective et transmissible qui n’est pas d’abord de l’ordre de l’émotion et du sentiment.
En accueillant la Parole de Dieu incarnée en son Fils, nous recevons aussi une connaissance sur le monde et une sagesse pour conduire notre existence humaine. Cette connaissance et cette sagesse doivent elles aussi être intégrées dans notre capacité rationnelle et nourrir notre intelligence et notre manière de comprendre la vie ( la « Weltanschauung » puisque nous sommes en Allemagne). Nous découvrons que la foi chrétienne est une connaissance authentique et non pas une adhésion irrationnelle à une émotion sensible. L’intelligence humaine est capable d’une réelle connaissance de Dieu et la connaissance de Dieu est capable d’une expression argumentée.
[...]Vous le connaîtrez en méditant ses paroles et en contemplant ses actions ; vous le connaîtrez en parlant avec lui dans la prière ;vous le connaîtrez en participant à la vie de son Église qui annonce sa bonne nouvelle ; vous le connaîtrez dans la pratique des sacrements en recevant son pardon et en communiant à son corps, le pain vivant ; vous le connaîtrez dans la rencontre de vos frères chrétiens ; vous le connaîtrez dans l’accueil et le service des pauvres.
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».
Bienvenu au pays des disciples du Christ !(Catéchèse du mercredi 17 août - extraits)
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