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Page 2 sur 3 Enthousiasme et responsabilité
Ici, je m’adresse de nouveau à vous, chers jeunes, car je veux entendre de vous aussi la réponse du jeune de l’Evangile : toutes ces choses, je les ai observées dès ma jeunesse. Le jeune de l’Evangile était bon. Il observait les commandements. Il marchait sur le chemin de Dieu. C’est pourquoi Jésus, à peine l’eut-il vu, l’aima. En reconnaissant que Jésus était bon, il donna la preuve que lui aussi était bon. Il avait une expérience de la bonté et, donc, de Dieu. Et vous, jeunes du Brésil et de l’Amérique latine, avez-vous déjà découvert ce qui est bon ? Suivez-vous les commandements du Seigneur ? Avez-vous découvert que cela est le véritable et unique chemin vers le bonheur ?
Les années que vous êtes en train de vivre sont les années qui préparent votre avenir. Le "demain" dépend beaucoup de la manière dont vous vivez l’"aujourd’hui" de la jeunesse. Devant vos yeux, mes très chers jeunes, vous avez une vie qui – souhaitons-le – sera longue ; mais il n’y en a qu’une, elle est unique : ne permettez pas qu’elle passe en vain, ne la gaspillez pas. Vivez avec enthousiasme, avec joie, mais surtout avec un sens de responsabilité.
Très souvent, nos cœurs de pasteurs sont anxieux, lorsque nous constatons la situation de notre époque. Nous entendons parler des peurs de la jeunesse d’aujourd’hui. Elles nous révèlent un manque d’espérance énorme : la peur de mourir, au moment où la vie est en train de naître et tente de trouver la voie pour se réaliser ; la peur d’échouer, pour ne pas avoir découvert le sens de la vie ; et la peur de rester à l’écart, face à la rapidité déconcertante des événements et des communications. Nous constatons le pourcentage élevé de morts parmi les jeunes, la menace de la violence, la prolifération déplorable des drogues qui bouleverse la jeunesse d’aujourd’hui jusqu’au plus profond d’elle-même. C’est donc pour cette raison que l’on parle de jeunesse égarée.
Mais alors que je vous regarde, chers jeunes ici présents, qui rayonnez de joie et d’enthousiasme, c’est le regard de Jésus que je pose sur vous : un regard d’amour et de confiance, dans la certitude que vous avez trouvé la voie authentique. Vous êtes les jeunes de l’Eglise. Je vous envoie donc vers la grande mission d’évangéliser les jeunes garçons et filles qui errent dans ce monde, comme des brebis sans pasteur. Soyez les apôtres des jeunes. Invitez-les à marcher avec vous, à faire la même expérience de foi, d’espérance et d’amour ; à rencontrer Jésus pour se sentir réellement aimés, accueillis, avec la pleine possibilité de se réaliser. Qu’eux aussi découvrent les voies sûres des commandements et qu’en les parcourant, ils arrivent à Dieu.
Vous pouvez être les protagonistes d’une société nouvelle, si vous cherchez à adopter une conduite concrète inspirée des valeurs morales universelles, mais aussi un engagement personnel de formation humaine et spirituelle d’importance vitale. Un homme ou une femme qui ne serait pas préparé aux défis réels que présente une interprétation correcte de la vie chrétienne de son propre milieu, serait une proie facile pour tous les assauts du matérialisme et du laïcisme, toujours plus actifs à tous les niveaux.
Soyez des hommes et des femmes libres et responsables ; faites de la famille un centre rayonnant de paix et de joie ; soyez des promoteurs de la vie, de son commencement à son déclin naturel ; protégez les personnes âgées, car elles méritent le respect et l’admiration pour le bien qu’elles vous ont fait. Le Pape s’attend également à ce que les jeunes cherchent à sanctifier leur travail, en l’accomplissant avec des compétences techniques et avec diligence, pour contribuer au progrès de tous leurs frères et pour illuminer avec la lumière du Verbe toutes les activités humaines (cf. Lumen gentium, n. 36). Mais, surtout, le Pape souhaite qu’ils sachent être les protagonistes d’une société plus juste et plus fraternelle, en remplissant leurs devoirs à l’égard de l’Etat : en respectant ses lois ; en ne se laissant pas emporter par la haine et par la violence ; en tentant d’être des exemples de conduite chrétienne dans leur milieu professionnel et social, en se distinguant par l’honnêteté dans les rapports sociaux et professionnels. Qu’ils se souviennent que l’ambition démesurée de richesse et de pouvoir conduit à la corruption de soi et des autres ; il n’y a pas de raisons valables qui justifient la tentative de faire prévaloir ses propres aspirations humaines, qu’elles soient économiques ou politiques, à travers la fraude et la tromperie.  © D.R.
Il existe, en dernière analyse, un immense horizon d’action dans lequel les questions d’ordre social, économique et politique acquièrent une importance particulière, à condition que leur source d’inspiration soit l’Evangile et la Doctrine sociale de l’Eglise. La construction d’une société plus juste et solidaire, réconciliée et pacifique ; l’engagement à freiner la violence ; les initiatives de promotion d’une vie vécue en plénitude, de l’ordre démocratique et du bien commun, en particulier, celles qui visent à éliminer certaines discriminations existantes dans les sociétés latino-américaines et qui ne doivent pas êtres des causes d’exclusion mais plutôt d’enrichissement réciproque.
Ayez surtout un grand respect pour l’institution du Sacrement du Mariage. Il ne pourra pas y avoir de bonheur véritable dans les foyers si, dans le même temps, il n’y a pas de fidélité entre les époux. Le mariage est une institution de droit naturel, qui a été élevée par le Christ à la dignité de Sacrement ; c’est un grand don que Dieu a fait à l’humanité. Respectez-le, vénérez-le. Dans le même temps, Dieu vous appelle à vous respecter les uns les autres également lorsque vous tombez amoureux et vous vous fiancez, car la vie conjugale, qui par disposition divine est réservée aux couples mariés, sera une source de bonheur et de paix uniquement dans la mesure où vous saurez faire de la chasteté, en dehors et à l’intérieur du mariage, un rempart de vos espérances futures. Je vous répète ici à tous que "l’eros veut nous élever [...] vers le Divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes, mais c’est précisément pourquoi est requis un chemin de montée, de renoncements, de purifications et de guérisons" (Lettre encyclique Deus caritas est [25 décembre 2005], n. 5). En peu de mots, il requiert un esprit de sacrifice et de renoncement pour un bien plus grand, qui est précisément l’amour de Dieu sur toutes les choses. Essayez de résister avec force aux pièges du mal existant dans de nombreux milieux, qui vous pousse à une vie dissolue, paradoxalement vide, en vous faisant égarer le don précieux de votre liberté et de votre vrai bonheur. Le véritable amour "cherchera toujours plus le bonheur de l’autre, il se préoccupera toujours plus de l’autre, il se donnera et il désirera “être pour” l’autre" (ibid., n. 7) et, pour cette raison, sera toujours plus fidèle, indissoluble et fécond.
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