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Page 3 sur 3 L’Eglise a besoin de la jeunesse !
Comptez dans ce but sur l’aide de Jésus Christ qui, par sa grâce, rendra cela possible (cf. Mt 19, 26). La vie de foi et de prière vous conduira sur les voies de l’intimité avec Dieu et de la compréhension de la grandeur des projets qu’il a pour chaque personne. "A cause du Royaume des Cieux" (Ibid., v. 12), certains sont appelés à un don total et définitif, pour se consacrer à Dieu dans la vie religieuse, "grand don de la grâce", comme cela a été déclaré par le Concile Vatican II (cf. Décret Perfectae caritatis, n. 12). Les personnes consacrées qui se donnent totalement à Dieu, mues par l’Esprit Saint, participent à la mission de l’Eglise, en témoignant de l’espérance du Royaume céleste parmi tous les hommes. C’est pourquoi je bénis et j’invoque la protection divine sur tous les religieux qui, dans la vigne du Seigneur, se consacrent au Christ et à leurs frères. Les personnes consacrées méritent vraiment la gratitude de la communauté ecclésiale : moines et moniales, contemplatifs et contemplatives, religieux et religieuses consacrés aux œuvres d’apostolat, membres d’Instituts séculiers et de Sociétés de Vie apostolique, ermites et vierges consacrées. "Leur existence rend un témoignage d’amour au Christ lorsqu’ils marchent à sa suite selon la proposition de l’Evangile et que, avec une joie intime, ils assument le style de vie qu’Il a choisi pour lui-même" (Congrégation pour la Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique, Instruction Repartir du Christ - Un engagement renouvelé de la vie consacrée au troisième millénaire, 14 juin 2002). Je souhaite qu’en ce moment de grâce et de profonde communion dans le Christ, l’Esprit Saint réveille dans le cœur de tant de jeunes un amour passionné, en suivant et en imitant Jésus Christ chaste, pauvre et obéissant, totalement tourné vers la gloire du Père et vers l’amour de nos frères et de nos sœurs.
L’Evangile nous assure que ce jeune qui courut à la rencontre de Jésus était très riche. Nous n’entendons pas cette richesse uniquement sur le plan matériel. La jeunesse elle-même est une richesse singulière. Il faut la découvrir et la mettre en valeur. Jésus l’a tellement appréciée qu’il a fini par inviter ce jeune à participer à sa mission de salut. Il avait en lui-même toutes les qualités requises pour une grande réalisation et une grande œuvre.
Mais l’Evangile nous rapporte que ce jeune, ayant entendu l’invitation, s’attrista. Il s’en alla abattu et triste. Cet épisode nous fait réfléchir encore une fois sur la richesse de la jeunesse. Il ne s’agit pas en premier lieu de biens matériels, mais de sa propre vie, avec les valeurs inhérentes à la jeunesse. Elle provient d’un double héritage : la vie, transmise de génération en génération, à l’origine primaire de laquelle se trouve Dieu, empli de sagesse et d’amour ; et l’éducation qui nous insère dans la culture, au point de pouvoir, en quelque sorte, dire que nous sommes davantage les enfants de la culture, et donc de la foi, que de la nature. De la vie fleurit la liberté qui, surtout dans cette phase, se manifeste comme responsabilité. Et le grand moment de la décision, dans un double choix : le premier, concernant le statut de la vie, et le second concernant la profession. Voilà qui répond à la question : que faire de notre propre vie ?  © D.R.
En d’autres termes, la jeunesse se présente comme une richesse parce qu’elle conduit à la redécouverte de la vie comme don et comme devoir. Le jeune de l’Evangile comprit la richesse de sa propre jeunesse. Il alla auprès de Jésus, le Maître bon, pour chercher une orientation. A l’heure du grand choix, toutefois, il n’eut pas le courage de tout miser sur Jésus Christ. Par conséquent, il s’en alla triste et abattu. C’est ce qu’il arrive à chaque fois que nos décisions vacillent et deviennent mesquines et intéressées. Il comprit qu’il lui manquait la générosité, et cela ne lui permit pas une pleine réalisation. Il se replia sur sa richesse, en la faisant devenir égoïste.
Jésus regretta la tristesse et la mesquinerie du jeune qui était venu le chercher. Les Apôtres, comme vous tous et vous toutes aujourd’hui, remplirent le vide laissé par ce jeune qui s’en était allé triste et abattu. Eux et nous, sommes heureux, parce que nous savons à qui nous croyons (cf. 2 Tm 1, 12). Nous savons et nous témoignons à travers notre vie que lui seul a les paroles de vie éternelle (cf. Jn 6, 68). C’est pourquoi, avec saint Paul, nous pouvons nous exclamer : Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! (cf. Ph 4, 4).
L’appel que je vous adresse aujourd’hui, chers jeunes qui êtes venus à cette rencontre, est de ne pas gaspiller votre jeunesse. Ne cherchez pas à la fuir. Vivez-la intensément. Consacrez-la aux grands idéaux de la foi et de la solidarité humaine.
Vous, les jeunes, n’êtes pas seulement l’avenir de l’Eglise et de l’humanité, comme s’il s’agissait d’une sorte de fuite du présent. Au contraire : vous êtes le présent jeune de l’Eglise et de l’humanité. Vous êtes son visage jeune. L’Eglise a besoin de vous, en tant que jeunes, pour manifester au monde le visage de Jésus Christ, qui se dessine dans la communauté chrétienne. Sans ce visage jeune, l’Eglise se présenterait défigurée.
Très chers jeunes, dans peu de temps, j’inaugurerai la Ve Conférence de l’épiscopat latino-américain. Je vous demande de suivre avec attention ses travaux ; de participer à ses débats ; d’accueillir ses fruits. Comme cela a été le cas à l’occasion des précédentes Conférences, la présente Conférence marquera elle aussi de manière significative les dix prochaines années d’évangélisation en Amérique latine et aux Caraïbes. Personne ne doit demeurer à l’écart ou rester indifférent devant cet effort de l’Eglise, et encore moins les jeunes. Vous faites pleinement partie de l’Eglise, qui représente le visage de Jésus Christ pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
Très chers jeunes, le Christ vous appelle à être saints. lui-même vous invite et veut cheminer avec vous, pour animer avec son Esprit les pas du Brésil en ce début du troisième millénaire de l’ère chrétienne. Je demande à la Madone d’Aparecida de vous guider de son aide maternelle et de vous accompagner tout au long de votre vie.
Loué soit notre Seigneur Jésus Christ !
Discours que le pape Benoît XVI a prononcé à São Paulo, dans la soirée du jeudi 10 mai 2007 en présence de plusieurs milliers de jeunes. © Copyright du texte original en italien : Libreria Editrice Vaticana
Traduction réalisée par Zenit
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