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Le Père Gérard Pelletier, historien, professeur au Studium Notre Dame et curé de St Louis en l'Ile (4ème), retrace les grandes étapes de l'histoire des séminaires à Paris.
Seminarium : le mot latin signifie “pépinière”, car dans l’esprit des Pères du concile de Trente, en juillet 1563, il s’agit de réunir les enfants dans des collèges qui constitueraient une « pépinière de ministres pour le culte de Dieu ». A l’époque, la qualité du clergé formé soit par l’Université, soit « sur le tas » auprès d’un prêtre en paroisse, laisse en effet à désirer. Le concile de Trente propose donc de fonder ce que nous appelerions aujourd’hui des petits séminaires. De telles institutions sont coûteuses, et les Jésuites fondent alors leurs collèges. Mais en France, les effets du Concile se font attendre. C’est la volonté ferme de plusieurs « réformateurs » qui amène à l’ouverture des premiers séminaires à Paris. En 1611, Pierre de Bérulle, Vincent de Paul et Adrien Bourdoise font ensemble une retraite pour réfléchir à la réforme du clergé. Ils fondent ensuite chacun une institution allant dans ce sens. - Bourdoise d’abord, en 1612, avec un collège qui devient le séminaire de Saint-Nicolasdu-Chardonnet : son but est d’offrir une formation en participant à la vie d’une paroisse de Paris. La spécificité est que les formateurs sont des prêtres du diocèse.
- Vincent de Paul fonde, lui aussi, des “exercices d’ordinands” en 1628, puis des conférences qui regroupent les prêtres après l’ordination. La fondation de Saint-Lazare suivra.
- Pierre de Bérulle, avec ses Pères de l’Oratoire, ouvrira la maison Saint-Magloire.
Dans les trois cas, il s’agit de compléter ce qui est reçu à la Sorbonne. Les archevêques de Paris encouragèrent, puis rendirent obligatoire, le passage dans les séminaires avant l’ordination. Jean-Jacques Olier va ouvrir le séminaire Saint-Sulpice à partir de 1642. Ce nouveau genre de séminaire n’accueille que des hommes dont la vocation est déjà éprouvée et leur propose de partager la vie d’une communauté de prêtres pour s’initier à l’esprit apostolique. Dans une lente mais ferme évolution du XVIIe au XVIIIe siècle, le type du séminaire sulpicien va s’imposer comme maison de formation spirituelle et pastorale, toujours en complément de la Sorbonne qui dispense la formation intellectuelle, mais inscrite dans un temps long de plusieurs années, et non plus dans une simple retraite avant l’ordination. La Révolution voit la fermeturede toutes les institutions. Sous l’Empire, le prestige moral de Monsieur Emery contribue à la couverture des diocèses de France par une carte des séminaires sulpiciens, lazaristes ou eudistes (fondés par saint Jean Eudes en 1643). Mais désormais, les cours sont dispensés dans les séminaires, et non dans une université. Saint-Nicolas devient le petit séminaire du diocèse de Paris. La séparation de 1905 entraîne des déménagements : le petit séminaire de Paris s’installe finalement à Conflans, auprès de la maison de campagne de l’archevêque, et le séminaire Saint-Sulpice s’installe lui aussi dans sa demeure « de campagne », à Issy-les-Moulineaux. Entre-temps, la création de l’Institut Catholique de Paris entraîne la fondation d’un séminaire universitaire dans l’ancien couvent des Carmes, lui aussi confié aux Pères de Saint-Sulpice. Le rayonnement des séminaires d’Issy et des Carmes leur attire des futurs clercs venant de Paris, mais aussi de la France et du monde. Devant l’évolution de la société, et la réflexion sur le rôle propre de l’évêque dans la formation de son presbytérium diocésain, le cardinal Lustiger fonde la maison Saint-Augustin en 1984, une année de formation spirituelle précédant l’entrée au séminaire. Cette fondation impliqua ensuite la création d’un séminaire lié au Studium de l’Ecole Cathédrale, à partir de 1985. avec l'autorisation de Paris Notre Dame (N°1107) |