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J’ai plus de 30 ans et je m’interroge toujours sur une vie sacerdotale. Je me demande si j’ai les aptitudes requises pour être prêtre.
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L'écriture sainte, âme de la formation théologique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par B.H.   

ImageQu’apprennent les séminaristes pendant leurs six années d’études ?
Réponse avec le P. Guggenheim, ancien président de la Faculté Notre-Dame, Faculté de Théologie du diocèse de Paris.

A la Faculté Notre-Dame, Faculté de théologie qui forme les séminaristes du diocèse de Paris et d’autres étudiants, tout est fait pour ancrer en profondeur ce que demandait Vatican II.
Les Pères du Concile soulignaient 3 points :

– La formation théologique est une école de la foi, qui a pour âme l’étude de l’Ecriture Sainte. Les séminaristes commencent par lire l’Ecriture Sainte, Ancien et Nouveau Testament ensemble (cinq heures de cours par semaine dès la première année). Car c’est sur la Parole de Dieu et sur la Tradition vivante(1) qui naît de la méditation de la Parole, que s’appuie la théologie. Le Peuple juif peut nous enseigner à ne jamais séparer Ecriture et Tradition. Les séminaristes ont d’autres cours : théologie, cinq heures par semaine les deux premières années, davantage les années suivantes ; philosophie, cinq heures par semaine, en début de cursus. Là, ils découvrent les grands auteurs, non seulement chrétiens mais aussi athées. Les deux premières années constituent ce que nous appelons la « formation initiale ». Nous ne les appelons pas années de « philosophie », comme on a coutume de dire, car nous ne séparons pas philosophie et théologie. Le Christ vient aussi sauver la raison ! Les quatre années suivantes constituent la « formation doctrinale et pastorale ». Elles permettent d’entrer plus profondément dans l’étude de l’Ecriture Sainte et de la Tradition qui « constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confiée à l’Eglise » (Dei Verbum n° 10). Pendant ces années, les séminaristes peuvent choisir les cours de théologie qu’ils veulent suivre, avec l’aide d’un tuteur. Ces années conduisent la plupart au « Baccalauréat canonique en théologie » (ou licence). Certains continuent en « licence canonique » (ou maîtrise de théologie).

– La formation théologique concerne l’ensemble du peuple de Dieu (laïcs, consacrés, prêtres) car il est tout entier sacerdotal(2) par le baptême. Comme baptisé, je suis invité à connaître Jésus (Jn 17, 3). Lorsque je le connais mieux, j’ai le désir de l’aimer davantage, de lui ressembler, de le suivre, quelle que soit ma situation et ma vocation : sacerdoce, mariage, autre célibat... Ce qui explique qu’à la Faculté Notre-Dame, nous ne formons pas uniquement des personnes qui veulent suivre le Christ comme prêtre. D’autres chrétiens peuvent venir et étudier ensemble. Cette ouverture est le signe que la formation théologique est “un droit et un devoir pour tous”.

– La formation théologique est au service de la mission de l’Eglise, confiée par le Christ à ses apôtres : « Et vous leur enseignerez à garder tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28, 20). La mission est toujours une urgence car le monde a soif de la Parole de Dieu, même quand il dit le contraire. La mission est toujours une urgence, car il est toujours l’heure d’aimer. La mission, ce n’est pas du prosélytisme ; c’est évangéliser les coeurs en profondeur : écouter, rencontrer, témoigner et annoncer l’amour de Dieu, transformer le monde pour qu’il soit plus humain, le conduireà la vie éternelle. Les séminaristes sont déjà en mission parce qu’ils se forment. Leur mission (du latin missus, être envoyé) est d’abord l’étude. A l’Ecole Cathédrale, ils se laissent évangéliser. Car on n’étudie jamais pour soi-même. Au cours des années de séminaire, ils sont d’ailleurs encouragés à aider d’autres étudiants, notamment les non-francophones.

Dieu est charité, et l’amour est une vertue théologale qui donne Dieu et le fait connaître.


(1) Le mot Tradition a, dans l’Eglise, un sens plus actif que celui donné habituellement. Elle désigne tout le processus par lequel le Christ, Parole vivante de Dieu, « continue à se rendre présent et agissant » (cf. Théo). Après avoir été dénigrée par les « Lumières », l’idée de Tradition – comme celle, proche, de transmission – est réhabilitée par de grands penseurs.
(2) Lors du baptême, le prêtre dit ceci : « Vous qui faites maintenant partie de son peuple, Dieu vous marque de l’huile sainte, pour que vous demeuriez éternellement les membres du Christ, prêtre, prophète et roi ».

avec l'autorisation de Paris Notre Dame (N°1107)

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