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Évoquer mon passage à la Maison Saint-Augustin, c'est faire mémoire et action de grâce d'une année heureuse où j'ai d'abord fait une expérience forte de l'Église.
Après plusieurs années de vie professionnelle à Paris, je rentrais alors tout juste de deux années de volontariat pour le développement auprès d'un des peuples les plus pauvres de la planète, celui d'Haïti. Et, en septembre 1989, je frappai à la porte de l'Église qui est à Paris pour prendre le temps, avec elle, de discerner une vocation au service de Dieu et des hommes. C'est donc l'aspect public, communautaire, de la démarche qui m'a saisi dès mon arrivée. Pour la première fois, je rencontrais durablement d'autres jeunes hommes d'horizons variés qui étaient habités du même désir brûlant au fond du cœur. Dans le même temps, j'apprenais à m'en remettre avec confiance de mon projet, de ma vie, à des prêtres en situation contrastée d'accompagnement (supérieur, spirituel, formateur, etc.). Ce fut d'emblée la plongée féconde dans un salutaire bain d'Église, avec un emploi du temps ordonné à la louange et au service, avec une vie fraternelle exigeante et joyeuse, et surtout avec l'attitude spirituelle foncière de veiller à la liberté.
Oui, l'Église est une bonne mère qui sait prendre soin de ses enfants, qui sait avec sagesse lui donner du temps pour tout : lire la Bible et le concile Vatican II, chanter l'œuvre de Dieu et adorer sa présence, partager avec des prêtres du diocèse, visiter les malades... Quelles belles pierres de fondation ont ainsi été posées, ordonnées à la suite radicale du Christ. Au long de ces mois qui m'ont aidé à relire mon histoire sainte avec Dieu, j'ai appris à écouter ma différence au sein du concert que formaient les dix-neuf de notre année. J'ai pu découvrir progressivement comment unir en moi désir de vie religieuse et appel au sacerdoce presbytéral. J'ai poursuivi mon chemin en entrant dans la Compagnie de Jésus. Outre ce discernement opéré en Église, il me reste - dans ce qui est dicible - de cette année au désert de fidèles amitiés parmi les prêtres de Paris, un lien fort au cardinal Lustiger, une manière d'habiter la ville autrement, paisiblement... et une marraine augustine. Aujourd'hui, comme aumônier du lycée Saint-Louis de Gonzague, je suis heureux de prendre ma part du service de l'Église de Paris. |