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Ayant exercé pendant 8 ans ans le ministère de Père spirituel à la Maison Saint-Augustin, je n'en donnerai ici qu'un bref témoignage. Mon propos n'est donc pas de décrire la direction spirituelle et ses chemins, mais de confier un peu de ma réflexion, peut-être de mon appréhension, et aussi de mon action de grâce d'un service exigeant et stimulant.
Je soulignerai d'abord les conditions privilégiées de simplicité, de fraternité et de discrétion de la vie ensemble à la Maison Saint-Augustin. Elles facilitent une entrée en matière pour un dialogue spirituel qui demande confiance et liberté. Voici quelques convictions : Je crois que le directeur spirituel a pour mission d'assurer l'augustinien dans sa vie chrétienne ; c'est en effet une priorité parce qu'un augustinien, et par suite un séminariste, n'est pas en premier lieu un futur prêtre, mais un chrétien appelé à se convertir, à suivre Jésus-Christ et à répondre librement à son appel.
Je mesure de plus en plus le devoir d'écoute, de respect de l'histoire de chacun pour aider à trouver un chemin à la mesure du marcheur, ce qui n'est pas la même chose que retailler l'Évangile sur les mentalités.
Je rends grâce pour ce ministère près des séminaristes, qu'il m'a été donné de remplir, d'abord comme jeune prêtre et encore ces dernières années. J'ai été stimulé par la générosité de beaucoup et par une foi courageuse. Il n'a jamais été facile de conduire loyalement son chemin jusqu'à l'ordination, d'autant que notre époque est particulièrement critique. Le choix d'être prêtre est insolite, incompréhensible, et des jeunes hommes - sans complexe - acceptent des ruptures qui symbolisent leur consécration au ministère auquel ils se préparent. J'ai été stimulé aussi par leur spontanéité et leur liberté spirituelle. Et parfois, j'ai été réjoui - pour moi et pour l'Église - de rencontrer des futurs prêtres obéissants sans servilité, exigeants sans intolérance et aussi très conscients d'être pauvres et imparfaits. La direction spirituelle demande de l'humilité et du détachement. Le Père spirituel remplit un ministère de précurseur, à la manière de Jean-Baptiste, "il n'est pas la Lumière" (Jn 1, 8). A la Maison Saint-Augustin, cette prise de conscience lui est facilitée par le fait que la direction spirituelle ne dure qu'une année : "Nous sommes des serviteurs quelconques" (Lc 17, 10). |