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La Maison Saint-Augustin (MSA), fondée par le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, a accueilli sa première promotion en septembre 1984. Depuis, elle a vu passer plus de 300 candidats, dont beaucoup sont aujourd'hui prêtres du diocèse de Paris ou d'autres diocèses. Certains se sont orientés vers la vie religieuse, ou ont pris une autre direction.
Présentation générale. La MSA est implantée dans une partie des locaux de la maison mère des sœurs Augustines du Saint-Cœur de Marie. Le patronyme de saint Augustin rappelle ce que fut l'attention du célèbre évêque d'Hippone à l'égard de son presbyterium. L'emplacement évoque la faiblesse et la souffrance de l'homme. Sur place, des personnes âgées vivent dans la maison de retraite tenue par les sœurs Augustines ; le quartier, quant à lui, est marqué en profondeur par la présence de l'hôpital Cochin, celui du Val-de-Grâce, la prison de la Santé, etc. C'est dans cet environnement, en un lieu vaste et calme que les membres de la MSA (nous les nommerons "augustiniens") passent plusieurs mois pour se consacrer entièrement à un travail de "fondation spirituelle." Comment entre-t-on à la MSA ? Les candidats sont présentés par le Service des Vocations du diocèse de Paris ou, de façon plus exceptionnelle, par un évêque d'un autre diocèse. Cela suppose qu'un discernement préalable de la vocation ait déjà été effectué, et donc qu'une certaine maturité de réflexion et de détermination ait été atteinte. On n'entre pas à la MSA "pour voir." Certes, ce qu'on appelle "la vocation", dans la mesure où il s'agit d'un appel de Dieu, et donc qui s'inscrit dans une relation avec Lui, n'est pas toujours de l'ordre de l'évidence. Mais il appartient au candidat de pouvoir rendre compte de l'appel qu'il perçoit, ainsi que de sa volonté à y répondre ; et à l'Église, par ses représentants, de se décider à l'accueillir ou non à la MSA. L'articulation entre le Service des Vocations du diocèse de Paris et la MSA est donc de première importance, puisqu'elle garantit qu'un premier et sérieux discernement de la vocation a bien eu lieu. En outre, elle reflète la dimension diocésaine de l'année. La fondation spirituelle. En une phrase, il s'agit de se mettre résolument à la suite du Christ, et ainsi de mieux comprendre comment Il dit de le suivre.  © Maison St Augustin Le premier moment, "la suite du Christ", suppose qu'on cherche, avec la grâce de Dieu, à se mettre à l'école du Maître et à en vivre concrètement. On pourrait dire encore qu'on se détermine à fonder sa vie sur ce roc qu'est le Christ en mettant en pratique ses paroles (cf. Mt 7,25). Ce qui suppose un attachement réel à Dieu par la prière, tant communautaire que personnelle, la célébration des sacrements (l'eucharistie et la réconciliation), la lecture et la méditation de la Parole de Dieu, la charité fraternelle, le service des plus pauvres, etc. Le cœur de l'année, c'est la charité, dans ses deux dimensions absolument indissociables que sont l'amour de Dieu et l'amour des frères.Ceci touche à la vie chrétienne en ce qu'elle a d'essentiel, et concerne au fond tout baptisé. En tant que baptisés, nous avons tous à vivre à la suite du Christ, dans un esprit de conversion et d'offrande. Tous, nous sommes appelés à la sainteté : comment cela ne s'appliquerait-il pas de façon éminente à des candidats au sacerdoce ? Le deuxième moment, "comprendre comment le Christ dit de le suivre", se rapporte à l'appel que Dieu adresse à chacun de façon personnelle et unique. Il s'agit de mieux percevoir et d'approfondir l'appel de Dieu qui oriente l'existence, et auquel on tâche de répondre dans la confiance et dans l'amour. Mieux percevoir et approfondir, cela ne signifie pas qu'on doive forcément ressentir l'appel de façon plus vive, mais qu'on comprenne et qu'on accepte ce qu'il implique : le don total de soi, dans le célibat, pour le service de l'Église. On n'est jamais prêtre "pour soi" : on a à devenir serviteur, à se donner entièrement pour une mission qui est toujours reçue, et qui est aussi partagée avec d'autres. C'est pourquoi l'aspect de la connaissance du diocèse et des prêtres qui y vivent est aussi pris en compte dans la formation à la MSA. Mais redisons-le, cela suppose de vivre authentiquement en chrétien : le deuxième moment est intérieur au premier. Suivre le Christ, répondre à l'appel particulier que chacun perçoit: c'est en cela que cette année est considérée à juste titre comme une première année de formation en vue du sacerdoce ; les augustiniens sont déjà, en quelque sorte, des séminaristes. En tout cas, les fruits de cette année à la MSA constituent comme un socle sur lequel on pourra s'appuyer pour continuer la formation au séminaire. On comprend ainsi que le terme de "propédeutique", dont l'usage est si courant pour désigner les années préalables à l'entrée au séminaire, ne convient pas très bien. Car, on l'aura compris, il ne s'agit pas d'abord d'accumuler des connaissances ou d'acquérir un savoir-faire en vue d'études ou d'activités ultérieures. C'est tout l'homme, dans toutes les dimensions de son être, qui se trouve convoqué pour répondre librement à l'appel à la sainteté et à l'appel plus particulier au sacerdoce (ou à un autre état de vie) que Dieu adresse à ceux qu'il a choisis pour le service de son Église. |