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Des prêtres vous ont marqué durant votre enfance. En quoi ont-ils compté pour vous ? C’est vrai, Dieu est venu à moi notamment par des prêtres. Ce fut d’abord le curé de ma paroisse en banlieue lyonnaise. Sous sa conduite, je servais la messe. Il m’a donné le goût de vivre la liturgie, d’approcher le mystère de Dieu et de m’engager chaque dimanche. Le relais a été pris par les frères des écoles chrétiennes, chez qui j’ai suivi toute ma scolarité. S’ils n’étaient pas prêtres – je mesure aujourd’hui que cette dimension me manquait – ces jeunes frères m’ont marqué : ils donnaient leur vie au Seigneur et en étaient heureux. Ils m’ont accompagné pour grandir dans ma foi, m’ont appris à me donner, par exemple à travers du soutien scolaire : j’ai peu à peu senti l’importance de répondre au don que Dieu me faisait. Etudiant à Paris, j’ai appris à connaître et aimer l’Eglise. J’ai aussi rencontré des prêtres jeunes, par mes engagements à l’aumônerie de Sciences Po et dans la préparation du pèlerinage de Chartres. En travaillant avec eux, j’ai approché le ministère de prêtre diocésain et m’y suis retrouvé. Mon père spirituel m’a aidé à y voir plus clair dans cet appel. En voyant ces prêtres célébrer la messe, j’ai senti que le Seigneur voulait cela pour moi. C’est dans l’Eucharistie qu’il m’a dit : "Viens, suis-moi, tu seras heureux".
Vous réussissez l’ENA et démissionnez pour entrer au séminaire. Difficile, non ?
Il m’a fallu du temps pour accepter d’entendre l’appel et d’y répondre. La préparation à l’ENA, très studieuse, fut paradoxalement un temps pour affermir mon lien avec le Seigneur, dans la priè-re et l’eucharistie quotidiennes. Contre toute attente, je
fus admis… et cela m’a permis de faire un choix libre. L’ENA m’intéressait, m’aurait sans doute rendu heureux, mais je savais qu’en répondant à l’appel du Seigneur, il y avait un "plus" qui comblerait mon coeur. En septembre 2000, j’ai demandé de reporter mon entrée à l’ENA pour discerner : cela me fut refusé ! Il m’a fallu choisir et j’ai démissionné. Cela fut parfois difficile à accepter dans mon entourage. Très vite, je fus heureux à la maison St-Augustin. Je n’ai jamais regretté mon choix.
Au séminaire, vous avez dû poursuivre vos études.
Que vous ont-elles apporté ?
On me disait : pour toi ce sera facile, tu as fait des études. Or, on n’étudie pas la théologie comme on fait de l’économie ou du droit ! Il a fallu que je me laisse "retourner" par la Parole de Dieu. Ces études ont été au service de cette conversion au Christ, elles furent un lieu de rencontres avec Lui dans sa Parole et dans son Eglise. L’Ecriture m’a révélé à moi-même, et m’a aidé à comprendre ce que Dieu voulait pour moi. Je me suis rendu compte que ce n’était pas moi qui scrutais les Ecritures,mais que ce sont elles qui me scrutaient. C’est le Christ qui se livre à moi dans sa Parole et dans son Eucharistie. Ces études de théologie, je ne les fais pas pour moi, mais pour avoir la joie d’annoncer le Christ, de transmettre sa Parole, d’aider les gens à la goûter et à entrer dans le mystère de l’amour de Dieu. Le séminaire a été un temps pour me laisser unifier par le Christ dans toutes les dimensions de ma personne. Certes, il me faut du temps pour entrer chaque jour dans la fidélité à la Parole de Dieu. Mais c’est bien la fidélité de Dieu qui me permet d’être fidèle
De Claire Folscheid, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame >>> Pour commander ce n° de Paris Notre Dame >>>
Légende de la photo : La Terre Sainte fut un lieu important dans sa découverte des Ecritures. Ici (à gauche), à Jérusalem en 2006
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REPÈRES
Naissance : le 21 avril 1977 à Lyon.
Ordination diaconale : le samedi 30 septembre 2006 à St-Germain
de Charonne (20ème).
Phrase d'ordination : "Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’Il m’a fait ? J’élèverai la coupe du Salut, j’invoquerai le nom du Seigneur." (Ps 115,12-13).
1ère messe : dimanche 24 juin à 11h à N.-D. de Grâce de Passy (16ème).
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