Eric de Montalembert en impose par un bon mètre quatre-vingt-dix. Il se dit pourtant timide. "Mais quand je suis lancé, je peux être bavard", plaisante-t-il en évoquant, avec force anecdotes, le parcours qui l’a mené à être ordonné prêtre, à 32 ans. Dernier de trois enfants, il grandit dans les Hauts de Seine, dans une famille croyante. Son père lui a récemment rappelé un épisode de son enfance qu’il avait enfoui dans sa mémoire : après un baptême familial, Eric, petit garçon, demande à parler au prêtre. On les présente. "Je ne me rappelle plus précisément ce que je lui avais dit, mais garde le souvenir d’un homme très bon. Sans doute la première image du prêtre qui s’imprima en moi." "Prêtre ? On verra plus tard." Oubliant cet événement, adolescent, il se sent appelé à la vie monastique. "Viens et suis-moi." Cet appel du Christ résonne en lui comme une invitation personnelle, et il veut y répondre de manière radicale. C’est à son frère, de trois ans son aîné, qu’Eric confiera ses questions sur la vocation. Celui-ci lui conseille d’en parler à un prêtre. Eric brave sa timidité, décroche son téléphone, et parle pour la première fois à celui qui le suivra jusqu’à son entrée au séminaire, dix ans plus tard. "Tout au long de ces années, il m’a conduit avec une bonté exigeante, et cela a parfois été difficile. A chaque fois que je lui parlais de l’appel du Seigneur, il répondait “on verra plus tard”. J’étais dérouté, j’avais l’impression qu’il ne croyait pas à ma vocation !" Aujourd’hui, Eric comprend son attitude. "Une fois étudiant, je voulus me retirer dix jours au monastère, raconte Eric, qui, depuis l’adolescence, avait l’habitude d’y passer quelques jours chaque année. Cette année-là, au bout de trois jours, j’ai senti que je ne pourrai pas y rester toute ma vie. Je ne serai pas moine." Cette même année, il participe à l’ordination d’un ami séminariste et entend alors l’appel au sacerdoce. Ce jour-là, j’ai compris la folie de Dieu qui a voulu avoir besoin d’hommes consacrés à Lui pour se donner au monde. Quel amour fabuleux et quelle confiance de la part de Dieu !" Mais il reconnaît avec le recul qu’il avait encore besoin de mûrir. "A cause d’un manque de confiance en moi, je n’avais pas envisagé d’autres voies que la vocation monastique ou sacerdotale. Vouloir être prêtre, ou moine, relève parfois d’une peur du monde, d’une envie de rester dans un cocon."
La joie de témoigner. Eric termine donc ses études de gestion à Paris. Il découvre la communauté de l’Emmanuel, et s’y engage à 22 ans. "J’y ai rencontré une joie qui m’a profondément changé. Une audace d’annoncer le Christ qui correspondait aussi à mes aspirations." Cette joie, il en témoigne au cours de son service militaire, un environnement largement non croyant dans lequel il décèle "une vraie soif d’absolu". "Je n’avais pas dit à mes camarades que j’étais croyant, mais cela s’est rapidement su, raconte-til, encore émerveillé de la richesse des rencontres vécues. L’un d’entre eux a aussi traversé toute la France pour venir à mon ordination diaconale !" Après cette expérience qui le marque, vient à se poser pour Eric, alors en 3e cycle d’étude, la question d’une vie professionnelle ainsi que celle d’une vie de famille. J’ai fait alors l’expérience que Dieu me voulait libre, qu’il ne voulait pas que je m’engage à sa suite parce que je ne me croyais pas capable de choisir une autre voie." Il fait alors le choix du séminaire. "Et si Dieu me veut prêtre aujourd’hui, conclut-il, c’est, je crois, pour répondre à la soif immense de Dieu qui habite le coeur des hommes et être témoin de sa bonté infinie." De Louise d'Orglandes, avec l'aimable autorisation de Paris Notre Dame Légende de la photo : Eric de Montalembert et son neveu, Hélie, lors de vacances familiales. | REPÈRES Naissance : le 7 mai 1974Ordination diaconale : le 11 septembre 2005Phrase d'ordination : "Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur." (Jérémie 3, 15)1ère messe : le dimanche 25 juin, à 11h, à St-Nicolas des Champs (3e) |
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