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Blandine, auxiliaire de l’Apostolat : une présence discrète Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Eric Madre   
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L’horizon de la météorologue Blandine s’est dégagé lorsqu’un prêtre, un jour, lui a présenté la voie des auxiliaires de l’Apostolat. Depuis, son baromètre intérieur est au beau fixe, avec les yeux au ciel et le cœur sur terre.

"Je promets de m’attacher à Jésus-Christ pour toujours". Blandine a toujours gardé dans son cœur ces paroles prononcées à onze ans et demi, lors de sa profession de foi. Elle ignorait à l’époque qu’elle y répondrait un jour fidèlement en acceptant de devenir auxiliaire de l’Apostolat.

C’est un prêtre de sa paroisse qui a suggéré à Blandine, devenue prévisionniste météorologue, de découvrir cette vocation méconnue et de rencontrer une auxiliaire de l’Apostolat. Une femme laïque, vivant dans les conditions tout ordinaires de la vie, appelée par son évêque et livrée sans réserve à Dieu, et donc célibataire. Réaction immédiate de Blandine : "Cela correspond trop à ce que je veux vivre".

Etre disponible à un appel secret

Il ne s’agit pas d’une grande révélation dans la vie de Blandine, mais l’aboutissement d’un long cheminement entamé dès l’enfance. Dans son cas, l’appel de Dieu s’est révélé petit à petit, pas à pas.
Née de parents agriculteurs en Normandie, elle a choisi dès la classe de seconde d’étudier la météorologie, tout en se posant plusieurs fois la question d’une vocation religieuse. A la fin de ses études, elle est affectée à Paris où elle débute sa vie professionnelle, tout en retrouvant souvent sa campagne normande. C’est au cours de longues vacances chez un oncle, missionnaire dans la brousse africaine, qu’elle a l’intuition que sa vocation est de vivre dans le monde, au milieu des gens.
Peu après, elle fait le choix de Dieu dans le célibat. 

Au sein de sa paroisse, elle suit des formations pour approfondir sa foi. Après deux retraites en silence, Blandine demande à son évêque, le cardinal Lustiger, de l’autoriser à commencer la formation pour ensuite faire d’elle son auxiliaire de l’Apostolat. Par discrétion, l’appel de l’évêque a lieu au cours d’une célébration eucharistique non publique, dans la chapelle de l’archevêché. Le premier appel - pour une durée d’un an - est suivi par d’autres appels d’un ou trois ans, avant l’appel définitif au bout d’une dizaine d’années.

C’est parce que l’auxiliaire de l’Apostolat est appelée à rester dans le monde qu’elle a besoin d’une formation solide, adaptée à sa mission et à ses conditions de vie, qui se poursuit tout au long de sa vie et qui repose sur quatre assises : une formation spirituelle forte, comprenant une récollection mensuelle et une retraite annuelle ; une formation doctrinale, avec l’étude de l’Écriture sainte et de la théologie ; une formation à la vie de l’Église, qui passe par la lecture attentive des textes du Magistère ; enfin une formation personnelle, rythmée par des rencontres régulières avec une "formatrice", une autre auxiliaire de l’Apostolat désignée par l’évêque.

Accepter que Sa présence ne s’impose pas

"L’auxiliaire de l’Apostolat est invitée à une vie simple mais radicalement évangélique en faisant tout pour vivre de Dieu, et de Dieu seul, explique Blandine avec douceur.
De même que le Christ a envoyé ses apôtres en mission, de même l’évêque envoie l’auxiliaire pour communiquer l’amour de Dieu aux hommes, par sa façon d’être dans son travail et toutes ses relations." L’appel de l’évêque n’opère pas de changement extérieur brutal, il faut accepter de se laisser ciseler par l’Esprit, comme la pierre prend forme sous le ciseau du tailleur. Ainsi que l’exprimait Mgr André Vingt-Trois, dans une récente homélie : "Adorer le Christ, c’est accepter qu’il ne se passe rien, c’est accepter dans la foi que sa présence ne s’impose pas." Cela suppose beaucoup de recueillement et de prière. Une heure d’oraison par jour et la fréquentation des sacrements aident à mettre toute sa vie au service de l’Évangile.

Répondre "oui" à toute missionde l'évêque

C’est la nature du lien avec l’évêque qui fait la spécificité de cette vocation : l’auxiliaire de l’Apostolat s’engage à accepter sans réserve toute mission qu’il lui confie, à la suite bien entendu d’un dialogue approfondi.
La première mission de Blandine est alors toute simple : vivre en chrétienne dans son environnement professionnel.
Et lorsque son employeur la nomme à un nouveau poste à Toulouse, Blandine en parle d’abord avec son évêque avant d’accepter. Depuis, elle est revenue à Paris, dans son diocèse, dès qu’un poste s’est créé au service des ressources humaines.

Parmi ses collègues de travail, chrétiens ou non, personne ne sait qu’elle est auxiliaire de l’Apostolat. D’ailleurs, à part ses parents et quelques prêtres, très rares sont les personnes au courant. La vocation d’auxiliaire de l’Apostolat ne s’affiche pas : une présence discrète, au cœur du monde, ancrée dans la pâte humaine, mais en Dieu. Car "C’est en Dieu qu’il vous a été donné de vivre, de vous mouvoir, d’exister" (Ac 17-28a).

Auxiliaires de l'Apostolat :

C'est à la fin de la première guerre mondiale que le cardinal Mercier, archevêque de Malines-Bruxelles, décida d'appeler des femmes désirant être tout à Dieu, à participer comme laïques à sa mission apostolique et à l'evangélisation de son diocèse. Il les établit dans une forme nouvelle de vie apostolique.

A Paris, depuis 1932, chaque archevêque s'est donné de telles collaboratrices : il y en a une quarantaine actuellement.
Les Auxiliaires sont présentes dans tous les milieux, comme professeur, infirmière, informaticienne, coifeuse, commerçante.
Aujourd'hui de nombreux évêques à travers le monde, y compris en France, continuent à appeler des laïques pour en faire leurs auxiliaires de l'Apostolat.

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