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C'est d'abord le Christ que l'on choisit Prier pour la ville sans être de la ville, c'est la vocation de sœur Marie-Paul, prieure du carmel de Montmartre et de ses dix-huit sœurs.  © Carmel de Montmartre Pourquoi avoir choisi le carmel de Montmartre ? - Quand on choisit le carmel, c'est d'abord le Christ qu'on choisit. Pourquoi ici et pas ailleurs ? Cela reste un mystère. C'est quelque chose d'intime, une certitude en nous. Certaines l'ont su toutes petites, d'autres après un long cheminement à travers les événements de la vie, les rencontres. Pourquoi Paris ? Pour certaines, parce qu'elles vivaient dans la région, parfois au contraire pour mettre un peu de distance avec la famille ou la région d'origine, pour d'autres parce que Paris se trouve accessible de partout. Beaucoup ont été amenées à Paris par leurs études ou leur travail, et sont entrées après. D'autres demandent à rejoindre cette communauté.Quelle est la réalité de votre vie cachée ? - Je vous répondrai par un exemple. Je me souviens d'une jeune femme toxicomane que je soignais. En l'écoutant raconter sa vie et dire son désir vrai de s'en sortir, j'ai réalisé que rien de ce que je pouvais faire d'humain pour elle ne serait suffisant, que la seule chose qui pourrait vraiment l'aider c'était prier pour elle. C'est ce qui m'a fait prendre conscience de l'importance de la prière. Pour d'autres, le déclic vient de la découverte d'un saint, de la lecture d'une œuvre. Dieu nous parle dans des choses concrètes, ensuite il faut faire le pas, avoir confiance en soi, côtoyer la famille religieuse et vivre une relation de confiance avec la communauté qui accueille. Parfois il faut du temps pour que la relation s'établisse, cela demande beaucoup de patience. Et puis la certitude se fait en nous que c'est là. Votre vocation est-elle liée à la ville ? - C'est vrai, ici on ressent la proximité de la ville. Mais une fois la porte refermée, c'est la vie du Carmel qui prend le dessus. Notre mère fondatrice disait qu'une carmélite de Montmartre doit avoir sa vocation bien chevillée au corps, que c'est un lieu où il y aurait un combat à mener avec la proximité de la ville. En fait, la ville est dehors ; on ne sort qu'exceptionnellement, les murs sont là pour nous protéger, pour préserver l'espace de silence et de prière, mais on prie pour la ville qui est là devant nous.
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