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Le père Yves-Arnaud est un converti. Il a été ordonné prêtre pour le diocèse de Créteil il y a quatre ans. Sa mission le mène aujourd’hui particulièrement auprès des jeunes dans les banlieues.
 © D.R. A 35 ans, le père Yves-Arnaud
a des airs de chef d'entreprise
lorsqu'il parle du service qui lui
a été confié : la pastorale des
jeunes. "A mon arrivée, il y a
quatre ans, il n'y avait plus
d'aumônerie de lycée ni de
groupe 18-25 ans", raconte-t-il.
Tout restait donc à faire pour que
la transmission de la foi atteigne
les jeunes générations. Epaulé par
des laïcs, il a lancé une équipe
MEJ (Mouvement Eucharistique
des Jeunes) pour quelques jeunes
de 4ème qui ont du mal en
aumônerie et un groupe de JOC
(Jeunesse Ouvrière Chrétienne)
pour d'autres dont il perçoit qu'ils
y seraient plus à l'aise. Cette
mission l'amène à s'adapter sans
cesse. "C'est cela qui me réjouit le
plus, qui me fait avancer !",
affirme-t-il. MEJ, JOC, et bien sûr
scoutisme et aumônerie pour tous les âges, le père Kirchhof veille
maintenant à la consolidation des
groupes qu'il a créés. Les jeunes y
sont fidèles ; c'est déjà le signe de
leur fécondité.
Converti
par la Bible C'est aussi un
beau motif de
fierté pour ce
prêtre qui, à l'âge
des jeunes dont il
a la charge, avait
rejeté la foi
transmise par son
père luthérien et
sa mère
catholique. A 19
ans, un ami lui
suggère de lire la
Bible : c'est une redécouverte. L'appel au sacerdoce  © D.R. Au cours de ses études de
sciences économiques et de
gestion à Assas, il entre en contact
avec l'aumônerie étudiante. Là, il est touché par le témoignage et la
vie fraternelle qui y règnent.
Parallèlement, il s'engage comme
animateur en aumônerie des
collèges et lycées. Au Frat, où il se
rend comme accompagnateur, la
réflexion percutante d'un
séminariste le bouleverse : "Si tu
aimes l'Église, tu n'as pas le droit
de l'abandonner ! ". Yves-Arnaud
reçoit ces mots comme un appel
au sacerdoce et à donner sa vie
justement là où il y a peu de
prêtres : en banlieue parisienne.
Une peur cependant le travaille :
est-ce raisonnable de devenir
prêtre aujourd'hui ? Après
quelque temps, il la dépasse et
entre à la Maison Saint-Augustin,
à Paris, pour une année de
discernement. Il a vingt cinq ans.Interpellé par les
mourants De sa formation en vue du
sacerdoce, le jeune prêtre garde
notamment le souvenir d'un stage
dans un centre de soins palliatifs :
la Maison Jeanne-Garnier.
Expérience singulière de la
rencontre avec les personnes en
fin de vie : "A leur contact,
explique-t-il, j'ai découvert une
autre manière de communiquer :
ne pas toujours asséner ce que je
crois ou ce que je pense. Choisir
plutôt de ne rien dire. Et quand
cela se présente, avancer la parole
juste." Une manière d'être qu'il
applique aujourd'hui encore
lorsqu'il se rend auprès de malades, qu'il accompagne des
familles en deuil, ou qu'il ouvre sa
porte à celui qui est en difficulté,
celui qui vient chercher auprès de
lui, comme prêtre, "un guide de
vie", une lumière pour avancer. "Ce qui me touche chez ces gens,confie-t-il, c'est leur désir de faire
grandir l'Évangile dans leur vie et
leur quête d'une espérance. "  © D.R. "Ces
personnes mènent chacune une
forme de combat pour l'Évangile
de la vie. Un combat devant lequel
le prêtre reste parfois sans mot."
Alors il prie. "Souvent, devant une
situation complexe, je fais monter
vers Dieu spontanément cette
prière : Seigneur, viens à mon aide ; donne-moi tes mots,
envoie-moi ton Esprit !" Ces personnes aux chemins
parfois difficiles, le père
Yves-Arnaud les porte chaque
matin, dans l'eucharistie. Et à ce
moment crucial de sa journée,
il s'offre également, pour leur
apporter une écoute réelle, un
regard qui construit et une parole
juste. Puis le soir, comme un
abandon, il reprend la prière des
complies : "Seigneur, entre tes
mains, je remets mon esprit",
non sans ajouter : "Ce que je n'ai
pas eu le temps de faire, fais-le !"
Le père Kirchhof s'émerveille des
grâces du ministère : "Depuis
quatre ans, je vais de surprise en
surprise !" Surprise des
conversations avec ses jeunes ou
avec les paroissiens de Champigny-sur-Marne, où il est
vicaire. Surprise aussi de ce qui
arrive à l'improviste, comme cette
personne qui sonne un soir,
à 21 h 00 : "Je voudrais me
confesser !" Pour un prêtre, il n'y
a pas d'heure pour la miséricorde.
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