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Père Sylvain Gasser, religieux assomptionniste Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par le Père Sylvain Gasser   

Une question d'amour, une réponse d'amour

Il y a mille et une manières d'être consacrés au Seigneur. Mille et une manières de dire : "Je t'aime". Car un tel choix est d'abord et avant tout une question d'amour puis une réponse d'amour. Et on n'a pas fini de poser des questions et d'oser des réponses ! Sinon, comment aurais-je l'audace d'y entraîner tout mon être ? Ce serait absurde.

J'ai donc dit oui au Seigneur. C'est le oui des patriarches, c'est le oui des prophètes, c'est le oui des juges et des rois, c'est le oui que nous avons tous reçus le jour de notre baptême. Dire oui au Seigneur, c'est avouer qui je suis : un homme pécheur qui souhaite convertir sa vie aux mœurs de l'Évangile. En vivant comme religieux assomptionniste, j'ai répondu à un appel : "Viens, suis-moi". Cet appel, je le vis concrètement en communauté, car la communauté, c'est ce qui dit : "Viens, Seigneur Jésus".

La vie religieuse, je le découvre chaque jour un peu plus, m'oblige à œuvrer dans le monde avec le sentiment que le Seigneur n'attend pas. En choisissant la vie religieuse, je fais ce choix radical : je veux tout et tout de suite ! Le religieux ne choisit pas le calme et le recueillement tranquille. Illusion ! Le religieux accepte paradoxalement de vivre dans l'urgence car il n'a pas le temps de remettre au lendemain.

En vivant avec mes frères, je découvre que mon histoire est tissée de l'action de Dieu. Comme le dit saint Paul, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi. Le Christ continue de prendre chair de mon histoire. C'est pour cela qu'il ne faut jamais dire : "Ô le saint moine ! Ô la merveilleuse sœur ! Ô l'extraordinaire curé !", mais bien plutôt : "Tu es admirable, Ô Jésus-Christ, de te révéler en cet homme, en cette femme. Oui, je crois que chaque frère, chaque sœur étincelle le Ressuscité, l'humain et le divin. En engageant toutes les forces de son histoire, le religieux vient travailler toute sa vie le jardin de sa vie pour y faire pousser non sa vertu mais les vertus du Christ. Selon les moments, on est plus ou moins bon élève. En communauté, on ne s'attend pas à vivre avec des gens parfaits. Ils sont là parce qu'ils sont pécheurs. Le religieux vient apprendre le Christ, car le Christ ça s'apprend. Même Marie est passée par là.

La mission du religieux s'éclaire. Je n'ai pas choisi un chemin de vie radical, comme je l'entends trop souvent. J'ai choisi (et il faut du culot pour le dire) le service de la radicalité de l'Évangile dans l'Église. Au sein de mon travail de journaliste et d'éditeur, au gré des rencontres, avec mes frères, je veux maintenir dans l'Église la conscience de l'extrémisme de l'Évangile. Mais je n'oublie pas cette terrible rencontre du Christ avec l'homme riche. Lui n'a pas pu aller à l'extrême. Au nom du Christ, je fais le choix de faire honte à tout ce qui, en ce monde, bafoue les causes de Dieu et de l'homme, tout ce qui menace Dieu dans l'homme, tout ce qui menace l'homme comme image de Dieu. La vie religieuse est l'électrochoc de l'Esprit-Saint. Elle est choc car elle choque. Et tant pis si l'on sème la tempête. Et tant pis si la parole vient heurter l'Église. Il ne faut pas que l'Église s'endorme, car elle est le signe que Dieu donne au monde.

Retenons les tout premiers mots du Christ d'après Marc : "L'heure où tout se joue est venue. Le royaume de Dieu s'est rapproché. Retournez-vous et placez votre confiance dans l'Évangile". L'Écriture est une bourrasque ! Séduit par cette parole extrême et urgente, j'ai choisi de vivre les promesses de mon baptême, de vivre en cet instant où tout se joue : ma vie, celle de mes frères, la vie du monde, la vie de l'Église. On rêve d'être loin de Dieu, d'être heureux loin de lui. Et aussitôt on est dégoûté du bonheur. Alors on arrête de rêver. Et Dieu vient à nous comme un songe. La vie peut alors commencer. La vie. La vraie

Les Assomptionnistes:

En 1845, le Père d’Alzon fonde les augustins de l’Assomption (A.A.) ou Assomptionnistes qui allient vie commune et tâches apostoliques de multiples natures, parmi lesquelles la presse tient une grande place en France (maison Bayard-Presse, avec La Croix, le Pèlerin, de nombreuses autres publications religieuses ou non, les Editions du Centurion) ; la congrégation féminine est celle des oblates de l’Assomption.

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