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Page 1 sur 3  Antoine est né le 16 avril 1826, en plein cœur de Lyon. Fils unique de parents chrétiens, de condition modeste, émigrés du Dauphiné. Son père, homme bon et doux, travaillait à l'octroi ; sa mère, ouvrière en soie, exploitait un petit atelier à domicile.
Aspirant à monter dans l'échelle sociale, Madame Chevrier nourrit pour son fils de grandes ambitions. Elle veut en faire un "Monsieur" et l'élève avec sévérité (sûrement a-t-elle une conception rigoriste de la religion et de l'éducation). Antoine apprend à lire et à écrire avec un vieil instituteur, puis fréquente jusqu'à quatorze ans l'école des Frères de la Doctrine Chrétienne de son quartier . Un prêtre de sa paroisse propose à Antoine de s'orienter vers le sacerdoce. Il accepte, malgré la réticence de sa mère ! A seize ans, il entre au petit séminaire de l'Argentière. A vingt ans, il est admis au grand séminaire Saint-Irénée de Lyon. Un prêtre dévoué  © Le Prado Il est ordonné diacre le 2 juin 1849, prêtre le 25 mai 1850 et nommé vicaire à la paroisse Saint André-de la Guillotière. Il est heureux, même si sa maman souhaitait des débuts plus prometteurs ! En effet, la Guillotière, commune sur la rive gauche du Rhône, était l'un des faubourgs de Lyon (sept mille habitants en 1815, quarante mille en 1850, chiffre qui aura doublé en 1856 !). On imagine les problèmes économiques, sociaux, politiques posés et inhérents à l'expansion industrielle et démographique. Qu'importe ! L'abbé Chevrier veut devenir un bon prêtre pour les hommes. Il écrit : "Un prêtre est un homme qui sait s'oublier soi-même, qui sait disposer de tout pour l'Évangile… Pour convertir, il faut la prière, le chemin de croix, le bréviaire. Il faut croire que tout est possible ne jamais se décourager et donner le bon exemple.""Le prêtre c'est tout, c'est Jésus-Christ sur la terre. Il faut que je sois un autre Jésus-Christ sur la terre afin que ceux qui viendront ici puissent être aussi eux-mêmes d'autres Jésus-Christ vivants. Il n'y a que cela qui peut convertir les âmes." Il se dépense sans compter auprès des jeunes, généreux et dévoué. Il est attiré par une vie pauvre et modeste, mais souffre rapidement de voir que son ministère porte peu de fruits, se rendant compte que la majeure partie de la population est très éloignée de l'Église et coupée de la paroisse. Il comprend aussi que face à la vie qu'il mène au presbytère, les gens du quartier le considèrent comme un Monsieur, donc un étranger… 1856 : un tournant décisif  © Le Prado Deux événements bouleversent sa vie : en premier lieu, les inondations de mai 1856, véritable catastrophe pour la Guillotière ! Le Rhône déborde et ravage les quartiers. Durant plusieurs jours, l'abbé Chevrier est au premier rang des sauveteurs et se distingue par son dévouement et son courage, tout heureux de pouvoir enfin se mettre au service de toute la population. Ensuite, la nuit de Noël 1856 : tournant de sa vie et de son ministère auprès des pauvres. La conversion n'est encore qu'intérieure mais irréversible. "C'est à Saint-André qu'est né le Prado. C'est en méditant cette nuit-là sur la pauvreté de Notre Seigneur, que j'ai décidé de vivre le plus pauvrement possible. C'est le mystère de l'Incarnation qui m'a converti. Ma vie est désormais fixée."En contemplant le Christ, venu pour sauver tous les hommes, "en regardant le monde qui continue à se damner", l'abbé Chevrier décide de suivre Jésus-Christ de plus près : évangéliser en permettant aux hommes de voir l'humanité du Christ en ses disciples. Suit une période de discernement et de dépouillement matériel accru.
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