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Page 3 sur 3 Et c'est la fondation du Prado Dès le 10 décembre 1860, il fonde une "Œuvre de première communion" à la Guillotière, dans un ancien bal public, le Prado, qu'il dénomme "Providence du Prado". Il y recueille des jeunes de quatorze à vingt ans déshérités (leur nombre augmente rapidement, jusqu'à deux cents) et les garde pour préparer la plupart à la communion et leur donner les premiers rudiments d'instruction ! "Tous les jours faire le catéchisme, tous les jours être pauvre, c'est la vie du Prado". La règle, c'est l'Évangile.  Noviciat © Le Prado Le local est pauvrement aménagé, mais il sera fréquemment agrandi avec l'aide charitable de nombreuses personnes riches ou pauvres. "Si des riches ont aidé à bâtir le Prado, les pauvres ont eu la première place. Dieu s'est servi des pauvres gens pour nous nourrir. Il y a connivence entre pauvreté et ministère sacerdotal." Il est donc prêtre pauvre parmi les pauvres qui le regardent maintenant comme un des leurs. Il est aidé dans son action par des laïcs, des religieuses, sœur Marie notamment qui deviendra la première supérieure des sœurs du Prado. Toutefois, le Père Chevrier a un autre projet, essentiel à ses yeux, celui de s'associer d'autres prêtres pour connaître Jésus-Christ et le faire connaître : "former des prêtres pauvres pour les pauvres". C'est l'intuition qu'il porte en lui depuis Noël 1856. Sa patience est mise à l'épreuve, il n'arrive pas en effet à se faire adjoindre un prêtre du diocèse. Toutefois, ayant reçu en novembre 1864, en réponse à sa supplique, la bénédiction du Saint Père, le Pape Pie IX, pour "son œuvre jugée bonne" - un encouragement minimum ! - il ouvre au Prado, en 1865, une école cléricale, véritable petit séminaire, cela tout en poursuivant son œuvre initiale. Soucieux de former ses premiers disciples à la pauvreté et à la simplicité, il entreprend la rédaction d'un livre qu'il ne pourra pas achever : "Le Prêtre selon l'Évangile ou le véritable disciple". Il s'agit d'une approche originale du Christ qui a sa source dans les trois mystères que sont la crèche, la croix et le tabernacle.La vie du Père Chevrier est épuisante. De temps à autre, il s'isole, notamment dans une modeste baraque près de Saint-Fons où il a installé un oratoire. Durant l'été 1866, au cours d'une retraite prêchée, il peint sur les murs sa doctrine du prêtre selon l'Évangile, appelée "le Tableau de Saint-Fons" : "Le prêtre est un homme dépouillé, crucifié, mangé". C'est l'axe de la spiritualité pradosienne. En 1867, et pendant quatre ans, tout en continuant l'œuvre du Prado, il est responsable de la paroisse "Moulin à vent" sur la route de Saint-Fons. En 1871, les quatre premiers candidats du Prado terminent leurs études secondaires et sont admis au grand séminaire de Lyon. Le Père Chevrier entretient avec eux des liens humains et spirituels très étroits. Le Prado de son côté devenait trop étroit (deux cents personnes y trouvaient abri !). En 1872, une propriété située à Limonest (au nord de Lyon) devient le siège d'une communauté et le Père y retrouve souvent le silence et un peu de repos. En mars 1877, le Père Chevrier rejoint à Rome ses quatre séminaristes devenus diacres, qui terminent leurs études, pour les préparer selon l'esprit du Prado à l'ordination sacerdotale qui a lieu le 26 mai. En janvier 1878, l'archevêque de Lyon approuve le règlement de vie des premiers "Pradosiens"! Le 31 octobre 1878, de plus en plus malade, il célèbre pour la dernière fois la messe et donne sa démission le 6 janvier 1879 : le Père Duret devient supérieur de cette nouvelle famille spirituelle. Le Père Chevrier meurt le 2 octobre 1879. Il a cinquante-trois ans. Dix mille personnes assistent, le 6 octobre, à l'enterrement du "Saint de la Guillotière". Le 4 octobre 1986, Jean-Paul II le déclare Bienheureux, témoin marquant de la foi au Christ.
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