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Saint François d'Assise, serviteur et prince de la paix Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Frère Eric Moisdon ofm   
Sommaire de l'article
Genèse d’une vocation
Une spiritualité de la paix
Heureux les artisans de paix
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"Que le Seigneur te donne sa paix !" C'est François d'Assise qui nous adresse cette salutation. A travers le temps et l'espace - comme en entête de ses lettres, ou comme salutation des gens rencontrés sur ses chemins d'itinérance - il nous offre la bonne nouvelle évangélique : la paix est possible, la paix nous est donnée. Dieu nous appelle à sa paix !

Genèse d'une vocation

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© www.san-francesco.org
Et pourtant, si sa courtoisie et son sens inné de la relation rendaient François Bernardone proche et sympathique, son ambition et sa volonté faisaient de lui un jeune loup prêt à dévorer la vie et à éclabousser le monde de ses victoires personnelles. Et la vie autour de lui n'était pas moins violente qu'aujourd'hui.

1197 - Assise : le peuple et les bourgeois prennent d'assaut la forteresse impériale. Violence ! François a 16 ans. Il se bat. Il connaît l'effervescence de la révolution et de la victoire. Il est saisi par l'espérance d'une fraternité possible puisque le tyran féodal est tombé et a fui. Bref moment de paix sociale au goût de fraternité. Mais très vite apparaît la cruelle évidence : les nouveaux chefs "font leur argent" sur le dos du petit peuple. L'homme sera-t-il donc toujours un loup pour l'homme ?

1202 : Pérouse, où s'est réfugiée la noblesse, attaque Assise. Violence ! François a 20 ans. Il se bat. Il perd ! Il passe deux ans dans les geôles puantes de Pérouse. L'expérience carcérale de la fragilité - voire de la vanité - de la vie vient ébranler son espace intérieur. La blessure est profonde. Que cherche-t-il ?

1204 : Libéré, François repart dans ses rêves de chevalerie, de champs de bataille et de conquêtes. Son idéal est celui des bourgeois : faire une brillante carrière militaire. Par tempérament, c'est un lutteur, un "battant" et même un violent. Il n'est pas un pacifique par nature. Cherchant à apaiser les tourments de sa vie et de son temps, il a commencé par se battre les armes à la main. Il a connu et aimé la griserie et l'odeur des combats, les barricades, les cris de guerre, les roulements de tambour, la franche camaraderie du bivouac à l'heure où chaque camp compte ses survivants.

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1205 : En Terre sainte, les chevaliers croisés d'Occident et les musulmans se dressent les uns contre les autres. En Italie du sud, les troupes de l'empereur et du pape s'affrontent. François a 23 ans. Il part pour se battre dans les troupes papales. Violence !

Mais quelque part, l'armure de son cœur porte une fissure irréparable. Une voix intérieure traverse ses doutes et remet tout en question : " François, qui vaut-il mieux servir : l'ambition de l'homme ou le projet de Dieu ?" "Le projet de Dieu, évidemment !"

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Dès lors, François, jour après jour, va changer d'itinéraire. Il va se laisser broyer, convertir, pacifier par l'utopie de l'Évangile du Christ Jésus. Il ne renonce pas pour autant à être un lutteur, ni à son ambition d'une vie grande et pleine. Mais il va changer et de maître, et d'armes et de batailles. Conscient des impasses où l'avait mené sa volonté narcissique, il se consacrera désormais à chercher et accomplir la volonté de Celui qui a fait lever en son âme une douce et fulgurante paix.

La Parole vient toujours confirmer les vrais appels. Un jour qu'il suit la messe dans la petite église de Sainte-Marie des Anges - qu'il a réparée de ses mains - la proclamation de l'Évangile résonne en lui comme une Pentecôte : "Jésus envoya ses disciples proclamer le Royaume de Dieu. Il leur ordonna de ne rien prendre pour la route : pas de pain, pas de sac, pas de monnaie dans la ceinture. Dans quelque maison que vous entriez, dites d'abord : Paix à cette maison".

François s'écrie : "Voilà ce que je veux, voilà ce que je cherche, ce que du plus profond de mon être je brûle d'accomplir".

A peine sont-ils douze que les premiers frères franciscains se déploient, deux par deux, pas à pas, dans les traces du Christ pauvre, humble et crucifié, sur les routes d'Europe et du monde : "Que le Seigneur vous donne sa paix !"


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