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Page 4 sur 6 "Dans le cœur de l’Église, je serai l’Amour" Thérèse a réalisé jusqu’alors sa vocation de carmélite. Mais elle est habitée de grands désirs et l’insatisfaction demeure : une vocation ne lui suffit pas, elle les veut toutes. A la suite d’une longue réflexion et d’une prière assidue, elle finit par trouver le secret qu’elle s’épuisait à chercher.  © Office Central de Lisieux Ah ! Pardonnez-moi, Jésus, si je déraisonne en voulant redire mes désirs, mes espérances qui touchent à l’infini (...).Je sens en moi la vocation de prêtre, avec quel amour, ô Jésus, je te porterais en mes mains lorsque, à ma voix, tu descendrais du ciel... Avec quel amour je te donnerais aux âmes !... Mais hélas, tout en désirant d’être prêtre, j’admire et j’envie l’humilité de St François d’Assise et je me sens la vocation de l’imiter en refusant la sublime dignité du sacerdoce. Ô Jésus ! Mon amour, ma vie... Comment allier ces contrastes ? (...) Ô mon Bien-Aimé, une seule mission ne me suffirait pas, je voudrais en même temps annoncer l’Évangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées... Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l’avoir été depuis la création du monde et jusqu’à la consommation des siècles... Mais je voudrais par dessus tout, ô mon Bien-Aimé Sauveur, je voudrais verser mon sang jusqu’à la dernière goutte... Finalement, c’est la lecture de saint Paul qui l’éclaire et lui donne la solution :  © Office Central de Lisieux J’y lus que tous ne peuvent être apôtres, prophètes, docteur, etc. Que l’Église est composée de différents membres et que l’œil ne saurait être en même temps la main. (...) Je ne m’étais reconnue dans aucun des membres décrits par saint Paul, ou plutôt je voulais me reconnaître en tous. La charité me donna la clé de ma vocation. Je compris que l’Église avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l’Église avait un Cœur, et que ce cœur était brûlant d’amour. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, et que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... Je compris que l’Amour renfermait toutes les vocations, que l’Amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux... En un mot, qu’il est éternel...Alors, dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée : Ô Jésus mon amour... Ma vocation enfin je l’ai trouvée, ma vocation c’est l’Amour !... Oui, j’ai trouvé ma place dans l’Église et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée... Dans le Cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé !!!... Oui, mon Bien-Aimé, voilà comment se consumera ma vie... Je n’ai d’autre moyen de te prouver mon amour, que de jeter des fleurs, c’est-à-dire de ne laisser échapper aucun petit sacrifice, aucun regard, aucune parole, de profiter de toutes les plus petites choses et de les faire par amour... Ô mon Jésus, je t’aime, j’aime l’Église ma Mère, je me souviens que "le plus petit mouvement de pur amour lui est plus utile que toutes les autres œuvres ensemble" (MssB 2v°, 3r°&v, 4r°&v°).
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