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Sainte Thérèse de Lisieux : comment a-t-elle découvert sa vocation ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par les Pères de Dinechin et Guilbert   
Sommaire de l'article
L’enfance
La grâce de Noël 1886
L’acte d’offrande
Dans le coeur de l’Eglise
L’epreuve de la foi
La petite Voie

Vocation, prière et apostolat

Dans une lettre à sa sœur Céline, Thérèse souligne combien vocation contemplative, prière et apostolat sont liés. Elle insiste sur le rôle irremplaçable de la prière pour l’évangélisation du monde.

A la vérité, la moisson est abondante mais le nombre des ouvriers est petit ; demandez donc au maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers. Quel mystère !... Jésus n’est-il pas Tout-Puissant ? Les créatures ne sont-elles pas à celui qui les a faites ? Pourquoi Jésus dit-il donc : "Demandez au maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers" ? Pourquoi ?... Ah ! C’est que Jésus a pour nous un amour si incompréhensible qu’Il veut que nous ayons part avec lui au salut des âmes. Il ne veut rien faire sans nous. Le Créateur de l’univers attend la prière d’une pauvre petite âme pour sauver les autres âmes rachetées comme elle au prix de tout son sang.

L’apostolat de la prière n’est-il pas pour ainsi dire plus élevé que celui de la parole ? Notre mission comme Carmélites est de former des ouvriers évangéliques qui sauveront des milliers d’âmes dont nous serons les mères... Céline, si ce n’était pas les paroles mêmes de notre Jésus, qui oserait y croire ?... Je trouve que notre part est bien belle, qu’avons-nous à envier aux prêtres ?... (LT 135).

La "Petite Voie" proposée aux "petites âmes"

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© Office Central de Lisieux
Tout au long de sa vie, Thérèse a expérimenté, dans sa recherche de Dieu, un chemin accessible à tous, aux "petites âmes", comme elle les appelle : sa "Petite Voie", faite d’humilité, de confiance et de petitesse. Quelque infinis que soient ses désirs, elle se sait petite, elle s’accepte et se veut petite. Elle se sait incapable de rien faire par elle-même et se confie à l’amour du Père pour devenir une sainte.

Vous le savez (...), j’ai toujours désiré être une sainte, mais hélas ! J’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d’aller au ciel par une petite voie bien droite, bien courte, toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur les remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai cherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Éternelle : Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi. Alors je suis venue devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais, et voulant savoir, ô mon Dieu, ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel, j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : comme une mère console son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! Ah ! Jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus. Pour cela, je n’ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite (...) ! (MssC 3r°)

La "Petite Voie" qu’elle a découverte, Thérèse comprend qu’il lui faut la communiquer à tous les "petits" qui, comme elle, désirent la sainteté. Dans ses derniers mois, cela devient pour elle comme une hantise : Je sens que je vais entrer dans le repos, dit-elle à sa sœur Pauline, mais je sens surtout que ma mission va commencer, ma mission de faire aimer le Bon Dieu comme je l’aime, de donner ma petite voie aux âmes. Si le Bon Dieu exauce mes désirs, mon Ciel se passera sur la terre jusqu’à la fin du monde. Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre. (DE, CJ, 17/07/97).



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