Si Dieu t’appelle, tu reconnaîtras sa voix...

Homélie pour la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations (1984)

Si c’est Dieu qui t’appelle, tu le reconnaîtras. Dans ce monde dans lequel nous vivons, un monde calciné et pétrifié par la misère et le silence, monde ravagé où Dieu semble absent, en ton cœur habitera le buisson ardent de la flamme de Dieu et tu reconnaîtras sa voix, non seulement pour toi, mais pour tes frères. Cette présence fera résonner la symphonie de l’univers : non un désert perdu, un monde sans signification, mais un monde rempli de beauté.

Mgr Lustiger
© esprit-photo.com

Tu verras que ce monde parle et chante la louange de Dieu, l’univers en sa splendeur matérielle et spirituelle, la multitude des hommes et des peuples en leur histoire passionnante. Tu reconnaîtras dans ce monde une symphonie secrète ; et celui qui la joue, Dieu, créateur de toutes choses, sans cesse t’associe à son chant. Ta vie chantera d’amour et tu sauras prier, et tu voudras prier. Au point que tu voudras donner ta vie pour lui. Ce don de ton existence ne t’apparaîtra pas comme une perte, mais comme le plus grand bonheur de ta vie. Si Dieu t’appelle, tu reconnaîtras celui qui t’appelle.

Si Dieu t’appelle, tu ne te révolteras plus avec amertume quand tu verras la sottise, la haine, le malheur ou l’injustice qui semblent triompher. Tu ne seras plus accablé quand tu verras des hommes tuer des hommes. Tu ne seras plus désespéré quand tu verras la misère en écraser d’autres. Tu ne te boucheras plus les oreilles quand tu entendras les cris des révoltés, les cris des agonisants, les cris des enfants qui meurent. Tu ne frapperas plus de rage sur toi-même quand tu percevras le mensonge et l’insulte. Tu ne te diras plus : "A quoi bon ?" Tu n’auras plus envie de mourir ou de partir. Pourquoi ? Si Dieu t’appelle, tu reconnaîtras le visage du Christ, toute compassion, tout amour et toute bonté. Tu reconnaîtras la tendresse sans mesure de Dieu qui prend sur lui-même, dans cette compassion du Christ, l’homme perdu pour le retrouver, l’homme mort pour le faire vivre et tu auras envie de suivre le Seigneur Jésus Christ, le Messie souffrant, jusqu’en son abandon, pour que l’homme ne soit pas abandonné.

Si Dieu t’appelle, la croix t’apparaîtra une splendeur de vie et non l’échec suprême du monde. La croix t’apparaîtra comme l’arbre de vie et non le gibet de la mort. La croix t’apparaîtra comme le chiffre et la clé qui permettent de comprendre ce monde. Si Dieu t’appelle, tu voudras suivre le Christ en sa Passion pour le salut de tes frères et tu n’auras pas peur.

Mgr Lustiger
© esprit-photo.com

Si Dieu t’appelle, ne crains pas. Si Dieu t’appelle, de tes pauvres lèvres muettes pourra jaillir la voix du Christ que les hommes reconnaîtront. Si Dieu t’appelle, tu seras pardonné de tes péchés et tu oseras donner le pardon de Dieu alors que tu t’en sens indigne. Si Dieu t’appelle, tu seras le ministre et le serviteur de ce corps brisé et livré, pain de vie, pour que les hommes en soient nourris. Si Dieu t’appelle, tu recevras l’insulte, on dira du mal de toi, tu ne seras pas compris, mais tu sauras que tu partages le sort du Christ. Lui qui, insulté, ne rendait pas l’insulte, mais pardonnait. Lui qui, abandonné, rétablissait la communion des hommes perdus avec l’amour de son Père et notre Père. Si Dieu t’appelle, tu n’auras pas peur de livrer ta vie, car ta vie livrée est unie à la vie donnée du Christ.

Si Dieu t’appelle, ton cœur va s’ouvrir à une dimension d’amour que tu ne soupçonnais pas. Tu vas aimer ce peuple. Non seulement comme le compagnonnage que tout homme recherche. Non seulement comme la fraternité dans laquelle nous retrouvons enfin des hommes disponibles à l’amitié pour exorciser la solitude d’un cœur qui erre sans cesse, ne sachant où trouver la chaleur d’une communion. Non ! Tu vas aimer à fonds perdus tous les hommes. Car en tout homme tu reconnaîtras un frère qui t’est donné, une richesse nouvelle et insoupçonnée. Tu vas aimer ce peuple que le Christ lui-même rassemble et pour lequel tu seras la figure du berger. Tu vas aimer ce peuple qui va te porter ; même s’il te donne des coups, il sera ton soutien et ta force : ce peuple, l’Église entière en sa fonction maternelle toute d’amour et de paix, qui prie, rend grâce et bénit Dieu, ce peuple par qui le salut entre dans le monde.

Si Dieu t’appelle, n’aie pas peur : tu reconnaîtras sa voix, suis-le. Si Dieu t’appelle, n’aie pas peur : l’Esprit est ta vie.


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