Réponse d’un Maître des novices : Père Frédéric Peruta, de l’abbaye Saint-Wandrille
Pour la vie monastique, aucune aptitude particulière, et encore moins de diplôme, n’est exigé d’un candidat. Le plus important est de pouvoir tabler sur un travail personnel préalable et un suivi spirituel régulier pendant un temps suffisant avant de prendre une décision. Car le don de soi-même ne peut se faire qu’en connaissance de cause, et non dans l’enthousiasme d’une découverte.
Aussi conseillons-nous presque toujours de faire une pause entre l’arrêt des études ou d’une activité professionnelle et l’entrée au monastère. Ce pourra être un pèlerinage en solitaire vers Compostelle ou ailleurs, ou bien une période de bénévolat auprès des plus défavorisés. Ce n’est souvent qu’à l’issue de cette expérience gratuite qu’une vraie décision peut se prendre.
Avant cela, celui qui désire mieux connaître notre vie, avec peut-être l’idée de l’embrasser, aura fait quelques séjours à l’hôtellerie du monastère et un "stage" de quelques semaines au sein du noviciat. Rien ne vaut, en effet, le contact direct pour appréhender un mode de vie, et réciproquement pour que les moines fassent vraiment la connaissance d’une personne. En général, l’important n’est pas, pour le jeune qui réfléchit à son appel, d’essayer toutes sortes de vie religieuse.
Il existe plusieurs façons de donner sa vie pour le Seigneur, offrant toutes leur lot de diffi cultés et de joies. Il vaut mieux aller vers ce qui plaît et qui s’est trouvé sur notre route. Il faut accepter de choisir et, par là, de renoncer à ce que l’on ne choisit pas.
Pour conclure, il faut rappeler que l’appel de l’Église viendra authentifier un appel intérieur, celui d’un amour exclusif du Christ, qui demande réciprocité et fi délité. Rien ne se fera sans cela.
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