par le Père Nicolas Delafon, délégué aux vocations pour le diocèse de Paris
« Ma vocation, enfin je l’ai trouvée ! », s’écrie Thérèse de l’Enfant-Jésus en juin 1895 à 22 ans. Elle ajoute : « Oui, j’ai trouvé ma place dans l’Église et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée. » Chercher et trouver sa vocation est sans doute la joie la plus profonde qui soit donnée à un homme ou une femme.
Avec quelques grands témoins, voici quelques dispositions pour la réponse que tu dois donner au Christ :
Comprendre qu’une vocation est un don et un mystère :
La
vocation est le mystère de l’élection divine : "Ce
n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi
qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez
du fruit et que votre fruit demeure." (Jean 15, 16) " (Jean-Paul II, Ma vocation, don et mystère).
Accepter que la question soit posée :
Poser à quelqu’un
la question de l’appel de Dieu, c’est lui rendre sa liberté véritable
de choix, lui ouvrir la porte d’un dialogue avec Dieu, en sachant que
l’Église, ensuite, aura son mot à dire pour authentifier
cet appel." (Jean-Marie Lustiger, Les prêtres que Dieu
donne)
Vivre et être libre :
À 18
ans, Chiara Luce, béatifiée
en septembre 2010, est atteinte d’un cancer. Elle poursuit ses études
par correspondance. Paralysée des deux jambes, elle écrit deux
dissertations, l’une sur le temps et l’autre sur la liberté.
Elle déclare :
En
y réfléchissant bien, nous nous apercevons que,
souvent, l’homme ne vit pas sa vie, parce qu’il est plongé dans
des temps qui n’existent pas : dans le souvenir ou le regret… En
réalité […] le seul temps que l’homme possède,
c’est l’instant présent, que l’on doit vivre intérieurement,
en en profitant pleinement. En vivant ainsi, assurément, l’homme
se sent libre car il ne croule plus sous l’angoisse de son passé et
les préoccupations au sujet de son avenir. Certes, parvenir à atteindre
cet objectif n’est vraiment pas facile et demande un effort constant… celui
de donner un sens à chacun de nos actes, grands ou petits, qui soient
toujours […] au service des autres." (Chiara Luce Badano)
La
recherche de la liberté et la lutte pour la conquérir
sont une constante dans l’histoire du chemin des hommes ; un chemin
non encore achevé, un but qui reste à atteindre, même si
beaucoup de barrières se sont déjà écroulées."
(Chiara Luce Badano)
Prier et méditer la Parole de Dieu :

Alors,
j’ouvris
les épîtres de Saint Paul afin de chercher quelques réponses.
Les chapitres 12 et 13 de la 1ère Épître aux Corinthiens
me tombèrent sous les yeux. J’y lus, dans le premier, que tous
ne peuvent être apôtres, prophètes, docteurs, etc… que
l’Église est composée de différents membres et
que l’œil ne saurait être en même temps la main.
La réponse était claire." (Thérèse
de l’Enfant Jésus, Manuscrits autobiographiques)
Approfondir son histoire :
À 18 ans, en 1831, Frédéric
Ozanam habite Paris. Il se demande comment garder la foi et ne pas se laisser
saisir par ce qui est superficiel. Il a le même désir pour ceux
qui l’entourent. À travers les "conférences
St Vincent de Paul", il découvre sa vocation de laïc
chrétien dans la ville. Il se rend compte qu’il peut œuvrer
pour l’unité et être un témoin de la foi pour les
plus pauvres et les non-croyants.
Il déclare :
Apprenons à défendre
nos convictions sans haïr nos adversaires, à aimer ceux qui pensent
autrement que nous, […] plaignons-nous moins de notre temps et plus
de nous-mêmes." (Lettres, 9 avril 1851)
À 28 ans, il
se marie. Il devient professeur à la Sorbonne. Il a été béatifié par
Jean-Paul II en août 1997.
Accueillir la lumière dans la foi et se décider :
L’été 1951,
Jean-Marie Lustiger est séminariste. Il se rend en Terre Sainte. Ultime étape
d’un pèlerinage, le Saint-Sépulcre. Il écrit :
Je
suis entré dans cette basilique obscure, délabrée en
cette année-là… Il faut se courber pour franchir la
porte étroite
du Sépulcre. Je me suis retrouvé touchant la plaque de marbre
qui recouvre la roche […] Alors, je me suis dit : « Aussi
vrai que cette pierre est là, que tu la touches, qu’elle résiste à tes
mains et à ton front, et s’impose à tes sens, il faut
que tu te décides si, oui ou non, tu adhères pleinement au
Christ ressuscité, à Dieu Sauveur, à l’appel de
Dieu à son peuple pour le salut du monde. Ou bien tu t’en vas,
il n’est que temps. » Et la lumière fut donnée à cet
instant-là." (Jean-Marie Lustiger, Le choix de Dieu)
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