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Quels critères pour choisir ?

Loup Besmond de Senneville

Dieu promet la vie éternelle et le bonheur à ses enfants. Nous pouvons connaître ce bonheur dès aujourd’hui par des choix quotidiens ou de grandes décisions qui orienteront toute notre vie. Différents critères nous permettent de faire ces choix.

Dans la vie quotidienne, nous passons notre temps à faire des choix, petits et grands. Certains nous coûtent plus que d’autres. Dans une société qui peut nous paraître de plus en plus relativiste, nous pouvons avoir du mal à poser un choix. Chaque décision, chaque choix que nous posons, est unique. Mais il existe de grands repères qui peuvent nous aider à choisir.

Être dans le présent

Être dans le présent
© D.R.

Tout d’abord, il faut garder en tête que les critères d’un choix ne sont pas à rechercher dans l’avenir, mais dans le présent, dans lequel nous sommes bel et bien ancrés. On ne peut se déterminer en fonction de ce que l’on va devenir. En revanche, on peut s’appuyer sur des fondements qui appartiennent à notre vie actuelle. Au fond, faire un choix, pour un chrétien, revient à poser un acte de foi.
Lorsque les apôtres suivent Jésus, ils posent un acte de foi. Sans savoir ce que leur réserve le Seigneur pour l’avenir. Mais ils accordent leur confiance au Christ. L’acte de foi, c’est une décision par laquelle l’homme découvre le sens de sa propre existence dans la lumière du Christ. Et en tant que décision, la foi est un acte qui repose sur la liberté. Cet acte ne peut pas, non plus, aller sans la raison.
« Le discernement ne nous livre pas, tels quels, les projets de Dieu sur nous ; il nous dispose à reconnaître dans nos désirs et nos souhaits ceux qui peuvent se réclamer de l’Esprit du Christ ; ce n’est pas la même chose ! », écrit le P. Michel Rondet. « Ce que Dieu attend de toi, ce n’est pas que tu choisisses telle ou telle voie qu’il aurait prévue de toute éternité pour toi, c’est que tu inventes aujourd’hui ta réponse à sa présence et à son appel », poursuit-il.

Choisir librement… pour devenir libre

Il n’est d’autre choix que celui qui est fait librement. La liberté est la condition de la responsabilité. Bien sûr, l’exercice de sa liberté, qui passe par le fait de poser un choix, suppose aussi un renoncement. On ne peut s’engager sur deux routes à la fois. Choisir librement, c’est pouvoir répondre de ses choix, de ses actes et de ses paroles. Un choix libre rend libre. Au contraire, l’absence de liberté conduit à l’irresponsabilité.

Prendre le temps

décision
© D.R.

« Il en va de la vocation comme d’un fruit : si on le cueille trop vite, il faut forcer car il n’est pas mûr ; si on attend trop, il est pourri », écrit le P. Etienne Veto (communauté du Chemin neuf). Certaines décisions peuvent se prendre rapidement. D’autres, plus lourdes, peut-être plus « engageantes », demandent du temps. Le temps est cet espace dans lequel l’Esprit Saint travaille dans le coeur de chacun. Saint Ignace de Loyola attendait jusqu’à être habité par une intime conviction. Savoir prendre le temps, c’est aussi se dégager des pressions extérieures et intérieures, qui peuvent nous pousser à poser un choix trop rapidement. Mais au contraire, abuser des délais peut avoir l’effet inverse. Alors, la détermination se dilue et le discernement s’enlise. Dès lors, l’on peut dire que prendre une décision s’impose, au risque de ne jamais en prendre une ! « Là où il n’y a pas de décision, il n’y a pas de construction de l’homme », rappelle François Varillon.

Ne pas vouloir tout maîtriser

Il faut accepter de pouvoir poser un choix sans être sûr de pouvoir tout maîtriser. Pour autant, il n’est pas question de fonder sa vie sur un pari. À l’évidence, si la vie est un engagement, il faut prendre des risques. En ce sens, le choix est vraiment un acte de foi, qui témoigne d’une confiance absolue en Dieu. La foi ne peut aller sans abandon. Elle est acte d’abandon libre et total à Dieu, nous rappelle Vatican II. Or, notre Dieu se révèle et se donne en Jésus Christ. Le Seigneur n’est pas sans visage. Il n’est pas l’Infini indifférencié, mais le Dieu trinitaire, tri-personnel : Père, Fils et Esprit Saint.
On ne peut donner sa foi totale et inconditionnée qu’à Dieu. Poser un acte de foi, c’est répondre à l’amour infini que Dieu nous porte.

Grâce et volonté

Pour poser un acte de foi, nous devons être aidés par la grâce. Mais cet abandon n’exclut pas la volonté. Au contraire. « Par sa nature même, en effet, l’acte de foi a un caractère volontaire », nous rappelle le Concile Vatican II. « Les fruits d’un bon choix sont la paix et la joie », entend-on parfois.

À l’issue de ce processus, la décision peut tomber comme un fruit mûr, et procurer ainsi une grande paix.

Ailleurs sur le site… : 

texte.pngUne fidélité qui ouvre un chemin entre la terre et le ciel Père Mattheeuws

video.pngPoser un choix, cela restreint-il ma liberté ? Mgr Beau

texte.png"Ce qui m’a aidée : la prière et l’accompagnement" (témoignages)  –  Une carmélite

 

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