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Témoignages de cheminement

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Quand le Seigneur parle…

Soeur Hallel-Marie, moniale bénédictine de Notre-Dame-du-Calvaire

Souvent on demande au Seigneur "que veux-tu de moi ?" et c’est bien la disposition nécessaire pour qu’Il puisse répondre. Il est bon de demander avec sainte Thérèse d’Avila : "Je suis à toi Seigneur, pour toi je suis née, pour toi je veux vivre, Seigneur que veux-tu de moi ? pour toi je veux être heureuse, témoigner de l’Evangile, mais dans quel chemin de vie ?"

Le Seigneur nous appelle sur un chemin de vie. Ce chemin n’est pas tout tracé à l’avance mais il correspond à ce que nous sommes, chacun, et le Seigneur nous rejoint et nous appelle dans ce que nous sommes.

Avec d’autres, j’ai toujours essayé de nourrir ma foi

Monastère Notre Dame de Bouzy
© Bénédictines de Bouzy
Sur mon chemin, j’ai été baptisée bébé, j’ai suivi le catéchisme et j’ai eu une grand-mère qui m’a appris à prier… c’est une richesse et une grâce, et je ne la remercierai jamais assez : sur ses genoux, j’ai appris que Jésus était quelqu’un de vivant, quelqu’un qui m’aime, à qui je peux parler… Je me souviens qu’à ma première communion, à ma profession de foi, à ma confirmation, j’étais consciente de ce que je faisais, aussi consciente qu’on peut l’être à cet âge-là. Au moment de ma profession de foi, j’ai dit : "oui, je crois Seigneur, je crois que tu es là, que tu es vivant". A l’école, on chantait : "toute ma vie je chanterai ton nom, Seigneur" et en mon coeur je me disais : "je voudrais ne pas mentir, je voudrais toute ma vie chanter ton nom, Seigneur, mais est-ce que c’est vrai, est-ce que toute ma vie je chanterai ton nom ?" J’avais un peu peur de mentir car je ne savais pas quelle allait être ma vie plus tard, mais je voulais tellement que ce soit vrai… et je crois que j’ai tout fait pour que ce soit vrai, et le Seigneur aussi !

Quand on fait une relecture de sa vie, on découvre comment le Seigneur a parlé à tous les instants  : Cela prend sens par la suite, pas sur le moment. En 6 e-5 e je faisais partie d’un mouvement, puis du scoutisme, des groupes de prière… j’ai toujours essayé de nourrir ma foi, parce que tout seul il est très difficile de vivre sa foi : on a besoin d’être ensemble, c’est indispensable, on a besoin des autres.

Le Seigneur m’a conduite par sa Parole,…

Adolescente, j’avais reçu une image sur laquelle était écrit : "Largue les amarres et avance au large" - la parole de Jésus à St Pierre - je ne savais pas ce que ça voulait dire, mais cette parole m’a frappée dès que je l’ai reçue, je savais qu’elle voulait me dire quelque chose. Je l’ai compris plus tard : "avance ! Avance au large !". Le Seigneur m’a beaucoup conduite par ses paroles, il y a des paroles qu’on entend mille fois et c’est tout, mais il y en a d’autres qu’on reçoit autrement. Par exemple : "Viens, suis-moi" un jour, cette parole peut être reçue comme étant "pour moi" et "aujourd’hui" alors, on a besoin d’un guide pour discerner.

Bénédictines du Monastère Notre Dame
© Bénédictines de Bouzy
…par un Père Spirituel qui m’a aidée à être attentive à ce que je vivais.

Au long de mon chemin, j’ai fait mes études, j’ai travaillé, j’ai été enseignante auprès d’enfants sourds et j’aimais beaucoup mon travail, j’étais très active, j’ai animé des colos, des camps mais, je demandais toujours au Seigneur : "Que veux-tu de moi, Seigneur ?"

J’avais la chance - parce que je l’avais demandé et qu’il faut aussi le désirer - d’avoir un père spirituel, un accompagnateur spirituel, un prêtre. Je ne le voyais pas très souvent au début, une fois par an, mais chaque fois je lui demandais : "Comment je vais savoir où le Seigneur m’appelle ?". Il me disait : "le Seigneur ne va pas t’envoyer un télégramme, mais sois attentive à tout ce que tu vis : le Seigneur parle." Nous croyons que notre Dieu est Parole, il parle dans la Bible, les Evangiles, les sacrements, il nous parle dans l’Eucharistie mais aussi quand nous lisons la Bible personnellement, et par les autres, par ce qu’on nous dit, et dans le silence de notre cœur, et par les événements, les rencontres que l’on vit, les livres qu’on lit… A condition d’être ouvert aux événements. C’est grâce à mon père spirituel que j’ai été à l’écoute de tout ce que je vivais. "Ecoute, écoute !"

Mère Teresa a entendu l’appel en voyant les pauvres, les bébés dans les poubelles, le Seigneur lui a parlé à travers cela : pour elle, c’était un cri du Seigneur : "je suis là !", St Paul, lui, a eu la lumière sur le chemin de Damas : "C’est moi que tu persécutes dans tous ceux-là".

Alors, j’ai commencé à être attentive aux événements et à toutes les paroles qui me touchaient vraiment.

Décider dans la paix

J’ai rencontré un garçon pour lequel j’éprouvais plus que de l’amitié, et réciproquement, mais on a décidé de se respecter et d’approfondir cette amitié. On s’est demandé si on n’était pas appelé au mariage, et mon père spirituel nous a conseillé de faire ensemble une retraite. Le Seigneur a parlé à chacun, et pour moi c’était clair. Il y a un critère quand on prend une décision : c’est la paix du cœur. Quand on est tiraillé, soit ce n’est pas le moment de prendre une décision, soit ce n’est pas la bonne décision. Au début de cette retraite, j’étais très tiraillée : en même temps je voulais être tout au Seigneur et je ne voulais pas faire de la peine à ce garçon. Au fur et à mesure de cette retraite, dans mon cœur, la décision s’est prise, et j’ai dit : "Seigneur, je suis sûre que c’est toi". J’ai décidé, j’ai dit oui au Seigneur et j’étais dans la paix. Je l’ai dit à mon père spirituel, ce n’est pas lui qui a pris la décision pour moi, un père spirituel ne prend pas les décisions à notre place mais il nous guide et nous permet de parler. Je ne savais pas encore où le Seigneur m’appelait, mais je savais que je voulais être au Seigneur, j’avais dit oui au Seigneur et non au mariage parce que pour dire oui à quelque chose il faut dire non à d’autres.

Le cœur libre est prêt à écouter et à percevoir l’appel

Un jour, j’ai trouvé un papier au fond d’une église : "Une communauté bénédictine propose des week-ends monastiques". J’étais libre, je suis allée à ce week-end et j’ai été émerveillée de rencontrer des femmes heureuses d’être tout à Dieu, souriantes, épanouies, mais c’est tout. J’avais été très attentive à toutes les paroles, tout ce que le Seigneur me disait, les lectures au réfectoire, et, dans une d’elles Jésus disait à st Pierre: "tu ne comprends pas maintenant, plus tard tu comprendras". J’ai dit en mon cœur : "d’accord, Seigneur, je ne comprends pas mais tu me dis que je comprendrai plus tard, d’accord"… Je suis repartie, j’ai remercié les sœurs de leur accueil et j’ai continué à vivre à fond tout ce que je vivais, en étant à l’écoute.

Monastère Notre Dame
© Bénédictines de Bouzy
Ma question restait : "j’ai dit oui au Seigneur mais je ne sais toujours pas où il me veut…". Au cours d’une retraite, mon père spirituel m’a suggéré : "tu me parles toujours des moniales de St Jean de Braye, tu ne veux pas y retourner ?" Je ne m’étais pas aperçue que je lui en parlais souvent et je n’y étais pas retournée. Je lui ai dit : "je ne peux pas, je n’ai pas le temps, mes week-ends sont pris" mais le fait qu’il m’ait posé la question m’a éveillée, et finalement j’y suis revenue 2 ans après mon premier passage. Là, cela a été très clair : toutes les paroles que j’avais entendues mille fois ont brûlé mon cœur, vraiment le feu en moi brûlait au point que ça fasse mal et en même temps que ça apporte un bonheur indicible.

J’entendais toutes ces paroles : "aime-moi d’un amour sans partage", "viens, suis-moi" et la parabole de l’homme qui vend tout pour découvrir le trésor, la perle. Et l’aumônier qui ne me connaissait pas avait centré toute son homélie sur "tout laisser, tout quitter pour découvrir la perle que le Seigneur nous donne". Toutes ces paroles faisaient que j’étais certaine : c’était là et pas ailleurs. Je disais ‘non’ au mariage, à toute autre forme de vie pour dire ‘oui’ à la vie monastique si on me confirmait dans cette voie. En arrivant, je ne savais pas mais en partant, je savais et depuis ça n’a jamais été mis en doute.

"Comment cela va-t-il se faire ?"

Pendant ce week-end, c’était clair et en même temps… Comment ça va se faire ? Et j’ai pensé à la Vierge Marie : "Comment cela va-t-il se faire ?"…

J’ai un travail que j’aime : comment vais-je le quitter ? Ma famille : comment vais-je leur dire ? Et toutes mes activités : comment vais-je tout lâcher ?... des montagnes se sont dressées devant moi.

La première chose : j’en ai parlé à la sœur de la communauté qui m’accompagnait. "Pas de panique, prends le temps de réfléchir, il n’y a rien d’extraordinaire…" Mais moi j’étais bouleversée, comme la Vierge Marie à l’Annonciation… " Tu vas prendre le temps du discernement, vis ce que tu as à vivre et quand tu veux, tu reviens".

Je suis repartie… Mon père spirituel a ajouté : "pas de panique, ne va pas trop vite, continue de travailler un an et pendant cette année, va au monastère régulièrement pour vérifier si c’est bien un appel du Seigneur. Si cela vient de Lui, ne t’inquiète pas, le Seigneur sait aplanir les montagnes, Lui".

Et toutes les montagnes que j’avais vues devant moi se sont aplanies au cours de cette année, j’ai pu le dire à ma famille, ils n’ont pas toujours compris mais ils ont respecté mon choix, ils m’aiment. J’ai pu le dire au travail et préparer la relève auprès de mes élèves… Le Seigneur a tout aplani et j’ai pu faire ma demande d’entrée au monastère. Je suis rentrée un 1er octobre avec la petite Thérèse… cela fait 22 ans et je bénis le Seigneur qui me comble de son amour et m’accompagne sur ce chemin de la vie monastique, avec mes sœurs, en communauté.

Nous avons conservé le style oral de ce témoignage, donné le 11 février 2007 lors du week-end organisé par les Services des Vocations d’Ile de France.

 

Bénédictines de Notre Dame du Calvaire :

Nous sommes bénédictines de Notre Dame du Calvaire. L’arbre bénédictin est très grand dans le monde entier, et dans ce grand arbre, cette grande famille, il y a des petites familles, des ramifications…

Nous sommes une petite famille fondée au 17ème siècle sur la règle de St Benoît, avec un charisme, une mission un peu particulière : Vivre et célébrer la louange de Dieu et être proches de Marie, Notre Dame du Calvaire, au pied de la Croix de Jésus. Nous prions avec Marie dans son mystère de compassion, c'est-à-dire que nous portons avec Marie les souffrances du monde, les souffrances de nos frères et soeurs les plus proches d’abord et celles du monde entier qui sont multiples et diverses et nous les offrons au Cœur de Jésus.

Ailleurs sur le site… : 

texte.pngA quoi servent les moines ? Père Bandelier

audio.pngQu’est-ce que l’appel ? Père d’Augustin

audio.pngLa joie de donner sa vie à Dieu (témoignages)  –  Dom Patrick

 

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