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Témoignages de cheminement

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Il m’a appris à reconnaître les signes

Pierre, séminariste

Pour discerner librement sa vocation, Pierre a été aidé par un prêtre. Ensemble, ils ont fait un long travail de relecture de son histoire passée et présente.

Juin 2005 : une grande confusion régnait en moi. Après plusieurs expériences professionnelles, je restais insatisfait de tout ce que j’entreprenais. Rien ne semblait à la hauteur de ma soif d’absolu. Aujourd’hui, je dirais que j’étais taraudé par un désir de sainteté, mais l’idée d’un appel au sacerdoce ne m’avait, jusque-là, qu’à peine effleuré. A deux reprises j’avais essayé en vain de m’ouvrir à un prêtre. Pourtant, j’ai décidé de recommencer. Il ne me semblait pas facile d’interpeller le curé de la paroisse dont je dépendais. Il paraissait très occupé. Néanmoins, à ma grande surprise, il a pris au sérieux mon initiative, malgré mes propos confus. Comme pour vérifier ma bonne volonté - et respecter ma liberté -, il m’a proposé de le retrouver un mois plus tard, sans me donner de rendez-vous formel. Ce mois écoulé, j’ai obtenu un premier rendez-vous de ce que j’ignorais être un accompagnement spirituel. Il a duré une année, à raison d’une heure et demie par semaine.

Une joie vive

Cette année s’est déroulée en trois périodes. La première, jusqu’à Noël, a consisté principalement en une relecture de ma vie passée et présente. Elle m’a conduit à me reconnaître appelé par Dieu. Les premières rencontres ont été consacrées à l’évocation de souvenirs, de faits ou de sentiments passés, tels qu’ils me revenaient à l’esprit. Entre chaque rendez-vous, j’étais aussi particulièrement attentif à mes états d’âme et aux choses qui évoluaient dans ma vie. Je les notais puis les rapportais. Le père m’a beaucoup aidé à reconnaître parmi tout cela des signes de l’œuvre de Dieu et, peut-être avantage encore, à en apprécier sa valeur. Je quittais toujours ces rendez-vous très heureux, dans l’action de grâce. Je demeurais dans cette vive joie durant plusieurs jours. Par le regard qu’il portait sur ma vie, je prenais conscience de la valeur des dons reçus et désirais de plus en plus suivre le Seigneur ! Je n’étais pas seul à travailler entre chaque entretien. Mon accompagnateur s’impliquait aussi beaucoup, réagissant à ce que je lui rapportais, immédiatement ou lors de rencontres suivantes. Parfois aussi il anticipait sur ce qui allait se produire. J’attendais ses conseils inspirés : réflexions à mener, livres à lire ou passages de la Bible à méditer. Nous partagions ensuite sur ces textes. A aucun moment je ne me suis senti brusqué. Je ne savais pas où me mènerait ce chemin mais, confiant, je marchais avec enthousiasme et abandon. Le sacerdoce était une des possibilités mais j’avais au départ trop d’idées erronées sur le prêtre et sur moi-même pour l’envisager sérieusement.

La chapelle de la Maison St-Augustin
© D.R.
Un désir secret

Le 31 décembre, j’ai franchi une étape importante. Je cheminais déjà depuis cinq mois. Pour concrétiser ces premiers pas et me permettre d’aller plus loin, le père m’a proposé de faire un premier bilan. A cette occasion, j’ai exprimé explicitement mon désir d’être prêtre. Pour la première fois. Le père m’a donné son avis, comme un repère auquel m’accrocher dans les moments de doute. Une seconde période s’est alors ouverte. Je devais garder secret ce désir et avancer dans cette perspective, avec Pâques en point de mire. J’ai continué ainsi à me laisser apprivoiser par l’idée de devenir prêtre. Plus je lui laissais de place, plus je me voyais correspondre à ce ministère. Des éléments de mon caractère, que j’avais tendance jusque-là à rejeter, trouvaient leur sens. Ce qui a aussi favorisé incontestablement cette conversion, c’est que, pour la première fois, je fréquentais un prêtre qui n’hésitait pas à me confier ce qu’il vivait dans sa paroisse. Mes a priori sont tombés en même temps que les images que je me faisais. Pour la première fois aussi, je me suis engagé à vivre le carême et j’ai suivi tous les offices de la Semaine sainte. A l’issue de cette semaine, j’étais prêt à demander officiellement à entrer au séminaire et à le dire dans mon entourage. La fête de Pâques passée, j’ai pris contact avec le Service des Vocations du diocèse pour demander à entrer à la Maison Saint-Augustin Maison Saint-Augustin : année de fondation spirituelle préalable à une éventuelle entrée au séminaire de Paris..

 

L’annonce

Cette deuxième étape franchie, je suis entré dans la dernière période, qui m’a mené jusqu’à l’entrée à la Maison Saint-Augustin, en septembre 2006. Ce fut une période de consolidation et de confirmation : par la rencontre d’un prêtre du Service des Vocations ; par les faits qui ont suivi l’annonce de mon entrée au séminaire, dans ma famille et mon travail ; par les discussions avec mon père spirituel qui se sont prolongées. Une année, cela peut paraître rapide mais pourquoi attendre davantage ? La rencontre de mon père spirituel avait été un signe particulièrement fort de mon appel. L’année à la Maison Saint-Augustin m’a permis d’enraciner avec un nouveau père spirituel ce qui avait été semé, avec le bénéfice de la confiance acquise lors de ce premier parcours. Tout cheminement est unique et ne peut être un exemple. En relisant dans la foi ce parcours à trois qu’est l’accompagnement spirituel, je mesure combien cette année s’est déroulée dans une grande paix, signe et confirmation de l’appel entendu.

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