Jean-Christian Dhavernas, laïc consacré : tout à Dieu, dans le monde

Donner sa vie à Dieu ? Cela passe aussi par d’autres voies que la vie religieuse ou le sacerdoce. Jean-Christian Dhavernas, laïc consacré au sein de l’institut Notre-Dame de Vie, approfondit quelques aspects de sa vocation.

laïc consacré
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« Laïc consacré » : on n’est pas tellement habitué à voir ces deux mots ensemble. Et pourtant, l’expression résume bien la vocation commune à tous les membres d’instituts séculiers : 100% laïcs, 100% consacrés !

100% laïcs, c’est-à-dire assumant pleinement la vocation et la mission de tout laïc, car c’est au cœur de la société et de ses réalités les plus diverses qu’ils réalisent leur appel à la sainteté. Des réalités qu’ils sont appelés à transformer de l’intérieur par leur présence priante et leur activité.

100% consacrés aussi, parce qu’ils sont engagés par les vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté. C’est-à-dire qu’ils répondent à un appel spécifique de Jésus à le suivre dans la forme de vie qu’il a voulue pour lui-même et qui caractérise toute la vie consacrée.

Discernement : prêtre ou laïc ?

Pour Jean-Christian, reconnaître cet appel spécifique a demandé du temps. Mais deux années de coopération en République centrafricaine le confirment dans une certitude : Dieu l’appelle à lui donner sa vie.

La découverte de l’oraison grâce à Sainte Élisabeth de la Trinité, la lecture de Je veux voir Dieu, du père Marie-Eugène, et le témoignage d’un ami séminariste le conduisent à son retour d’Afrique jusqu’à l’Institut Notre-Dame de Vie, à Venasque dans le Vaucluse. À son arrivée, il n’a jamais entendu parler de « laïc consacré » et envisage d’abord le sacerdoce. Ses années de formation l’enracinent dans la consécration partagée par tous les membres de Notre-Dame de Vie et en même temps, il comprend qu’il est appelé à vivre cette consécration non pas comme prêtre, mais comme laïc. Un élément essentiel dans ce discernement : « l’aspiration à être proche des gens, à pouvoir les rejoindre dans leur quotidien et à en partager les aspirations et les difficultés », confie-t-il.

Après quatre années au siège international de l’Aide à l’Église en Détresse en Allemagne, Jean-Christian revient en France. Bilan de compétences, période de chômage… Il reprend finalement le chemin de l’école comme enseignant et cadre éducatif, à Paris et Lyon. Aujourd’hui, il dirige un établissement scolaire à Carpentras.

L’esprit du Carmel

Les instituts séculiers sont divers et beaucoup se rattachent à une spiritualité : ignatienne, dominicaine, etc. L’institut Notre-Dame de Vie, fondé par un carme, le vénérable père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967), s’enracine dans la spiritualité du Carmel que l’on peut spiritualité du Carmel que l’on peut décrire comme un va-et-vient permanent entre le cœur-à-cœur quotidien avec Dieu dans l’oraison silencieuse et le désir de le faire connaître à tous.

Une école, un collège, un lycée : ce sont des lieux de mission passionnants pour essayer de réaliser cet idéal et le partager. Faire de l’école un lieu qui rende possible une authentique rencontre avec soi-même, avec les autres, avec Dieu : il y a là un chantier éducatif immense et enthousiasmant. Dans sa mission, Jean-Christian est frappé par les nombreuses détresses que connaissent beaucoup de jeunes : incertitude devant l’avenir, situation familiale, sentiment de solitude, manque de repères… Les périphéries que le pape François invite à fréquenter sont bien souvent dans les murs d’une école, même catholique.

Donner du temps pour rencontrer les jeunes et répondre à leurs questions, leur rendre confiance par un regard bienveillant et une parole d’espérance, ne pas perdre patience ni enfermer un élève derrière une étiquette, créer une atmosphère éducative qui contribue à la liberté intérieure de chacun… Pour un directeur, c’est une tâche de tous les instants que de faire de son établissement scolaire une communauté qui vive au diapason de l’Évangile, à commencer par lui-même !

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Enraciné dans la prière

Tous ces chantiers s’invitent dans la prière de Jean-Christian : ils nourrissent ses temps d’oraison et parfois la parasitent quelque peu, reconnaît-il, lorsque les préoccupations sont trop fortes. Mais pour lui, ils sont surtout l’occasion de remercier ou de demander : « L’oraison donne aussi un certain recul face aux situations qui sont parfois difficiles : elle invite à les considérer dans la lumière de Dieu et de sa Parole ».

Ce temps de prière quotidien et les temps de ressourcement annuels sont surtout une affirmation de l’amour premier de Dieu : « Donner du temps à Dieu quelles que soient les contraintes de l’agenda, c’est reconnaître que toute l’activité déployée dans l’apostolat est seconde ». C’est l’Esprit Saint qui construit l’Église…