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A la suite de…ils se sont livrés à l’Esprit Saint…ferment de sainteté au cœur du monde…au service des plus démunis…mettant toute leur intelligence au service de la foi…D’une jeune sainteté contagieuse !Témoins d’une espérance…Artisans de paix…brûlés par la soif du salut des hommes…Ils ont porté l’Evangile au loin
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Saint Cloud et le temps des fondations

Père Yvon Aybram
Extrait de la fiche n°3 "Quatre figures de prêtres" pour l'Année Sacerdotale du diocèse de Nanterre

Saint Cloud construit son monastère
"Saint Cloud construit son monastère"
Jules-Alexandre Duval Le Camus
© Sylvain Ageorges
On l’appelait Clodoald et dans la langue franque son nom signifiait "illustre et redoutable". Né en 522, il était le petit-fils du roi Clovis qui s’était fait baptiser par saint Rémi, à Reims, le 25 décembre 498, et de sainte Clotilde qui, de son côté, était issue d’une famille catholique. Clovis devint ainsi le premier roi barbare catholique et, par le fait, le défenseur de l’Église. Ainsi, des monastères seront établis afin de protéger les agglomérations par la prière : ce sera éminemment le cas à Saint-Cloud.

De la logique de la vengeance à celle du pardon

En dépit de cette conversion, les moeurs des Francs étaient demeurées rudes et cruelles : la vengeance était de mise et l’on n’hésitait pas à tuer ceux qui faisaient obstacle aux ambitions de pouvoir et de possession. Ainsi, à la mort de Clovis, ses quatre fils se partagèrent le royaume paternel : il s’agissait, pour chacun, de s’imposer par la force plutôt que par la qualité de l’administration… On cherchait à s’accaparer des territoires riches de chevaux et d’esclaves pour faire la guerre…

Ainsi, Clodomir, le second fils, était devenu roi d’Orléans ; il épousa Gondioque qui lui donna trois fils : Théodebald, Gunthar (Gonthier) et Clodoald. Il passa le plus clair de son règne à guerroyer. Il fut tué en 524, lors d’une bataille, après avoir été trompé par des adversaires qu’il poursuivait. Conformément à la loi salique, sa tête fut tranchée et plantée au bout d’une lance, en signe d’accomplissement d’une faide (vengeance d’honneur dans la tradition germanique).

Ses trois fils furent recueillis par sa mère, Clotilde, tandis que sa veuve épousa son beau-frère, Clotaire ; mais cela ne suffit pas pour que ce dernier obtienne le territoire de son défunt frère : la loi salique imposait le partage du royaume entre les fils de Clodomir.

Le troisième fils de Clovis, Childebert, craignant que la reine mère ne plaçât les enfants de Clodomir sur le trône, invita Clotaire à Paris pour élaborer un accord. Voulant récupérer le territoire de leur défunt frère, ils décidèrent de tondre ou tuer leurs neveux. S’étant emparés, par ruse des enfants, les oncles envoyèrent un émissaire à Clotilde ; il portait une paire de ciseaux et une épée : il demanda à la reine-mère ce que ses fils devaient faire de leurs neveux : les laisser vivre avec les cheveux coupés ou les égorger. La reine répondit : "S’ils ne sont pas élevés au trône de leur père, j’aime mieux les voir morts que tondus." Il semble qu’elle redoutât les guerres civiles qui pourraient être engendrées par la suite : les cheveux longs, symbole de royauté chez les Francs, finissant toujours par repousser, Théodebald, Gunthar et Clodoald auraient pu revendiquer le trône un jour ou l’autre…

Sans pitié, Théodebald et Gunthar furent sauvagement égorgés par leurs oncles, tandis que Clodoald, qui n’avait que quatre ans, parvint à échapper au massacre grâce à l’aide de serviteurs fidèles.

On le mit à l’abri des poursuites vengeresses en le cachant peut-être à Tours, près du tombeau de saint Martin. C’est là que le jeune homme aurait eu la révélation d’une vocation à la vie religieuse.

Il se coupa alors lui-même les cheveux au cours d’une cérémonie par laquelle il déclarait qu’il renonçait à la royauté. Et même s’il eut plusieurs occasions de recouvrer les États de son père, il ne voulut point en profiter. La grâce lui avait ouvert les yeux sur la vanité des grandeurs terrestres. Il choisit de s’engager sur la voie du pardon.

Saint Cloud ordonné prêtre
"Saint Cloud ordonné prêtre"
Jules-Alexandre Duval Le Camus
© Sylvain Ageorges
Une vocation sollicitée par le peuple

Il se consacra entièrement au service de Dieu : après avoir distribué aux églises et aux pauvres les biens que ses oncles n’avaient pu lui ravir, il se retira auprès d’un saint religieux, Séverin, qui menait une vie solitaire et contemplative dans un ermitage aux portes de Paris. Le jeune prince devint son disciple et reçut de ses mains l’habit religieux. Il demeura quelque temps en sa compagnie, pour s’y former à toutes les vertus monastiques.

Mais, très vite, la réputation de sa sainteté se répandit et celui qui voulait être ermite était trop sollicité. Il se retira donc une nouvelle fois en un lieu inconnu (peut-être en Provence ou peut-être encore près de Rocamadour, dans le Quercy ?) ; mais il fut retrouvé à cause des témoignages que l’on rapportait sur sa sagesse, sa charité et ses miracles. Ainsi : un pauvre vint demander l’aumône au saint. Le moine ne possédait rien, mais il ne voulut pas laisser le mendiant partir sans rien. Clodoald lui donna sa cuculle (son capuchon de moine). Le soir, ce miséreux trouva l’hospitalité d’une chaumière. La nuit, le vêtement rayonna d’une clarté surnaturelle qui illumina toute la maison ! Comment ne pas entendre un écho de l’Évangile : "Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait." (Mt 25, 40) ?

Il se rendit finalement aux sollicitations de ses amis et rentra à Paris. Ses oncles, qui ne devaient plus avoir d’inquiétude quant à ses intentions, le rappelèrent eux aussi…

Entendant l’opinion du peuple, les notables se rassemblèrent et ils décidèrent de demander à l’évêque Eusèbe d’ordonner Clodoald prêtre : c’était en 551. La vocation sacerdotale peut s’exprimer de bien des manières et on aurait tort de la limiter à un appel privé et intime ; le Concile Vatican II l’exprime clairement : "Le devoir de cultiver les vocations revient à la communauté chrétienne tout entière" (Optatam totius n° 2).

Pour la première fois, un prince de sang royal recevait l’ordination sacerdotale dans notre pays.

Les oncles, décidément rassurés ou convertis (?) dotèrent leur neveu de quelques terres, dont celles de Nogent : il vint s’y installer avec quelques compagnons et il y fonda un moustier (monastère).

De fait, on observe qu’au cours des 6ème et 7ème siècles, la précarité de la vie et la brutalité des moeurs amenèrent de nombreux laïcs à quitter le monde. Si le monachisme avait connu un premier élan grâce au rayonnement de saint Martin de Tours, c’est à l’époque mérovingienne que les fondations se multiplièrent.

Choeur de l'église Saint Clodoald
Choeur de l'église Saint Clodoald
Jules-Alexandre Duval Le Camus
© Sylvain Ageorges
Nogent était alors peuplé de vétérans de l’armée romaine auxquels on avait donné ce territoire, de l’autre côté de la Seine, pour y survivre avec leurs familles. Il semble qu’existait déjà une église dédiée à saint Probas.

Dans son souci pastoral, le Saint travailla en même temps à édifier une Église de pierres vivantes en prenant soin des pauvres habitants de la localité quelque peu abandonnée et à élever un sanctuaire plus digne, qu’il dédiera à saint Martin pour rassembler ces chrétiens dans l’emprise du monastère. En témoignent bien les deux peintures symétriques du choeur de l’actuelle église Saint-Clodoald ; l’une représente l’abbé dirigeant les travaux de construction du lieu de culte, l’autre le montrant en train de faire l’aumône et de s’occuper de malades.

Ces hommes qui vivaient misérablement de chasse et de pêche apprirent des moines à défricher et à cultiver les terres ainsi mises en valeur. Sans doute l’implantation de la vigne sur les coteaux du fleuve date-t-elle de cette époque.

Une profonde empreinte

Clodoald vécut sept années à Nogent. Il marqua profondément et durablement l’endroit. C’est à ce titre que l’on peut évoquer la belle légende du "Pas de saint Cloud" : le moine se rendit sur le bateau qui transportait par la Seine les matériaux pour son église, se chargea d’une colonne, mais, épuisé par le fardeau, son pied glissa ; l’effort qu’il déploya pour retrouver son équilibre fut tel que le chemin garda l’empreinte de son pas ! Toujours est-il qu’à partir du 7ème siècle Nogent prit le nom de Saint-Cloud.

Pour éviter tout risque que ses propriétés ne deviennent à sa mort l’objet de convoitises, il les légua à l’évêque de Paris.

Il mourut le 7 septembre 560 et ses disciples l’inhumèrent dans la crypte de l’église qu’il avait bâtie : celui-ci devint tout de suite un lieu de pèlerinage très couru.

 

Prière à l’intercession de Saint Cloud

Grand saint Cloud, tes qualités évangéliques ont brillé d’un tel éclat,
Qu’elles ont conduit l’évêque de Paris à t’ordonner prêtre
À la joyeuse et unanime demande du peuple chrétien.

Nous te prions d’intercéder auprès du Père
Pour les hommes et les femmes de notre pays,
Et, en particulier, pour les habitants de cette ville
Qui a tellement été marquée par ta vie, par ta mort
Et par toutes les merveilles réalisées sous ton invocation.

Que Jésus Christ, unique bon Pasteur,
Suscite des prêtres humbles, vibrants de charité et donnés au ministère,
Soucieux d’édifier l’Église au coeur de la cité,
Proches des petits et des pauvres,
Comme tu le fus toi-même sur les rives de la Seine.

Que l’Esprit Saint fasse entendre son appel
À beaucoup d’enfants et de jeunes
Prêts à travailler pour que vienne le règne de Dieu,
Pour illuminer leurs frères des clartés de l’Évangile
Et pour les sanctifier dans la célébration des sacrements.

Ô grand saint Cloud, que tes prières soutiennent les nôtres
Afin que notre pays et notre diocèse aient la joie d’accueillir des prêtres nombreux,
Des prêtres saints qui aiment passionnément leur prochain,
Au point de se consacrer totalement pour son service et son bonheur.

Amen.


Inspirée d’une prière de la fin du 19ème siècle : l’une des intentions du pèlerinage restauré en 1863 était les vocations sacerdotales. Le chanoine Pierre Romand était alors curé et monseigneur Jean-Pierre Mabille évêque de Versailles (dont dépendait Saint-Cloud). La confirmation du pape Pie IX arriva en 1864.

 

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