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La sainteté aujourd’hui : comment peut-on être chrétien dans une société inhumaine ?

Cardinal Jean-Marie Lustiger, Archevêque de Paris
Extrait d’une catéchèse sur la sainteté lors des JMJ à Rome le 18 août 2000

Mes amis, disciples de Jésus,

quelle que soit la manière dont vous, vous inscrivez votre vie dans la vie de l’Eglise, Jésus nous désigne, tous ensemble, comme "le sel de la terre" (Mt 5, 13). Voilà notre mission ! C’est là l’un des plus beaux noms de l’Eglise !

Comment peut-on être chrétien dans une société inhumaine ?

L’Évangile, ou bien vous l’arrangez pour qu’il soit au goût du jour, acceptable par tous et ce n’est plus la Parole de Dieu; ou bien vous le prenez tel qu’il est et vous vivez à contre-courant.

Une anecdote (que les publicitaires parmi vous me pardonnent !). Lors des JMJ à Paris, nous avions convoqué des spécialistes de la communication. Certains nous ont dit: "Votre affaire, c’est ringard ; on va vous arranger cela !". Alors, ils ont fait un Evangile- mode ; ils l’ont lissé, ils ont enlevé les aspérités, c’est-à-dire tout ce qui leur paraissait gênant au regard des modes actuelles et selon des sondages d’opinion. Il n’en restait quasiment rien. Je leur ai dit: "Et le pape alors ?"-"Le pape, non; il est trop vieux ; ce n’est pas la peine d’en parler !". Enfin, un autre prit la parole: "Nous avons fait lire les Évangiles à nos collaborateurs et nous nous sommes dit: "Il y a là-dedans des phrases extraordinaires; ce n’est pas la peine de chercher des slogans ; il suffit de les imprimer brutes de décoffrage, et c’est un coup de poing dans l’estomac". Vous, les Parisiens, vous avez vu dans le métro et sur les murs de Paris de grandes affiches avec seulement une phrase, telle: "Aimez vos ennemis".

Jeune tendant les mains à travers des barreaux
© A.B.

L’Évangile est comme un révulsif. Et les chrétiens, s’ils y sont fidèles, ne peuvent pas ne pas être en contradiction avec les tendances lourdes de la société. Faut-il pour autant partir dans le désert, nous mettre en dissidence, jouer aux exclus, rester en dehors de la course ? Ce n’est pas ce que le Seigneur nous demande. Il nous demande de porter la contradiction à l’intérieur même du combat spirituel des hommes. Pourquoi ?

Lorsqu’une société entière place comme objectifs prioritaires l’argent, le sexe, le pouvoir, la domination, l’avidité de posséder, qu’en résulte-t-il ? Une société qui n’est plus digne de l’homme ; elle produit des exclus, elle sacrifie des personnes ; pour faire vivre certains, elle se croit obligée d’en tuer d’autres. Mais, on ne peut pas passer des hommes au compte profits et pertes ! Ce n’est pas possible.

L’attitude enseignée par le Christ dans l’Évangile n’est pas contestation, destruction, opposition systématique ; elle consiste à prendre sur soi, par amour de Dieu et des hommes, la charge de la preuve. Même s’il faut pour cela aller à contre-courant. Ainsi les disciples du Christ peuvent aider les hommes à devenir plus humains.

Nous devons respecter inconditionnellement la dignité de tout être humain. Nous devons respecter la sexualité et la fécondité humaines. Alors, nous travaillerons à ce que la relation de l’homme et de la femme ne soit pas dégradée. Ainsi, cette réalité fondamentale qui n’est pas réductible à la condition animale sera pleinement humaine ou deviendra plus humaine. La relation de l’homme et de la femme est aujourd’hui blessée dans sa dignité ; elle doit être guérie, sauvée pour être vécue conformément à leur vocation d’êtres "créés à l’image et à la ressemblance de Dieu".

Si vous vous mariez, si cette grâce vous est donnée, vous aurez à construire votre couple non pas sur le modèle régnant dans la société, mais en vous fondant sur la Parole de Dieu et la grâce du Christ. Ainsi vous donnerez la preuve, au prix parfois d’un amour crucifié et toujours d’un oubli de vous-mêmes, que l’amour humain a une plus haute ambition qu’il reçoit de Dieu lui-même. L’homme et la femme qui s’unissent dans le sacrement de mariage sont appelés à manifester en ce monde - pour eux-mêmes et l’un pour l’autre, pour leurs enfants, pour la société entière - la fidélité de Dieu qui, en son Christ, épouse l’humanité et fait de l’Église son unique Épouse, - irrévocablement. "Le Christ a aimé l’Eglise ; il a livré sa vie pour la sauver. Il a voulu ainsi la rendre sainte." (Ep 5, 24s).

C’est en ayant un cœur de pauvre et un esprit de service qu’on aide une société tentée par la volonté de puissance à ne pas y succomber au péril de l’homme. Rappelez-vous les consignes de Jésus à ses apôtres lorsque à la veille de la Passion ils se disputent pour savoir qui est le plus grand (Lc 22, 24-27). Rappelez-vous la démarche de Madame Zébédée, la mère des fils de Zébédée (Mt 20, 20-28) ; elle s’approche de Jésus et lui demande : "Ordonne que dans ton Royaume mes deux fils siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche", accorde-leur les postes de premier et de second ministres ; garde-les près de toi. Jésus dissipe toute équivoque et toute illusion : "Vous ne savez pas ce que vous demandez… Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur. Si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave". Même dans les conflits les plus durs, si vous devez défendre vos intérêts ou ceux des autres, vous êtes appelés à traiter l’ennemi non pas comme l’adversaire qu’il faut détruire, mais comme le frère qu’il faut aimer et respecter quoi qu’il en coûte.

Impossible aux hommes…

Jeunes s’amusant avec un tuyau d’arrosage
© A.B.

"Mais, direz-vous, c’est impossible qu’il en soit ainsi !" Il faut bien qu’une hiérarchie soit établie dans une société, ne serait-ce que du point de vue pratique. Par exemple, dans ce stade il y a heureusement un capitaine des pompiers qui donne des ordres pour répartir judicieusement ceux qui vous arrosent à temps afin que vous ne soyez pas complètement rôtis par le soleil ! Mais si le capitaine est un vrai disciple du Christ, comment agira-t-il ? Réfléchissez. Même en donnant énergiquement des ordres, il doit agir en serviteur.

L’Évangile nous fait participer à la vie de Dieu ; l’Esprit Saint nous donne la force et la grâce d’être à contre-courant, non pas tant pour le plaisir de s’opposer, mais pour travailler au salut de l’homme, alors même qu’il est l’auteur de sa propre perte. Si les hommes se détruisent, Dieu, lui, veut les faire vivre. Et pour les faire vivre, leur donner d’obéir à sa loi d’amour en opposition avec la loi de la horde ! Mes amis, comme disciples de Jésus, vous serez obligés d’être en rupture, d’une manière ou d’une autre.

C’est en vivant dans l’amour de la pauvreté, avec la capacité de donner de sa richesse et de son surplus qu’on aide une société qui produit des biens abondants à ne pas être une société injuste et égoïste. Vous gagnerez votre vie; vous aurez de l’argent; il faudra que vous n’en soyez pas esclaves, que vous le partagiez pour qu’il serve à vos frères à l’exemple de Zachée (Lc 19, 1-10). Pour voir Jésus qui va passer à la sortie de Jéricho, il grimpe dans un sycomore, car il était de petite taille. Jésus lève les yeux, le fait vite descendre : "Il me faut demeurer dans ta maison." Comme Zachée l’accueille, tous murmurent : "Il est allé loger chez un pécheur !". Alors Zachée dit au Seigneur : "Je donne la moitié de ce que je possède aux pauvres ; et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je lui rends le quadruple" (ce n’est pas si mal !) - "Aujourd’hui, dit Jésus, le salut est venu pour cette maison."

Disciples de Jésus, nous sommes appelés à être à contre-courant de toute société. "Mais, objecterez-vous, n’y a-t-il pas eu des époques où la société était chrétienne ?" Certes. Cependant, lorsque Saint François a épousé Dame Pauvreté en se dévêtant complètement devant l’évêque d’Assise, signifiant ainsi qu’il ne voulait rien garder de la richesse paternelle, son geste a causé quelque émoi parmi les gens bien nantis de l’Ombrie, et d’abord pour son papa !

L’amour de la richesse, l’ambition, bref, toutes les idoles dont parle Jésus sont constamment là qui captivent le cœur de l’homme et lui enlèvent de sa liberté. Mais prenez bien garde ! Toute notre vie, nous aurons à lutter pour que la foi triomphe en nous du refus de croire et de nous fier en la puissance de Dieu, pour que la vie triomphe en nous de la fascination de la mort, pour que l’amour triomphe en nous du refus d’aimer et l’emporte sur notre désespoir quand nous péchons, pour que l’amitié et le pardon soient plus forts que le ressentiment. Pour que nous acceptions de suivre le Christ jusqu’au bout et, s’il nous en donne la grâce, de vivre la dernière des Béatitudes : "Heureux êtes-vous lorsqu’on vous insulte, vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux" (Mt 5, 11). "Et vous serez les fils du Très Haut" (Lc 6, 35).

Mes amis, disciples de Jésus, quelle que soit la manière dont vous, vous inscrivez votre vie dans la vie de l’Église, Jésus nous désigne, tous ensemble, comme "le sel de la terre" (Mt 5, 13). C’est là l’un des plus beaux noms de l’Église ! Et il ajoute : "Si le sel perd de sa saveur, comment redeviendra-t-il du sel ? Il ne vaut plus rien, on le jette dehors et il est foulé aux pieds par les hommes".

"Le sel de la terre" : voilà notre mission. Nous sommes ceux qui doivent empêcher que la porte de l’égoïsme du monde et de l’homme ne se referme sur l’homme, et garder grande ouverte la porte de la liberté, de l’amour, de la générosité. Si vous en restez à des mots et des discours, cela ne sert à rien. Si vous vous efforcez de garder cette porte ouverte, cela veut dire, à la suite du Christ, souvent donner sa vie.

Père Dyèvre aux JMJ de Rome
© A.B.

Surtout, n’ayez pas peur. Ne dites pas : "Moi, je n’ai pas l’étoffe d’un héros, je ne vois pas comment je pourrais faire pour avoir une conduite de ce genre". Le Seigneur lui-même vous dit : "Ne vous inquiétez pas. Si jamais vous êtes mis dans cette situation, l’Esprit du Père que je vous enverrai parlera en vous, vous dira que dire, vous donnera la force de le faire (cf. Mt 10, 19-20).

Si nous nous fions à notre propre richesse, si nous nous traçons de nous-mêmes ce programme d’action, nous ne pouvons qu’être terrorisés. Comme le jeune homme riche dans l’Évangile (Mc 10, l7sq). En courant, il vient voir Jésus sur la route et, se jetant à genoux, lui demande : "Bon maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ?" -"Tu connais les commandements." - et Jésus les énumère. "Tout cela, je l’ai observé dès ma jeunesse". Alors Jésus le regarda et se prit à l’aimer il reconnut en lui cet amour du Royaume de Dieu. Et il lui dit : "Une seule chose te manque : va, vends tous tes biens, donne-les aux pauvres, tu auras un trésor dans le ciel, et puis, viens, suis-moi".

Suivre Jésus, c’est obéir à l’amour de Dieu, tout donner à Dieu. Dans cette voie, "celui qui cherche sa vie, la perdra, dit Jésus celui qui la perd à cause de moi la trouvera" (Mt 10, 39). En trouvant Dieu, nous recevons plus encore que nous n’abandonnons.

Alors, cet homme s’en va tout triste, car il a de grands biens, il n’arrive pas à s’en délivrer. Et Jésus, regardant ses disciples, a cette phrase : "Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le Royaume des cieux !" Ce n’est pas seulement ni d’abord une question d’argent ; le riche de l’Évangile, c’est celui qui est possédé par sa richesse. On peut être riche en ce sens avec peu d’argent, avec simplement son orgueil, sa suffisance, sa peur ; on peut être riche avec ce qui vous habite, ce qui vous possède et vous empêche d’être libre ! Pauvre richesse ! Les apôtres sont effrayés et de plus en plus déconcertés. Jésus redit: "Mes enfants, qu’il est difficile d’entrer dans le Royaume des cieux ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu !" Cette image très forte signifie que c’est littéralement impossible. D’où la réaction des disciples : "Alors, qui peut être sauvé ?"

… mais tout est possible à Dieu !

Pour mettre les points sur les i, Jésus ajoute : "Aux hommes, c’est impossible, mais pas à Dieu, car tout est possible à Dieu". C’est la phrase que l’ange Gabriel a dite à Marie le jour de l’Annonciation (Lc 1, 37) ; c’est aussi la phrase qui avait été adressée à Abraham lors de la promesse de la naissance d’Isaac (Gn 18, 14). Celle phrase-là nous dit en peu de mots que nous n’avons pas à prétendre remplir cette mission de sainteté par nos pauvres forces. Nous ne pouvons la remplir qu’en nous laissant saisir par la grâce confondante de Dieu, par son amour miséricordieux qui nous transfigure, nous porte dans son pardon et nous permet de faire ce dont nous n’imaginons pas être capables.

Vous êtes les enfants de ce siècle, vous êtes la première génération du 21ème siècle. Vous entrez comme adultes dans le troisième millénaire. Vous avez une tâche précise à accomplir en suivant le Christ pour répondre à votre vocation. Mais vous avez aussi à vous construire vous-mêmes.

Au regard des pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du Sud, vous êtes issus d’un des pays du monde les plus favorisés, non seulement par la liberté civile, mais par les biens matériels. Cependant, pour beaucoup d’entre vous, vous n’avez pas appris à vous construire dans votre vie morale et votre caractère, dans votre amour de Dieu, la prière et l’usage des sacrements.

Jeunes devant une église
© A.B.

Souvent, des journalistes tentent de m’expliquer : "La jeunesse d’aujourd’hui a abandonné l’Église, elle ne va plus à la messe le dimanche, elle ne se confesse plus, etc.". Je leur réponds: "Vous rêvez ? La plupart d’entre eux ne sont jamais allés à la messe tous les dimanches ; beaucoup n’ont pas lu l’Evangile en entier ; ils n’ont pas forcément été catéchisés. J’en connais qui se présentent parce que Dieu les appelle peut-être au sacerdoce et qui n’ont pas été confirmés, quelques-uns même ne se sont jamais confessés. Ce n’est pas une génération pratiquante qui aurait abandonné la pratique, ni une génération chrétienne qui aurait cessé d’être chrétienne. Mais une génération de jeunes qui savent l’existence de cette richesse inouïe, de ce trésor qu’est l’Évangile ; ils voudraient le recueillir, l’avoir, le connaître, mais ils ne l’ont pas encore reçu, pas encore vu. Ils voudraient le voir."

Dans votre découverte, dans votre "suite du Christ", vous devrez apprendre à vous construire vous-mêmes. Par exemple apprendre à prier, à prier chaque jour ; apprendre à découvrir l’Eucharistie et à entrer ainsi dans ce chemin de sainteté. "Alors, me direz-vous, il faut aller à la messe tous les dimanches ou plus souvent si on veut devenir un saint ?"

Il ne faut pas "aller à la messe", il faut comprendre que la messe, l’Eucharistie, c’est le Christ qui se rend présent, qui offre son amour à ses frères ; c’est lui qui vous invite. Il ne faut pas que "vous alliez à la messe" ; il faut que vous répondiez à l’appel du Christ qui vous aime et vous invite à recevoir son Corps et son Sang et à retrouver des frères et des sœurs dans la foi. Sa présence appelle votre présence.

Qu’importe si vous vous trouvez à la messe dans une église perdue au fond d’une campagne ou cachée dans un faubourg de ville et ne rencontrez qu’une vieille femme. Rappelez-vous à ce moment-là celle dont Jésus a parlé à ses apôtres après l’avoir vu mettre son obole dans le tronc. Cette vieille femme qui, en apparence, n’a pas la joie de la jeunesse - votre joie que nous partageons ici et dont vous offrez le spectacle au monde, cette vieille femme pourtant, peut-être donne-t-elle toute sa vie, elle aussi ; et vous devez la voir avec les yeux du Christ. Même si elle ne chante pas comme vous, si elle ne danse pas comme vous, si elle ne prie pas comme vous, elle est une sœur aînée, une mère aussi, une figure de l’Église qui peut vous enseigner quelque chose de l’amour de Dieu, avec ses mots à elle qui ne sont pas les vôtres ; pour qu’à votre tour vous soyez des témoins.

Y a-t-il des différences entre un homme vertueux et un homme saint ?

Prenons l’exemple du Curé d’Ars. C’était un prêtre du 19ème siècle, fils de paysans, au lendemain de la Révolution française et de l’Empire. Imprégné de la foi chrétienne par sa famille, il a été formé hâtivement. Il a passé sa vie à confesser dans un petit village perdu qui est devenu un lieu où les foules se sont précipitées pour prier, se convertir, se confesser, y compris les gens les plus huppés et les plus savants de l’époque. Le Curé d’Ars, qui était un homme simple, droit, priait constamment et donnait sa vie comme serviteur de Jésus et du pardon de Dieu ; il passait son temps à dire : "Je ne suis qu’un pauvre pécheur".

L’homme vertueux ne dira pas forcément cela, conscient de la vertu qu’il s’efforce d’acquérir. Le saint, lui, plus il avance en sainteté, plus il suit Jésus, plus il s’en découvre indigne. Pourquoi ? Est-ce une maladie mentale ?

Qu’est-ce que devenir saint ? C’est être saisi par l’amour dont Dieu nous aime. L’amour dont le Père nous aime en nous donnant son Fils, en nous pardonnant nos péchés, en nous transfigurant, en nous permettant de faire ce que nous n’aurions pas eu la force de faire, c’est-à-dire d’aimer comme Jésus nous aime. Plus nous découvrons l’amour, plus nous reconnaissons que nous ne savons pas aimer, que nous n’en sommes pas dignes. C’est le grand saint qui prend conscience peu à peu qu’il est un homme pécheur. Celui qui n’aime pas ne sait pas qu’il manque à l’amour. Tant qu’il ne s’est pas laissé toucher par l’amour du Christ et ne l’a pas découvert, il ne se rend pas compte encore à quel point il aime peu.

Lorsque vous vous interrogez sur votre vie, vous vous dites : "Je ne fais pas tellement de choses mauvaises, en gros ; il y a bien ceci, il y a bien cela, mais enfin c’est vite dit. A part cela, qu’est-ce que je fais de mal ? Pas grand chose, des broutilles ! Que dois-je faire de plus ?"

Réponse : Tournez votre regard vers le Christ; priez; découvrez la grandeur de son amour ; contemplez le mystère de la Croix ; regardez le Christ qui vous donne la Vie ; laissez-vous saisir par la grandeur de l’amour dont il vous aime. Alors dans sa miséricorde, dans son amour, vous découvrirez le péché, vous découvrirez que vous n’êtes pas saints. C’est lui qui vous sanctifie.

C’est lui qui fera de vous des saints.


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