Comment devenir saints ?

"Vous donc, vous serez parfaits comme Votre Père Céleste est parfait" (Mt 5, 48) (…) A certains moments nous trouvons que l’Amour est trop ambitieux, que l’Amour est trop exigeant et nous nous contenterions facilement d’un peu moins d’Amour et d’un peu moins d’exigences, d’un peu moins de prédilection, d’un peu moins de faveur. Surtout que l’Amour ne nous demande pas d’être parfaits ! Il nous suffit d’être honnêtes !

Dieu est-il trop ambitieux pour nous ?

Dieu est ambitieux, Il ne veut pas seulement que nous soyons honnêtes, Il veut que nous soyons saints. Il ne veut pas seulement que nous soyons obéissants conformément à la Loi, Il veut encore que notre cœur désire sa Volonté. Il ne veut pas seulement que nous lui donnions une obéissance extérieure, une obéissance à des ordres et des commandements, mais Il veut une obéissance intérieure qui nous fait trouver notre joie et notre bonheur dans ce qu’Il nous demande. Il est ambitieux au point qu’Il ne se contente pas d’avoir des serviteurs mais qu’Il veut des amis. Il ne se contente pas d’avoir un peuple, Il veut une famille. Il ne se contente pas d’avoir des créatures, Il veut des fils et des filles.

L’Alliance que Dieu nous propose n’est pas une alliance de mercenaires ou de serviteurs mais une Alliance de fils et de filles par laquelle Dieu veut faire de nous des saints.

Quelles sont nos images de la sainteté ?

jeunes
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Le Pape Jean-Paul II a fait beaucoup de saints. Il a voulu faire passer un message au peuple chrétien : la sainteté n’est pas liée à un destin extraordinaire.

Bien sûr, les saints que nous connaissons ont pour la plupart vécu des existences extraordinaires, et il est normal que ceux-là soient connus, mais ils ne sont pas connus parce qu’ils sont saints, ils sont connus pour les destins extraordinaires qu’ils ont traversés. Mais la sainteté ne se réduit pas aux saints canonisés, elle concerne tous ceux qui vivent la Volonté de Dieu dans le destin ordinaire d’une existence même si elle n’est pas connue.

Elle ne se réduit pas non plus à une période de l’histoire, même si l’on sait très bien qu’il y a des périodes qui ont été plus fécondes en saints.

La sainteté est liée à la puissance de Dieu à l’œuvre à travers le monde et cette puissance ne se développe ni ne se réduit selon les époques, c’est notre capacité à l’accueillir qui change. La sainteté n’est pas liée à un état de vie, même si nous connaissons plus de saints religieux, consacrés, retirés du monde, ermites, moines… que de saints laïcs occupés à des travaux ordinaires.

Mais là encore, ce n’est pas parce qu’ils ont été distingués grâce à leur communauté ou leur famille spirituelle, ou parce que beaucoup de monde ont prié par leur intercession… qu’ils sont les seuls saints !

Le Pape Jean-Paul II a essayé, à travers les canonisations, de montrer qu’il y a eu des saints dans la période moderne et des saints qui ont eu une vie ordinaire, des saints dans tous les états de vie ! Il y a des saints dans notre temps, aujourd’hui, dans les familles, les ménages, les jeunes, les vieux, les bien-portants, les malades ; il y a des saints dans toutes les circonstances de la réalité. Il nous faut donc passer de notre image de la sainteté alimentée et marquée par les faits extraordinaires de la vie des saints pour venir à la réalité quotidienne de la sainteté.

Comment devient-on saint ?

Pour nous, le saint, c’est d’abord une image, un vitrail, un tableau, une histoire. Souvent, on ne connaît du saint que le produit fini, le saint canonisé. On connaît moins bien le chemin qui l’a conduit à la sainteté mais cela, il faudrait que chaque chrétien tâche de l’apprendre. Comment devient-on saint ? Que faut-il faire ? Dans la tradition chrétienne, nous avons deux mouvements apparemment contradictoires, en tous cas assez différents qui nous aident à comprendre comment on aborde la sainteté.

Ces deux mouvements sont représentés dans le Nouveau Testament.

Le premier mouvement pourrait être appelé le volontarisme. Dans cette perspective, la sainteté est une espèce de challenge, de record à battre, de combat permanent contre soi-même, le monde, ses tendances, contre la beauté, contre tout ce qui nous tente. Choisir non pas ce qui nous plaît le plus, mais ce qui est le meilleur, non pas ce qui nous est le plus agréable mais ce qui nous coûte le plus, une éducation à la rectitude morale.
On ne fait pas de bons chrétiens, et a fortiori des saints, avec des gens qui vivent dans le mal. Pour progresser dans la sainteté, il nous faut déjà exercer un jugement moral sur notre vie, regarder ce qui est bien, ce qui est mal. Avoir l’honnêteté de reconnaître qu’il y a chez nous des choses qui sont mauvaises et qu’il nous faut corriger, des choses qui sont bonnes et qu’il nous faut développer. Bref, vivre avec une conscience active. Dans l’Evangile, le Christ nous dit que le chemin est escarpé qui mène au Royaume, qu’il faut choisir la porte étroite, que la porte qui permet d’entrer est réduite : si l’on est chargé de trop d’embarras, d’attachements, de biens, on ne peut pas passer, on est bloqué.
Bref, il y a à vivre tout un cheminement le long d’une pente montante, d’une pente d’efforts, de décisions et de travail.

Famille en promenade
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L’autre orientation, on peut la nommer quiétisme. On y reste sans agir. C’est l’orientation qui consiste à dire : la sainteté est un pur don de Dieu, on n’y peut rien du tout ! Dans sa version la plus commune, il y aurait pour chacun de nous comme une sorte de prédestination, de fatalisme qui fait que les uns naissent avec une auréole qui plane au-dessus de leur berceau et que tout semble alors concourir à leur sainteté tandis que d’autres naissent avec de sombres nuages et toute leur existence est une sorte de cataclysme.
Dieu devrait nous prendre tels que nous sommes, nous ne pouvons pas changer grand-chose : "J’ai mauvais caractère, je suis menteur, je suis paresseux… Je n’y peux rien, il faut me prendre comme je suis !"
Il y a une espèce de résignation qui nous conduit à dire : "Si Dieu veut que je sois saint, c’est son problème, qu’Il se débrouille !" Cette tendance existe aussi dans le Nouveau Testament. Après le dialogue avec le jeune homme riche et Jésus dans l’Evangile, il nous est dit que les disciples, qui ont entendu ce que Jésus lui a dit : "Une seule chose te manque, va, vends tous tes biens, distribue-les aux pauvres, puis viens, suis-moi !", demandent : "Si c’est ça, qui pourra être sauvé ?" Qui pourra être saint si la sainteté est à un tel prix ?
Et le Christ répond : "Aux hommes c’est impossible mais rien n’est impossible à Dieu."

Il y a deux manières de concevoir la vie chrétienne : une vie chrétienne de l’effort, du combat, de la lutte et une vie chrétienne de la grâce, de l’abandon mais peut-être aussi de l’inactivité, de l’inaction.

Une dualité qui est signe de notre liberté

En réalité, il faut tenir les deux ensemble, car c’est Dieu qui nous sanctifie par le don de Son Amour et de Sa Vie. Ce n’est pas nous qui nous faisons saints, c’est Dieu qui nous sanctifie, qui nous engendre à une vie nouvelle. Nous ne devons pas vivre comme ceux qui n’ont pas d’espérance ; cette vie nouvelle doit transformer notre manière de vivre jusque dans ses habitudes les plus quotidiennes.

Cette double dynamique, la dualité qui habite notre cœur est le signe de notre liberté.

L’épître aux Romains (Rm 7, 14-23) nous aide à comprendre ce chemin :

"Nous savons que la Loi est spirituelle mais moi, je suis un être de chair vendu au pouvoir du péché. Ce que je fais, je ne le comprends pas, car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais. Or, si je fais ce que je hais, je reconnais, d’accord avec la Loi, qu’elle est bonne. En réalité, ce n’est plus moi qui accomplis l’action, c’est le péché qui habite en moi. Car je sais que nul bien n’habite en moi, je veux dire dans ma chair. En effet, vouloir le bien est à ma portée mais non pas l’accomplir, puisque je ne fais pas le bien que je veux et je commets le mal que je ne veux pas. Or si je fais le mal que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui accomplis l’action, c’est le péché qui habite en moi. Je découvre donc cette loi : quand je veux faire le bien, c’est le mal qui se présente à moi. Car je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de l’homme intérieur ; mais j’aperçois une autre loi dans mes membres, qui lutte contre la loi de ma raison et qui m’enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres."

Jeunes jouant au rugby
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Saint Paul nous décrit le combat intérieur de la liberté par laquelle nous sommes confrontés à l’appel de la Volonté de Dieu en nous et au dynamisme de la concupiscence, du désir de satisfaire notre propre volonté.

Ce combat de la liberté est le lieu où se joue la sainteté. Là, nous sommes invités à tout recevoir de Dieu, mais nous sommes invités aussi à tout faire selon nos propres forces pour correspondre à ce don de Dieu.

Je voudrais maintenant développer ce chemin de sainteté. Nous aurons quatre repères.

Le premier repère, c’est le désir de sainteté.

Il faut que nous partagions l’ambition de Dieu, que nous soyons capables de redevenir des enfants qui espèrent : "Je veux devenir saint !"

La sainteté est d’abord un désir avant d’être un programme : je veux devenir saint, je veux que s’accomplisse en moi l’ambition de Dieu, je veux vivre de la plénitude de Son amour et dans la plénitude de la charité avec mes frères. Il n’est pas temps encore de considérer les conditions. Il faut que nos désirs soient parfois irréfléchis, que nous soyons capables d’une passion pour l’Amour de Dieu, que notre cœur aspire à plus de bonheur, de paix et de joie, il faut que nous rêvions de la sainteté !

Nous sommes bien capables de porter des rêves moins importants et parfois même de les réaliser ! Heureusement d’ailleurs, car si le cœur de l’homme n’était pas traversé par des rêves, il serait complètement enfoui, amorphe. C’est l’ambition humaine, le désir de réaliser, le désir de progresser, de posséder qui dynamisent le cœur de l’homme. Qui n’a rêvé d’un voyage, d’une maison, d’un avion, d’un bateau, d’une voiture… ? Qui n’a rêvé de vacances ? Il faut rêver, il faut désirer, il faut souhaiter, il faut demander de devenir saint. Il faut supplier que s’accomplisse en nous le commandement du Christ : que nous devenions parfaits comme notre Père Céleste est parfait.

Deuxième condition : la purification de notre liberté.

Reprenons le dialogue entre Jésus et le jeune homme riche, car il s’agit précisément de répondre à la question que nous nous posons.

Voilà un jeune homme bien sous tous rapports qui demande au Christ : "Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ?" (voir Mc 9, 17-22). En voilà un qui désire la sainteté, il est habité d’une saine ambition : il veut posséder la vie éternelle. Quoi de plus légitime et quoi de plus beau ?

Jeune sautant
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Et Jésus posa son regard sur lui et l’aima. Eh oui ! Il est vraiment admirable, il veut posséder la vie éternelle.

"Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements." Premier niveau, première marche : mener une vie droite. Il n’y a pas de sainteté là où il n’y a pas de jugement entre le bien et le mal, si l’on est pas prêt à choisir le bien et à refuser le mal.

Alors le jeune homme lui dit : "Tout cela, je l’ai gardé, j’ai mené une vie droite, alors que me manque-t-il encore ?" Que me faut-il de plus que d’être un honnête homme ?

Jésus lui répond alors : "Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel puis viens et suis-moi."

Là, on dépasse la première marche de la vie droite et on passe à la deuxième marche, qui est la marche de la gratuité, de la grâce de l’Amour, du supplément de la générosité, du davantage. C’est la purification de la liberté.

Il y a un bon désir dans son cœur, il veut être saint et il demande ce qu’il faut faire. Y a-t-il de meilleures dispositions ?

Et Jésus lui dit ce qu’il faut faire. Le jeune homme s’en alla contristé, car il avait de grands biens. Il n’était pas prêt pour la purification de la liberté, il voulait bien devenir saint mais il voulait tout garder, à la manière de la possession de ce monde qui veut à la fois la sainteté et les satisfactions d’une vie confortable, la générosité et ne pas se priver de quelque chose, la richesse de la relation avec les autres, de l’amour fraternel et la tranquillité de la solitude, un travail intéressant, bien payé, qui donne des satisfactions à l’esprit et en même temps ne pas trop se fatiguer, être tout à fait donné et se garder complètement.

C’est ce qu’on appelle une contradiction logique, c’est-à-dire qu’on ne peut pas à la fois être blanc et noir, vouloir plus et vouloir moins, être riche et pauvre, en bonne santé et malade. Eh bien ! On ne peut pas à la fois être saint et en refuser les moyens. La purification de la liberté, c’est commencer à entrer dans ce chemin de dépossession, de dépouillement, d’abandon, de don total à la personne du Christ. Et c’est de cela que Jésus dit que c’est impossible aux hommes mais que c’est possible à Dieu : "En vérité je vous le dis, il sera difficile à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux. Oui, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux."

Troisièmement : Discerner ce que Dieu désire

A ces mots, les disciples restèrent tout interdits : "Qui donc peut être sauvé ?" disaient-ils. Fixant sur eux Son regard, Jésus leur dit : "Pour les hommes c’est impossible mais à Dieu tout est possible." Là, nous retrouvons la question des états de vie. Parce que c’est très beau de dire : "Va, vends ce que tu possèdes et suis-moi.", mais si vous êtes père ou mère de famille, ce n’est pas vraiment ce que vous pouvez faire. La Volonté de Dieu dans votre vie n’est pas d’abandonner vos responsabilités, de quitter ceux dont vous avez la charge pour aller courir l’aventure de la sainteté. La sainteté pour vous est dans la fidélité de votre vie telle qu’elle est avec ses contraintes, ses obligations, ses charges.

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Il n’est pas plus difficile d’être chrétien dans la vie religieuse que de l’être dans la vie laïque, au contraire. Car la vie religieuse, si elle est vécue selon son sens, réunit les conditions pratiques de la liberté : la pauvreté, la chasteté, l’obéissance, la vie fraternelle… Tout quitter pour suivre le Christ. Alors, quand c’est sa vocation et qu’on y a répondu, c’est un chemin relativement bien balisé. Mais quand vous avez une famille, que vous devez tenir une maison, un emploi, une responsabilité dans la société, que veut dire "tout quitter" ?

Un saint nous a éclairés sur ce sujet, c’est saint François de Sales. Il explique délicatement à ses pénitentes que la sainteté n’est pas réservée à ceux qui ont un chemin particulier, elle est proposée, offerte et demandée à tous et dans toutes les conditions et tous les états de vie. Alors, il y a plusieurs manières de répondre à l’ordre du Christ de tout quitter. Il y a la manière immédiate qui correspond à la vocation de se donner physiquement, pratiquement, concrètement, tout de suite, pour le Royaume.

Et puis il y a la manière qui consiste à le faire dans l’étalement du temps, où l’on apprend à se donner et à se détacher année après année.

Nous avons besoin de temps pour devenir vraiment libres et être capables de passer de ce monde au Père. Il nous faut toute une vie pour entrer dans ce chemin de libération, de délivrance qui nous amène au point où rien ne compte que la Volonté du Père et le choix de Dieu, où plus rien ne sert que le face à face avec celui qui nous appelle, où tout ce qui constitue notre vie est devenu inutile car on est arrivé à la délivrance du cœur par rapport à tout le superflu, pas par mépris ou par haine mais parce que le chemin a été parcouru, parce que l’on a suivi la Volonté de Dieu en toutes choses à travers les contraintes de l’existence, on arrive au moment où la liberté est enfin purifiée et capable de se donner complètement.

Je voudrais vous citer l’exemple de quelqu’un qui n’est pas canonisé. Il s’agit d’Edmond Michelet qui a été un grand résistant pendant la Seconde Guerre mondiale puis un homme politique français.

Il vaut la peine de regarder sa vie de laïc engagé dans la vie professionnelle, sociale, politique, la manière dont il a vécu ses engagements chrétiens. Il n’a pas simplement satisfait des obligations parce qu’il était un homme de devoir, mais il a vécu de la volonté et de la grâce de mettre en œuvre la charité divine dans un univers dont ce n’est pas vraiment la qualité première.

D’abord à travers la prison, les camps de concentration où tout était organisé pour dépersonnaliser, dévitaliser l’âme de l’homme. Il y a mis en pratique au prix de risques et de dangers la charité chrétienne et la solidarité humaine, quotidienne, même quand cela voulait dire prendre le pain qui permet de survivre pour aider un autre à vivre, aller vers quelqu’un au risque de se faire tuer…

C’est la sainteté dans les conditions de l’existence humaine. Quand, devenu homme politique après la guerre, il a essayé de mettre en pratique la loyauté, la fidélité chrétienne, le sens de la miséricorde et de la justice dans ses responsabilités de ministre, on sait que ce fut un témoignage et on se dit : "voilà un homme qui ne renonce pas à ses charges, qui fait ce qu’il doit faire mais qui le fait avec une âme et un amour auquel on n’est pas habitué, pour qui les luttes politiques n’ont jamais signifié la haine, pour qui les différences d’opinion n’ont jamais signifié la rupture des relations ni de l’estime". Et on voit comment la Volonté de Dieu peut transformer une existence humaine. Voici encore quelques versets de l’épître aux Romains pour éclairer cela (Rm 12, 1-2).

"Je vous exhorte donc, frères, par la Miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu, c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre. Et ne vous modelez pas sur le monde présent mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la Volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de Lui plaire, ce qui est parfait."

Celui qui désire et qui marche vers la sainteté est celui dont le jugement renouvelé par la grâce de Dieu transforme sa liberté et sa volonté et lui fait discerner ce que Dieu désire.

Quatrièmement : Avoir le souci de son salut

Pour terminer je vous rappelle, pour qu’il n’y ait de doute pour personne, que le désir de sainteté et de la conversion n’est pas un égoïsme sacré !

Il arrive que certains chrétiens trouvent que nous avons trop le souci de notre salut. Peut-on avoir trop le souci de son salut ? Et que pouvons-nous désirer de mieux et de plus important ?

Jeunes en prière
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La sainteté n’est pas un isolement, une sorte de radeau de la Méduse où l’on aurait ramassé les quelques privilégiés qui ont réchappé à la fureur des flots et qui laissent les autres sombrer en espérant qu’ils ne seront pas trop nombreux à se cramponner au radeau.

Ainsi, on essaie d’instiller la mauvaise conscience dans l’esprit de ceux qui s’inquiètent de leur avenir et du désir d’être saints. On voudrait leur faire croire que, pour aider les pécheurs, il vaudrait mieux se faire pécheurs. Il n’est pas sûr du tout que ce soit le bon moyen, car on ne guérit pas les gens en se faisant malade avec eux ! On guérit les gens en leur apportant la santé. Alors je vous rappelle, pour apaiser vos inquiétudes si vous en aviez, ce que saint Matthieu dit à ce sujet (Mt 5, 13) :

"Vous êtes le sel de la terre, mais si le sel vient à s’affadir avec quoi va-t-on saler ? Vous êtes la lumière du monde, une ville ne peut se cacher qui est située au sommet d’un mont, et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau mais sur le lampadaire où elle brûle pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller aux yeux des hommes pour qu’en voyant vos bonnes œuvres ils en rendent gloire à votre Père qui est dans les Cieux."

Votre lumière doit briller aux yeux des hommes. Notre désir de sainteté, notre marche dans la sainteté ne nous font pas renoncer à servir nos frères. Ils nous font au contraire travailler à éclairer leur chemin en faisant naître en eux une espérance imprévisible : que les deux forces qui habitent le cœur de l’homme, le désir du bien et le désir du mal, ne sont pas deux forces équivalentes dont le combat a une issue incertaine mais qu’il y a dans la grâce de Dieu une force pour la liberté humaine qui nous permet de vouloir et de choisir le bien, de laisser la puissance de l’Amour transformer notre existence et donner à tous le signe qu’il est possible de devenir des saints !

Cet article est une conférence donnée à Paray-le-Monial, sous le titre "Soyez saints comme je suis saint".
Le ton oral a été respecté. Les titres de paragraphe sont de mavocation.org.


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