Les Béatitudes, la perle de l’Evangile (Mt 5, 1-12)

Une très belle catéchèse sur l’Evangile des Béatitudes donnée aux étudiants sur les bords du lac de Tibériade en Terre Sainte… « Tout l’Evangile est contenu dans les Béatitudes… Regardez-les de près ! »


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Catéchèse du Cardinal Barbarin sur les Béatitudes donnée aux étudiants sur les bords du Lac de Tibériade, lors du pèlerinage en Terre Sainte « Aux Sources » en juillet 2009


Tant d’événements se sont passés ici, au bord du lac de Tibériade ! La pêche miraculeuse que nous venons de méditer, la multiplication des pains un peu plus loin et, de l’autre côté de la montagne, les noces de Cana en Galilée, ou encore la résurrection du fils de la veuve de Naïm, un petit village situé juste au pied du Thabor. Un nombre impressionnant de miracles !

Mais y a-t-il une clé pour entrer dans ce message ? Qu’est-ce qui pourrait nous permettre de comprendre ce que Jésus a dit, tout ce qu’il a fait ? L’Evangile de saint Matthieu, au chapitre 13 qui compte sept paraboles, en rapporte deux petites dont je vais me servir pour montrer la place exceptionnelle des Béatitudes, et comment elles peuvent nous aider à comprendre l’enseignement du Seigneur et tout son ministère public.

Le Royaume des Cieux est comparable à un champ dans lequel quelqu’un a trouvé un trésor, il vend tout ce qu’il possède et achète le champ (cf. Mt 13, 44). Ce champ, commente saint Augustin, représente « les vastes plaines de l’Écriture ». Et les Béatitudes sont comme le trésor dans ce champ. Dans la parabole qui suit, on nous parle d’un négociant en perles fines qui a trouvé une « perle de grande valeur ; il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle » (vv 45-46).

Les Béatitudes, la perle de l’Evangile !

Pour moi, les Béatitudes sont la perle, le trésor de l’Évangile. Pour bien les connaître, il faut commencer par les apprendre par cœur - les huit, les neuf et peut-être même les dix béatitudes, si l’on entend les paroles qui suivent « Vous êtes le sel de la terre… ; vous êtes la lumière du monde » (vv. 13-14), comme une dixième Béatitude. Elles sont la meilleure porte pour entrer dans l’Evangile ; elles nous expliquent tout, nous ouvrent tout.

Par la lumière des Béatitudes, tout s’éclaire. Jésus résume et explique sa mission. Il nous donne le sens de chacun de ses miracles, de chacune de ses paraboles. Gardez-les en mémoire, au fond de vous. Et, à chaque fois que vous ouvrez l’Evangile, quand vous méditez sur un miracle, comme nous venons de le faire pour la pêche miraculeuse, demandez au Seigneur de vous révéler pourquoi il dit ceci, dans quel état d’esprit il fait cela et pourquoi. Si les Béatitudes « habitent » votre être intérieur, aussitôt l’une d’elles viendra « se poser » si je puis dire, spontanément, sur tel miracle ou telle parabole de Jésus. Ce sera comme une lumière nouvelle sur ce passage de l’Evangile.

Avec les Béatitudes, parcours tout l’Évangile !

Ainsi, au bord du lac, en ce moment où nous vivons le premier grand rassemblement de notre pèlerinage, je vous invite à profiter de ces jours pour vous « promener » dans l’Évangile, avec les Béatitudes. Vous prenez l’une d’elles : « Heureux les doux ! », par exemple. Et vous demandez à Jésus de vous expliquer ce que veut dire « être doux ». Et il vous répond : Venez à moi, et je vous apprendrai à être doux et humble de cœur, mettez-vous à mon école (cf. Mt 11, 28-29). Vous verrez sa douceur à chaque fois qu’il approche ceux qui souffrent, puis il vous conduira jusqu’à la croix où, dans sa souffrance, il parvient encore à s’adresser avec douceur à sa mère : « Femme, voici ton fils », puis au disciple bien-aimé : « Voilà ta mère » (Jn 19, 27-28). « Heureux les pauvres ! » Et toi, Jésus, montre-moi comment tu es pauvre. Ce n’est pas difficile à voir, il suffit de l’entendre dire : « Les renards ont des terriers, et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a même pas une pierre où reposer la tête » (Mt 8, 20), puis nous appeler : Si tu as le courage, « suis-moi ». Voilà ce qu’il offre à ceux qui veulent le suivre.

Après la méditation que nous venons de faire sur le récit de la pêche miraculeuse, je pourrais vous poser cette question : quelle Béatitude vous vient à l’esprit quand vous repensez à ce miracle ? Pierre a pêché toute la nuit, sans rien prendre. Et quand Jésus lui dit : « Avance au large et jetez les filets ! », il pourrait répondre : « Ce n’est pas ton métier, occupe-toi de ce que tu connais ! ». Mais il obéit, et c’est la surabondance : « Ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. » Rappelez-vous la fin du passage : « Désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5, 10), dit Jésus à Pierre. J’ai soif que tous les hommes viennent dans ces filets, pour que je les ramène vers Dieu. Je suis sorti du cœur de mon Père pour vous faire entrer tous, dans cet amour de la Trinité ! Comprends-tu cette soif ?

Le Christ Souriant
© D.R.

Les Béatitudes sont vraiment la perle de l’Évangile, parce que chacun de ses épisodes peut être éclairé par l’une d’elles. Elles sont comme un autoportrait de Jésus. Une par une, elles nous décrivent les traits de sa personnalité. Lui, il est tellement discret qu’il ne parle jamais de lui, et pourtant toutes les pages de l’Evangile nous décrivent son visage et contribuent à le faire mieux connaître. Tenez, par exemple : « Le semeur est sorti pour semer la semence » (Luc 8, 5). La semence est tombée sur les cailloux, sur les ronces, ou dans la bonne terre. Jésus explique que la semence, c’est la Parole, et les sols qui la reçoivent correspondent à nos diverses situations humaines ou spirituelles. Mais qui est le semeur ? Il ne le dit pas, mais tout le monde comprend que c’est Lui. Et il voudrait que cette semence donne beaucoup de bon grain !

Sur la première page de ma Bible, j’ai recopié cette phrase d’Origène : « Pour comprendre l’Ecriture et déchiffrer le sens de l’univers, il existe une méthode simple : chercher Jésus, contempler Jésus, servir Jésus, imiter Jésus, s’approcher de Jésus, saisir Jésus, suivre le Logos en suivant Jésus. » Vous l’aimez, et vous voulez le connaître davantage ? Apprenez donc les Béatitudes par cœur. Gardez-les toujours dans la mémoire, dans le cœur et sur les lèvres. Ainsi, en voyant le Seigneur agir, en entendant chacune de ses paroles, vous comprendrez pourquoi il se comporte ainsi. Et vous saurez en le voyant, en l’écoutant, ce que signifie avoir le cœur pur, être pauvre, doux, miséricordieux ou artisan de paix…

C’est le premier conseil que je voulais vous donner. Apprenez par cœur les Béatitudes : elles sont le trésor de l’Evangile et l’autoportrait de Jésus. Elles nous révèlent son visage.

Extraits du fichier audio


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