Le jeune homme riche (Mc 10, 17-22)

"Bon maître, que dois-je faire ?" c’était le thème d'un pèlerinage de Chartres des étudiants et des jeunes professionnels et des JMJ de Madrid. Claire Burkel, le Père Nicolas Delafon, Mgr Michel Santier et le Père Bertrand Auville (vidéo) nous expliquent cette scène d’Évangile.


video

Enseignement du Père Bertrand Auville lors du pèlerinage des étudiants à Chartres, 31 mars 2012


En un lieu inconnu, un homme accourt vers Jésus. Est-il jeune ? riche ? La suite va le dire. D’ores et déjà, il reconnaît au Christ une certaine autorité pour guider sa vie. Il l’appelle "bon Maître". "Pourquoi m’appelles-tu bon ?" Jésus fait oeuvre de liberté en ne se laissant pas enfermer dans une catégorie, fût-elle celle de la bonté. Le Fils renvoie à Dieu seul la qualité que son interlocuteur lui attribuait. Il poursuit avec l’énoncé de la Loi reçue au Sinaï par Moïse. Il cite la deuxième table, celle qui concerne l’amour du prochain.

La Loi, source de vie

L’homme demande à Jésus la vie éternelle. Or, Dieu seul peut donner la vie éternelle. La réponse de Jésus tient compte de la demande de l’homme. La Loi est vie ; elle est une voie sûre pour entrer dans la vie éternelle. L’interlocuteur de Jésus est juif ; Jésus lui confirme l’enseignement de l’Ancien Testament. Les commandements donnent la vie si quelqu’un leur est fidèle, il aura la vie. "Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse", répond l’homme. Celui qui répond est entré dans la vie. Il a exercé sa liberté, comme le Peuple dans sa marche de l’Égypte vers la Terre promise. Ce n’est pas un homme enchaîné par son péché.
"Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer". Jésus aime l’empressement de cet homme, sa spontanéité, sa recherche de la vraie vie, son attente, sa fidélité à la Loi.

Une chose te manque

Jésus ne s’arrête pas là. Il l’invite à faire un pas de plus en vue de "la vie éternelle" désirée : vendre ses possessions au profit des pauvres, afin que son seul trésor soit au ciel. "Une seule chose te manque" remarque Jésus. C’est vrai, sinon cet homme n’aurait pas eu besoin de demander à Jésus : "Maître, que dois-je faire ?" La fidélité aux commandements ne suffit pas à emplir le coeur de l’homme, qui doit encore passer en Dieu. Cette exigence nouvelle semble très dure. En effet, l’homme, "à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens". Jésus, l’homme libre, révèle à celui qui le questionne ce qui l’empêche d’être pleinement libre. Seul Dieu peut nous libérer totalement de ce qui nous retient. Pour obtenir "un trésor au ciel", pour avoir la vie éternelle, il faut s’écarter de nos biens pour répondre de manière radicale à l’appel du Christ : "Viens et suis-moi".

Père Delafon et Claire Burkel

Une réponse d’amour

"Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ?"
Un étudiant ne peut trouver sa place dans la société, sa vocation dans l’Église, s’il n’a pas trouvé réponse à cette question. Sinon, il demeure dans le non-choix. Il laisse les événements de la vie choisir pour lui. Il demeure dans un entre-deux où il n’est pas vraiment heureux.

"Que dois-je faire ?"

vitrail de la cathédrale de Chartres
© GAUD/Centre Inter.Vitrail/CIRIC

Dans l’Évangile, Jésus déplace la question du jeune homme riche. Il pose un regard d’amour sur cet homme qui, depuis son enfance, observe fidèlement toutes les pratiques de la Loi. Le coeur de cet homme et sa générosité sont d’une grande beauté. Jésus l’a perçu.

Mais il lui manque quelque chose, il n’est pas pleinement comblé. Jésus alors ne lui répond pas sur le registre de la pratique de la Loi, mais s’adresse à sa liberté : "Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens et suis-moi". "Viens, suis-moi". Cette parole adressée par Jésus, si elle est accueillie avec foi dans la liberté, crée du neuf dans la vie de celui qui est appelé. Jésus appelle à sa suite, non pas d’abord pour prêcher ou guérir, mais pour être avec lui, vivre une relation d’amitié avec lui. Cet s’adresse à leur liberté, et vient la fortifier, pour leur donner la capacité de répondre positivement. Ce même appel, Jésus l’adresse au jeune homme riche, mais il ne peut l’entendre, il ne peut exercer sa liberté, car il est très attaché à ses richesses.

Être libre, c’est choisir

Pour beaucoup de nos contemporains, être libre consiste à faire "ce qui favorisera mon bien-être", au détriment de celui des autres. Être libre, c’est choisir et agir selon sa conscience ; mais chacun a le devoir d’éclairer sa conscience pour discerner et faire des choix qui vont dans le sens du bien de la personne et du bien commun de la société.

L’appel du Christ est radical, mais il est avant tout un appel au bonheur qui s’adresse à la liberté de chacun. Jésus demande à être préféré aux affections les plus chères et à l’attachement aux richesses. Répondre positivement à un tel appel demande de fortifier sa liberté par la prière, l’écoute de la parole de Dieu ; il est très difficile de se détacher des siens et d’une profession bien rémunérée, par le seul ressort de la générosité. Avec le temps, les difficultés de la vie, les déceptions, et les conflits, l’engagement généreux ne tient pas la route. L’appel du Christ est un appel qui s’adresse à ce qu’il y a de plus profond dans le coeur de l’homme, à son bien le plus précieux : sa liberté. L’appel du Christ est un appel d’amour, qui entraîne de notre part une réponse d’amour qui nous permet de tenir dans la fidélité non pas avec nos seules forces, mais avec la force de Dieu qui se déploie dans la faiblesse.

Mgr Michel Santier, Évêque de Créteil


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