Padre Pio, capucin, canonisé en 2002

Quelle figure contemporaine de sainteté fut plus mystérieuse que Padre Pio ? Sa canonisation le 16 juin 2002, à peine trois ans après sa béatification, dépasse le cadre de la dévotion populaire suscitée très tôt par le Padre.

Padre Pio
© Capuchin - Province of
'Sant'Angelo e Padre Pio'

Né à Foggia, en Italie, le 25 mai 1887, Francesco Forgione entre à 15 ans et demi au noviciat des frères mineurs capucins de Morcone et reçoit le nom de fra Pio. Malgré l'austérité de la vie du couvent, il persévère et prononce ses premiers vœux le 22 janvier 1904. Durant ses études de philosophie, ses frères remarquent sa vie spirituelle hors du commun. D'une santé fragile, le frère Pio change fréquemment de couvent et réside souvent en famille pour changer d'air. Le 10 août 1910, Pio est ordonné prêtre. Les années qui suivent sont l'occasion d'un grand cheminement spirituel marqué par des "tentations diaboliques". Padre Pio se plaint des attaques du démon : "Hélas, qui me sauvera ? Je suis seul à combattre, de jour comme de nuit, contre un ennemi si fort et si puissant". Cependant, la puissance de l'amour du Christ se révèle progressivement.

Ses épreuves de santé le conduisent à un abandon plus grand à la volonté de Dieu. Le 20 septembre 1918, Padre Pio reçoit les stigmates visibles et permanents alors qu'il se tient dans le chœur du couvent de San Giovanni Rotondo, où il a été assigné deux ans auparavant. Comme saint François d'Assise, Padre Pio est marqué par les plaies du Christ lors de la Passion. Un nouveau temps d'épreuve commence alors, qui s'apparente au chemin de croix de Jésus : à la douleur physique des plaies qui saignent s'ajoutent les examens médicaux, l'affluence d'une foule toujours plus nombreuse et des mesures très dures prises par le Saint Office, inquiet du retentissement de tels phénomènes mystiques.

Les lettres écrites jusqu'à l'interdiction imposée par le Saint Office témoignent d'un homme dévoré par l'amour de Dieu et du prochain : "Je me sens brûler d'une flamme intérieure, d'un si grand amour, que si Dieu ne me venait pas en aide, j'en serais vite consumé", écrit-il à son directeur spirituel. Le Padre est conscient que son expérience mystique le dépasse : "C'est un volcan au-dedans de moi, toujours en éruption, que Jésus a mis dans mon cœur pourtant si petit". Le mystère de la passion est particulièrement présent dans la vie spirituelle de Padre Pio : "Je suis un crucifié d'amour". En 1923, l'autorité ecclésiastique ordonne le transfert de Padre Pio, mais la foule s'y oppose. De 1931 à 1933, le prêtre est séquestré dans son couvent, isolé du reste du monde.

Padre Pio
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'Sant'Angelo e Padre Pio'

En 1940, Pio lance l'idée d'un lieu d'accueil, la Casa Sollievo della Soffrenza, inauguré en 1956. Se développent alors les groupes de prière à l'initiative du capucin : "La prière est une clé qui ouvre le cœur de Dieu". Les pèlerinages de pénitents venus rencontrer le Padre se multiplient. Brûlé par l'amour de Dieu, Padre Pio sera, jusqu'à sa mort, témoin de la miséricorde. Dès le début de son ministère, il passe de 15 à 19 heures par jour au confessionnal. En 1967, il a confessé environ 25 000 personnes. La renommée grandissante du capucin donne une dimension mondiale à son ministère. Les difficultés ne rebutaient pas les pèlerins : les capacités d'accueil du couvent étant limités, l'été les hommes dormaient dans les champs.

En outre, le Padre Pio était un confesseur exigeant. Ses remontrances et son caractère bourru choquaient parfois les fidèles. A son directeur spirituel, qui lui reprochait ses conduites sévères, le Padre répondit : "Je peux vous obéir, cependant c'est Jésus qui chaque fois me dit comment agir avec les gens". Il était dur avec les pénitents qui s'adressaient à lui par curiosité, provoquant en eux une profonde remise en cause qui conduisait souvent à de belles confessions quelques jours plus tard. Padre Pio avait le don de lire dans les consciences. Il lui arrivait de rappeler au pénitent un fait négligé ou oublié. Cette rigueur ne l'empêchait pas de vivre un amour profond pour les personnes qu'il confessait : "Je suis prêt à tout pour rendre une âme moins triste". Il invitait sans cesse les pèlerins à la confiance : "Courons avec confiance vers le sacrement de pénitence où le Seigneur nous attend à tout moment avec une tendresse infinie. Et une fois nos péchés pardonnés, oublions les, car le Seigneur l'a déjà fait avant nous".

Padre Pio
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'Sant'Angelo e Padre Pio'

L'eucharistie était, avec la réconciliation, au cœur de sa vie et de son ministère : "Le monde pourrait vivre sans soleil, mais non sans l'eucharistie". Ceux qui assistèrent à ses messes fort matinales soulignent que Padre Pio étaient totalement absorbé par le mystère qu'il célébrait : "Au cours de la messe, Padre Pio était ailleurs, en colloque avec le Seigneur. La consécration semblait un martyre. Il prononçait les paroles d'une façon dense". Padre Pio témoigne lui-même de ce qu'il vit dans l'eucharistie : "Le cœur de Jésus et le mien, permettez-moi l'expression, se sont fondus. Ce n'étaient plus deux cœurs qui battaient, mais un seul : le mien avait disparu comme une goutte d'eau se perd dans la mer". Padre Pio était également animé d'une profonde dévotion à la Vierge Marie : "Efforçons-nous comme tant d'âmes élues, de toujours suivre cette mère bénie, de marcher toujours auprès d'elle car il n'y a pas d'autre voie qui conduise à la vie sinon celle où a marché notre mère".

La vie de Padre Pio est marquée par de nombreux phénomènes extraordinaires. Outre les stigmates et le don de voir dans les consciences et de scruter les cœurs, le Padre avait un don de bilocation, qui lui permettait d'apparaître à plusieurs endroits simultanément (ainsi, au moment de sa mort, le Padre serait apparu simultanément à tous ses fils spirituels) et de guérison. Un parfum émanait de lui et il aurait eu de nombreuses prémonitions (notamment en reconnaissant en Jean-Paul II, alors séminariste à Rome venu en pèlerinage, le futur pape). Cependant, tous ces signes étaient ordonnés à l'annonce de l'Évangile et non à la recherche du merveilleux, comme en témoigne le pape Paul VI : "Pourquoi a-t-il une telle renommée ? Parce qu'il était philosophe ? Parce qu'il était savant ? Parce qu'il avait des dons particuliers ? Nom, mais parce qu'il célébrait la messe avec humilité, qu'il confessait du matin au soir et que, marqué des stigmates de Notre-Seigneur, c'était un homme de prière et de souffrance".

Padre Pio
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'Sant'Angelo e Padre Pio'

En 1968, les 50 ans des stigmates sont célébrés du 20 au 22 septembre par une foule immense de pèlerins. Le 23 septembre, le Padre Pio, après avoir reçu l'onction des malades, s'éteint dans son humble cellule de frère capucin. Trois jours plus tard, les obsèques du religieux rassemblent plusieurs dizaines de milliers de personnes venues du monde entier. Le pèlerinage au couvent San Giovanni Rotondo n'a cessé de se développer depuis. Plus de six millions de pèlerins viennent se recueillir chaque année sur la tombe du Padre... plus qu'à Lourdes. Les groupes de prière, reconnus par l'Église, sont présents dans plus de 250 pays.


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