La miséricorde divine, clef de la vie de Jean-Paul II

Eric Madre

Pape Jean-Paul II et la miséricorde divine
© D.R.

En mourant le soir du samedi 2 avril 2005, veille du dimanche de la Divine Miséricorde, saint Jean-Paul II livre une clef de son pontificat. Toute sa vie et son œuvre ont été dictées par son ardeur à faire connaître la grandeur réconfortante de la miséricorde de Dieu à tous les habitants de la terre, dans un monde traversé par tant d’horreurs au cours des siècles – et dont Jean-Paul II a été le témoin, notamment lors de la seconde guerre mondiale.

Dès les premières années de son pontificat, il lui consacre une encyclique : Dives in misericordia – "Dieu riche en Miséricorde" – et il en fait un thème majeur et constant de son enseignement, jusqu’à instituer, le 30 avril 2000, la Fête de la Miséricorde Divine le premier dimanche après Pâques. Tout le monde se souvient aussi de sa grande qualité d’écoute et de son regard intense envers tous ceux qui souffrent.

Qu’est-ce que la "miséricorde" ?

Loin de se confondre avec la pitié condescendante que l’on imagine souvent derrière ce mot, la miséricorde est cet amour bienveillant de Dieu qui pardonne et revalorise. « L’Eglise ne se lasse pas d’en répéter l’annonce car elle sait que le monde a besoin de cette miséricorde, qui n’humilie pas l’homme mais qui lui donne une nouvelle dignité en l’élevant au niveau de Dieu. » Plus encore, la miséricorde divine est l’ultime rempart opposé par Dieu au mal : « La miséricorde signifie une puissance particulière de l’amour, qui est plus fort que le péché et l’infidélité. »

La miséricorde de Dieu révélée dans la Bible

C’est dans la lecture de la Bible que Jean-Paul II enracine sa méditation sur la miséricorde divine. L’Ancien Testament présente souvent le Seigneur comme un Dieu de miséricorde. Lorsqu’Israël, le peuple élu, brise à plusieurs reprises l’Alliance, le Seigneur ne cesse de lui pardonner ses fautes et ses trahisons. Ainsi le Seigneur se présente-t-il à Moïse comme le « Dieu de tendresse et de grâce, lent à la colère et plein de miséricorde et de fidélité » et le psalmiste fait-il souvent appel à la miséricorde dans les moments de découragement.

Mais c’est « dans le Christ et par le Christ, [que] Dieu devient visible dans sa miséricorde. (...) Non seulement il en parle et l’explique à l’aide d’images et de paraboles, mais surtout il l’incarne et la personnifie. » Jean-Paul II expose longuement comment la parabole de l’enfant prodigue exprime la réalité de l’amour du Père, ému jusqu’aux entrailles par la conversion du fils prodigue qui revient vers lui : plus qu’un regard compassionnel sur le péché, l’amour de Dieu revalorise le pécheur et « tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l’homme. » Cette solidarité avec les hommes pécheurs connaît son paroxysme dans le mystère pascal qui révèle jusqu’où va la miséricorde du Père. Qui voit Jésus en croix voit le Père en sa miséricorde.

"Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde" (Mt 5,7)

La miséricorde divine est non seulement un message à annoncer inlassablement pour l’Eglise, mais également pour les hommes un appel pressant à agir : « le Christ, en révélant l’amour-miséricorde de Dieu, exigeait en même temps des hommes qu’ils se laissent aussi guider dans leur vie par l’amour et la miséricorde. Cette exigence fait partie de l’essence même du message messianique et constitue l’essence de la morale – de l’ethos – évangélique. » Tout homme est donc invité à se convertir et à persévérer dans la mise en œuvre d’un amour miséricordieux « qui est par essence un amour créateur. »

Pape Jean-Paul II et la miséricorde divine
© D.R.

Défenseur indéfectible de la vie et des plus faibles, Jean-Paul II place ce combat sous la protection de la divine miséricorde : « Comme le monde d’aujourd’hui a besoin de la Miséricorde de Dieu ! Sur tous les continents, du plus profond de la souffrance humaine semble s’élever l’invocation de la Miséricorde. Là où dominent la haine et la soif de vengeance, là où la guerre sème la douleur et la mort des innocents, la grâce de la Miséricorde est nécessaire pour apaiser les esprits et les cœurs, et faire jaillir la paix. Là où manque le respect pour la vie et pour la dignité de l’homme, l’amour miséricordieux de Dieu est nécessaire, car à sa lumière se manifeste la valeur inestimable de chaque être humain. La Miséricorde est nécessaire pour faire en sorte que chaque injustice du monde trouve son terme dans la splendeur de la vérité. »

« L’heure est venue où le message de la Divine Miséricorde doit répandre l’espérance dans les cœurs et devenir l’étincelle d’une nouvelle civilisation : la civilisation de l’Amour. » s’écrie Jean-Paul II à Cracovie en 2002. Un appel qui n’a pas fini de résonner.

À lire pour en savoir plus :
• Encyclique Dives in misericordia, de Jean-Paul II (30 novembre 1980)
•  La miséricorde chez Jean-Paul II, par Mgr Pierre d’Ornellas

Extrait de l’homélie du cardinal Joseph Ratzinger lors des obsèques de Jean-Paul II :

 Il a interprété pour nous le mystère pascal comme mystère de la Divine miséricorde. Il écrit dans son dernier livre que la limite imposée au mal "est en définitive la Divine miséricorde". Et en réfléchissant sur l’attentat, il affirme : "En souffrant pour nous tous, le Christ a conféré un sens nouveau à la souffrance, il l’a introduite dans une nouvelle dimension, dans un nouvel ordre : celui de l’amour […]. C’est la souffrance qui brûle et consume le mal par la flamme de l’amour et qui tire aussi du péché une floraison multiforme de bien."
Animé par cette perspective, le Pape a souffert et aimé en communion avec le Christ et c’est pourquoi le message de sa souffrance et de son silence a été si éloquent et si fécond. »


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