Elisabeth de la Trinité, la flèche de Dieu

L’aube du XXe siècle se levait à peine qu’Élisabeth de la Trinité entrait dans l’Éternité en 1906 au Carmel de Dijon. Elle n’avait que 26 ans. Quelques années lui ont suffi pour parvenir à la pleine maturité spirituelle. Canonisée le 16 octobre 2016, Élisabeth de la Trinité fut, dans sa courte vie, un véritable chantre de l’inhabitation de la Trinité en l’âme.


Elisabeth de la Trinité

« Petite maison du Bon Dieu »

Le soir de sa première communion, la petite Élisabeth Catez entend la mère abbesse du Carmel de Dijon lui dire que son prénom signifie « petite maison du Bon Dieu ». Cette pensée frappe au cœur la petite fille sensible et colérique ; elle devient petit à petit une jeune fille sociable et enthousiaste. Elle aime les sorties, les concerts, les amitiés. À tout cela, elle semble goûter avec plaisir. Pourtant, dans le même temps, son cœur est plein d’un grand désir d’être seule avec le Seul, dans le silence.

À l’adolescence, elle sent un appel irrésistible à devenir épouse du Christ et se lie à lui par le vœu de virginité. Elle a 17 ans quand l’appel du Carmel retentit clairement dans son âme : elle frappe à la porte du Carmel de Dijon. Sa mère temporise, mais les deux années d’attente ancrent Elisabeth dans sa vocation. En février 1900, un entretien avec le Père Vallée, dominicain, l’éclaire sur la nature de ses grâces intérieures et lui fait connaître la doctrine théologique de l’inhabitation de la Sainte Trinité dans l’âme. Cet échange la confirme dans son attrait pour une vie consacrée à la contemplation des personnes divines : elle entre au Carmel en août 1901.

Une surabondance de présence...

Elle y vivra cinq riches années. Ses quelques écrits – une prière écrite d’un seul jet un soir de 1904 (voir encadré) et les lettres à ses proches – sont tous centrés sur l’inhabitation de la Trinité en l’âme et sur le travail de purification active et passive pour l’unification de l’âme en Dieu. Son apostolat consiste à communiquer aux âmes sa nostalgie de l’infini, qui est une surabondance de présence : du Christ, du Dieu trinitaire, de tous les saints. Sa pensée est précise, concise, centrée sur le but à atteindre.

Elisabeth de la Trinité

Dans sa vie comme dans ses écrits, elle est fixée en Dieu, sans distraction. Son but est de Le servir nuit et jour en son âme, pour l’efficacité de l’apostolat. Pour cela il faut qu’elle soit libre des attaches, libre d’elle-même, libre de l’adorer. Mettre sa liberté en Dieu ce n’est pas la contraindre mais la mettre au large, pour que l’âme soit sur la route droite et sûre.

Élisabeth s’abandonne sans réserve à la Parole de Dieu qui la conduit et la sanctifie. Toute sa théologie est ancrée dans l’écriture, qui « opère et crée ce qu’elle fait entendre, pourvu toutefois que l’âme consente à se laisser faire ».

À l’instar de la petite Thérèse, chantre de la petite voie de l’humilité, Élisabeth de la Trinité est l’avocat de la voie rapide, du désir infini de l’union transformante ici-bas pour une louange de gloire éternelle.

« Je vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie »

Elisabeth de la Trinité

Quand une maladie de l’estomac lui fait entrevoir la mort, elle la considère presque avec joie : cette œuvre de destruction ne serait-elle pas l’amour qui la consume ? Alors elle s’y livre comme une proie. Puisque la route du Calvaire s’ouvre devant elle, elle marchera à côté du crucifié. Tout est bon pour être toujours plus enracinée en Dieu : la prière, la souffrance, l’action… Chaque petit sacrifice est pour elle un signe qu’est venue l’heure de prouver son amour à Celui qui nous a trop aimés. Élisabeth veut fondre le sacrifice de sa vie dans le mystère de la messe : être « une hostie de louange à la gloire de Dieu ». La retraite de Laudem Gloriae, écrite l’été 1906 quelques mois avant sa mort, rassemble son expérience en une petite somme mystique.

Elle meurt le 9 novembre 1906, après avoir murmuré : « Je vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie ».

Élisabeth de la Trinité est donc passée dans ce monde avec la fulgurance d’une flèche, n’ayant de cesse de chercher le Dieu Trinité en son âme pour s’offrir à lui et être une louange à sa gloire. Sa canonisation l’authentifie comme un véritable guide sur ce chemin qui concerne tous les fidèles.


Prière de Sainte Elisabeth

Ô mon Dieu, Trinité que j’adore,
Aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous,
immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. […]
Ô mon Christ aimé, crucifié par amour,
je voudrais être une épouse pour votre cœur,
Je voudrais vous couvrir de gloire,
je voudrais vous aimer jusqu’à en mourir !
Mais je sens mon impuissance
et je vous demande de me « revêtir de vous-même »[…]
Ô feu consumant, Esprit d’amour, survenez, en moi,
afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe :
que je lui sois une humanité de surcroît
en laquelle il renouvelle tout son mystère.
Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature,
« couvrez-la de votre ombre »,
ne voyez en elle que le « Bien-aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».
Ô mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie,
immensité où je me perds,
je me livre à vous comme une proie.
Ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse en vous,
en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs ».


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