Saint Charles Borromée, patron des séminaristes et des directeurs spirituels

S’il figure au calendrier le 4 novembre, Saint Charles Borromée ne fait généralement pas partie des saints que nous connaissons bien. Cette ignorance contraste pourtant avec l’immense notoriété qui fut la sienne, de son vivant déjà et encore plus dans les décennies qui suivirent sa mort. L’iconographie abondante est là pour en témoigner.


Saint Charles Borromée

Celle-ci a surtout magnifié trois thèmes de la vie du saint : un homme de prière et d’ascèse, un chef rempli d’autorité capable de renouveler profondément son diocèse par son énergie et sa créativité et, enfin, un pasteur plein de charité au service de son peuple. Sa charité, son amour du Christ et de l’église sont autant d’éléments qui peuvent nous inspirer.

Un prince de l’Église et un homme de Dieu

Issu d’une noble famille milanaise, Charles Borromée accède très rapidement aux plus hautes fonctions de l’Église grâce à son oncle, le cardinal de Médicis, élu pape en 1559. À 22 ans, il est administrateur de l’évêché de Milan et cardinal. Cette situation lui permet de cumuler des revenus considérables. Au Vatican, il a 150 serviteurs en livrée de velours à son service. Sans pour autant céder à l’attrait des richesses et du pouvoir, le jeune Charles mène une vie apparemment chrétienne, mais qui n’est pas encore profondément convertie au Christ.

C’est en préparant son ordination sacerdotale à Rome sous la conduite spirituelle des Jésuites qu’il va connaître une transformation intérieure radicale. La méditation et la messe quotidienne le changent en profondeur. Délaissant les fastes et le luxe de la vie romaine, il s’engage dans une vie de prière et de mortification. Son amour de l’Église trouva racine dans son amour pour le Christ Jésus, qu’il contempla particulièrement dans sa Passion et sur la Croix.

Le Concile de trente, organisé en réaction à la crise que traverse le catholicisme au XVIe siècle, s’achève. Nommé archevêque de Milan en 1564, Charles Borromée peut enfin rejoindre son diocèse et se dévouer totalement à la réforme voulue par les pères conciliaires.

Réformateur et législateur

Saint Charles Borromée

Charles Borromée aime profondément l’Église et c’est cet amour sincère qui le pousse à la rénover. Son œuvre est considérable et témoigne d’un génie de créativité et d’énergie. Les prescriptions du concile sont adaptées aux besoins des paroisses. Charles Borromée n’hésite pas à entrer dans les détails : propreté des églises, organisation des fêtes religieuses… Il passe ensuite plusieurs mois par an à visiter les paroisses et les communautés pour contrôler l’application des décrets, pour encourager et soutenir le peuple chrétien.

Le clergé au cœur de la réforme et de la conversion

C’est par les prêtres et les religieux que le peuple retrouvera le chemin de Dieu, estime Charles Borromée. Aussi apporte-t-il un souci particulier à leur formation de pasteurs des âmes. Les prêtres doivent recevoir une formation intellectuelle solide et s’enraciner profondément dans le Christ par la prière, la méditation et l’ascèse. Il est recommandé au clergé des paroisses de vivre en communauté. Les confesseurs doivent être de vrais pères spirituels. L’ouverture et l’organisation des séminaires sont au cœur de la réforme.

Le triomphe de la charité

Saint Charles Borromée

On s’en doute, un tel mouvement de réforme ne pouvait pas ne pas aller sans des résistances et des oppositions. Largement calomnié, Charles Borromée subit même l’opposition de certains des évêques qui l’assistent. L’échec d’un attentat contre lui en 1569, perçu comme un miracle, témoigne de ces difficultés. Mais le zèle et la générosité de l’évêque allaient désarmer toutes les oppositions. Prêt à sacrifier sa vie pour les autres, il fut un père des pauvres et des plus faibles. Ses propres intérêts passaient toujours au second plan par rapport à ceux de l’Église à laquelle il était livré corps et âme. Le rôle que Charles Borromée joua pour lutter contre la peste qui frappa Milan en 1576 marqua durablement les consciences. Alors que de nombreux notables fuient la ville, Charles Borromée prend en main la situation, organisant un espace d’accueil et de quarantaine pour les pestiférés. Il ne ménagea pas ses moyens pour soutenir spirituellement et corporellement les malades.

Pris de fièvres lors d’une tournée pastorale, il meurt dans la nuit du 2 au 3 novembre 1584 à 46 ans. Sa postérité est immense et son exemple inspira de nombreux évêques, comme saint François de Sales, ou des prêtres comme le père Jean-Jacques Olier de Verneuil – dit aussi « Monsieur Olier » – et saint Vincent de Paul pour l’organisation des séminaires.


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