Trois prêtres témoignent !
Le Père Auville, du diocèse de Nanterre, responsable du SDV, et le Père Machenaud, du diocèse de Pontoise, expliquent ce qu'est, pour eux, un prêtre diocésain : l'homme de la rencontre, le "médecin généraliste de la vie chrétienne"...
Dans la vidéo, le Père Hugues de Woillemont, curé de Chaville (92) livre ce que fut son appel à devenir prêtre, ses souvenirs du Séminaire, ce qui fait sa joie d'être prêtre.
Hugues de Woillemont4 min 56
Portrait de prêtre

Priorité à l’apostolat
Le lieu premier de ma sanctification, c’est l’exercice de mon ministère. Voilà presque dix ans maintenant que j’ai été ordonné prêtre. Laissez-moi vous faire une confidence : ce sont les hommes qui me sont confiés qui me sanctifient jour après jour. La vie des hommes, leurs joies, leurs peines et leur espérance me font découvrir davantage le Christ qui les aime et qui a fait chez eux sa demeure. Une autre confidence : je ne prie jamais mieux que lorsque je dois conduire la prière pour mes frères. C’est en effet alors que la prière prend les dimensions de l’Eglise, c’est-à-dire de cet agrégat d’entités qui deviennent ensemble un peuple, le peuple de Dieu, un corps, le corps du Christ.
Parfois, certains jeunes hésitent entre devenir prêtre diocésain et prêtre dans une congrégation religieuse. Tout d’abord, laissez-moi vous dire qu’il y a plus de similitudes que de différences entre ces deux figures du ministère presbytéral. L’un comme l’autre aura à être prêtre à la manière des apôtres pour faire connaître et aimer le Christ. A l’un comme à l’autre il reviendra de donner les sacrements et d’annoncer l’Evangile. Cependant, pour le prêtre diocésain, la priorité absolue doit être la charge des âmes qui lui sont confiées. Cette mission, profondément ancrée dans la prière, passe avant tout.
Après avoir été durant six années, et avec bonheur, aumônier de Lycée, je découvre depuis deux ans le ministère de curé de paroisse. Force est de constater que ce changement de fonction a provoqué en moi une évolution spirituelle. Je découvre dans ce nouveau ministère la diversité des fidèles du Christ : jeunes et vieux, hommes et femmes de tous styles, de toute conditions, de tous âges se mettant à l’écoute de la même Parole et communiant au même pain. Le curé de paroisse peut être amené à être témoin en une journée de ce qu’un homme mettra une vie entière à expérimenter : la naissance, le mariage, la maladie, la mort. Il y là une intensité qui me fait rendre grâce à Dieu pour la Vie qu’il nous donne. Elle est éminemment digne de respect. Le curé de paroisse, c’est le médecin généraliste de la vie chrétienne. Il doit permettre à l’ordinaire de la vie chrétienne de devenir extraordinaire en exerçant son ministère de sanctification, d’évangélisation, de communion et de service. Y a-t-il plus belle mission ?
Père Bertrand Auville, diocèse de Nanterre
L’homme de la rencontre
Comme le dit le prophète Isaïe : "La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j’écoute comme celui qui se laisse instruire" (Is 50,4).
Après un bon petit déjeuner, je vais à la rencontre du Seigneur et "je me laisse séduire par le Seigneur" comme le prophète Jérémie (Jr 20,7) en me nourrissant de sa Parole : "l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu" (Dt 8,3).

Chaque jour, j’associe de façon particulière ces rencontres divines et humaines à un moment bien précis, le moment de l’eucharistie, et de façon particulière, à l’offertoire : "Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain", toi qui nous donnes ces personnes, ces visages, ces paroles. J’offre tout cela. Dans ce sacrifice eucharistique, je me laisse diviniser. Sacrum facere, c’est faire du divin : laisser Dieu qui s’est fait homme au cœur même de ces rencontres, découvrir qu’à travers les autres, il y a le Tout Autre qui ne cesse de vouloir nous visiter.
Toutes ces rencontres, je les vis au sein d’une communauté paroissiale mais aussi au sein d’une équipe de prêtres. Cette vie bien remplie de rencontres est aussi à vivre fraternellement en vivant quotidiennement avec mes frères prêtres dans les moments importants de la prière et des repas.
Lors de la dernière prière du soir, il m'est bon de me remémorer ces personnes, de rendre grâce au Seigneur et d’intercéder auprès de lui pour ces nombreuses rencontres et pour que nous, prêtres, nous puissions être encore plus signes visibles de la présence de Dieu.
Père Pierre Machenaud, diocèse de Pontoise
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