Père Etienne de Mesmay : entretenir chaque jour une relation d’amitié avec Jésus


Le Père Étienne de Mesmay (89 ans), nous accueille à la paroisse Saint-Séverin à Paris (5e) où il réside. Il revient sur ses 63 années de ministère et témoigne de la joie dans la fidélité aux engagements sacerdotaux, s’appuyant sur la prière, l’eucharistie et le travail commun.

Comment est née votre vocation ?

Père Étienne de Mesmay

Issu d’une famille catholique, ma vocation a été entretenue dans le scoutisme. Tout ce que je suis, je le dois au scoutisme. Trop jeune pour entrer au séminaire après le bac, j’ai fait trois années de droit avant d’entrer à Issy-les-Moulineaux.

Quels ministères avez-vous occupés ?

Je n’ai jamais été curé, je crois que je ne suis pas fait pour cela. Après mon ordination, j’ai été envoyé à l’externat Gerson (16e arr.) durant douze ans.
Ensuite j’ai été aumônier de l’enseignement public, à Octave Gréard (8e arr.) puis à Claude Bernard et La Fontaine (16e arr.). Je collaborais avec le Père Henry Geoffroy, entré plus tard à la Chartreuse. Nous travaillions en lien avec la paroisse Sainte-Jeannede- Chantal, dont le curé était Jean- Marie Lustiger.
Après quelques années comme vicaire à Saint-Pierre de Chaillot (8e arr.), j’ai été quatre ans secrétaire de Mgr Lustiger, devenu archevêque de Paris.
Retourné en paroisse à Saint-Pierre de Montrouge (14e arr.), je suis parti ensuite durant six ans avec les Missionnaires des Prêtres pour la Ville (FMPV ) à Lagny-sur-Marne (77).
De retour à Paris, je suis arrivé à Saint-Séverin en 1999, tout en étant directeur spirituel à la Maison-Saint- Augustin.

À Saint-Séverin aujourd’hui, quelles sont les activités qui occupent vos journées ?

Je célèbre la messe chaque jour. Dans la semaine, je confesse, je célèbre les obsèques, j’accompagne également le Mouvement Chrétien des Retraités. J’ai la chance de vivre ici en paroisse, mais il faudra aller à la maison de retraite et je m’y prépare. Progressivement j’ai laissé des activités : la Maison-Saint-Augustin, le catéchisme, des cours aux Bernardins.

Est-ce que votre manière de prier a évolué tout au long de votre vie ?

Père Étienne de Mesmay

Oui, bien sûr ! À Gerson, la vie spirituelle commune était très limitée. Nous étions de nombreux prêtres mais très isolés, même pour célébrer la messe. J’ai bénéficié du soutien d’une équipe de la fraternité sacerdotale du Père de Foucauld. Par la suite, la collaboration avec le Père Henry Geoffroy était très fructueuse, on témoignait du travail commun.
La prière n’a pas été inventée pour qu’elle soit ennuyeuse. Il faut trouver celle qui convient à chacun, on peut tâtonner. Avec les jeunes, j’utilisais l’image du bain de soleil : on arrête tout pour se poser devant Dieu, pour le laisser nous traverser de ses rayons et nous réchauffer. C’est lui qui fait tout… on n’a qu’à le laisser faire ! C’est ce qui se passe le jour de l’Annonciation (cf. Lc 1, 26-38). Marie est totalement réceptive, elle n’a aucune exigence. L’énergie d’accueil de Marie rencontre l’énergie de don qui vient de Dieu et le salut du monde s’enclenche. Ce qui compte c’est d’entretenir chaque jour une relation vivante de confiance et d’amitié avec Jésus.

Quelle place tient la célébration de l’eucharistie aujourd’hui ?

Le Seigneur m’a fait la grâce d’aimer l’eucharistie ! J’aime la messe parce que Dieu agit, c’est le sens du signe de croix au début. Le Père qui est saint et source de sainteté veut me sanctifier, c’est-à-dire me remplir d’amour en répandant sur moi son Esprit pour que je devienne un membre un peu plus vivant du Corps du Christ ressuscité… si je l’accepte et le reçois en vraie communion.

Face à la crise des vocations, le pape François a engagé une réflexion en vue d’ordonner des hommes d’âge mûr, mariés, que l’on dénomme les viri probati. Qu’en pensez-vous ?

Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas continuer comme ça ! Je suis très heureux qu’on ait retrouvé le diaconat permanent. Ce n’est pas une question de pouvoir, mais de mission sacramentelle. Pour ce qui est des prêtres ce n’est pas à moi de décider, mais ce n’est peut-être pas impensable.

Quel conseil aimeriez-vous partager avec un jeune qui se pose la question du sacerdoce ?

Ce n’est pas compliqué, c’est toujours une question de confiance et d’amitié avec Jésus. La sainteté, il faut l’expliquer : « Saint » veut dire « tout entier amour par pure grâce ». Aujourd’hui je ne suis pas tout entier amour, mais le Père, le Fils et l’Esprit-Saint travaillent à cela, sans jamais me forcer ; Dieu attend ma réponse libre !

Quelle est votre espérance ?

Père Étienne de Mesmay

Lorsque je quitterai ce monde, j’espère pouvoir dire au Seigneur : « Je ne vaux pas cher. Je T’aime bien quand même. Et je suis sûr que Toi, tu m’aimes énormément. »

La paroisse Saint-Séverin accueille une maison du séminaire. Est-ce que vous assumez un rôle de grand-père ?

Oui, si vous voulez… Dans certaines cultures – asiatiques ou africaines –, les anciens sont toujours des points de référence. Dans notre culture occidentale, c’est moins vrai, les choses bougent trop vite. Les séminaristes ont une formation assez différente de la mienne, je ne peux pas tellement les aider. Mais les grands-parents ont de toute façon un rôle à jouer vis-à-vis de la jeune génération.


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