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Les soeurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde : une espérance derrière les murs de prison


Lorsque que tout bascule, il est des lueurs d’espérance qui peuvent relever. C’est la vocation particulière des soeurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde. Elles portent la miséricorde de Dieu à ceux qui souffrent d’une grande pauvreté morale. Rencontre avec Sœur Bénédicte et Sœur Dominique qui œuvrent notamment auprès de ceux et celles qui arrivent en garde à vue au Bastion, là où sont les cellules du nouveau Tribunal des Batignolles.

interpellation policière

Quelle est la spiritualité de votre communauté ?

Sœur Bénédicte : Notre spiritualité est centrée sur le mystère rédempteur du Christ et son amour miséricordieux pour l’homme. « Il ne s’agit pas seulement de porter un regard, fût-il de compassion, vers le mal moral, corporel ou matériel. Il s’agit de rendre à l’amour sa force créatrice qui revalorise, promeut, tire le bien du mal, rend à l’homme sa vraie liberté. » (Règle de Vie, n°9)
À l’exemple du Christ qui n’est pas venu juger ni condamner, mais sauver tous les hommes, nous avons, nous aussi, le désir d’être témoins de son amour miséricordieux pour toute personne victime du mal ou blessée par la vie et rejetée par la société. « Notre action tend à les remettre debout, à leur faire retrouver leur place dans la société et dans l’Église. » (Règle de Vie n°78). C’est le cœur de notre appel !

Pourquoi vous tournez-vous spécifiquement vers les personnes détenues ?

Sœur Bénédicte : Nous ne « visitons » pas les personnes détenues, nous sommes à l’intérieur de la détention, au contact direct de ceux qui sont arrêtés. Dans ces lieux, c’est une présence d’humanisation par l’écoute et par des gestes tout simples comme un sourire, un mot de réconfort, servir un café, donner un kit de toilette, un vêtement etc…

Comment les personnes détenues accueillent-elles la paix et le secours de la miséricorde ?

Sœur Bénédicte : Les personnes qui arrivent sont à un nœud de leur vie. Elles ont commis peu de temps avant un acte parfois criminel, ont été arrêtées, mises en garde à vue. Elles vivent une suite d’angoisses et de peurs en attendant de savoir ce qui va se passer pour elles. Comme il n’y a pas d’aumônier, les personnes déférées ne peuvent recevoir le sacrement de réconciliation.

Au nouveau tribunal des Batignolles, comment s’articule votre mission par rapport aux associations ?

Sœur Bénédicte : Ici aucune association n’intervient, c’est un lieu fermé ! Sur l’île de la Cité où était l’ancien Palais de justice de Paris, les associations comme la Cimade et l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration intervenaient pour le centre de rétention. Il a déménagé en région parisienne, au Mesnil-Amelot.

Quels souvenirs gardez-vous du dépôt de la préfecture de Police de Paris sur l’île de la Cité ?

Sœur Bénédicte : Au dépôt de la Cité, lieu historique pour la congrégation et univers austère, il y avait une âme par la présence de notre chapelle, qui permettait la seule présence eucharistique du Palais. De plus les messes quotidiennes pour la communauté, les messes mensuelles pour les magistrats, les avocats, et depuis peu pour les policiers, favorisaient un climat spirituel. Lors de la dernière messe au dépôt de la Cité, une avocate, apprenant que les cellules des Batignolles seraient en sous-sol, nous a dit : « Si vous êtes au 2e sous-sol, vous serez comme les racines spirituelles du Palais ! »

cellule de garde à vue

Quel lien avec l’aumônier des maisons d’arrêt ?

Sœur Bénédicte : Aux Batignolles, pas d’aumônier, car les personnes déférées ne restent que quelques heures. Il n’y a pas non plus de lieu de culte. Mais nous sommes souvent interpellées en tant que religieuses pour une demande de prière ou pour un échange.

Oser l’espérance en prison est un défi !

Sœur Bénédicte : Nous nous attachons à ce que des personnes au cœur d’un échec ou d’une épreuve puissent s’ouvrir à la miséricorde et à l’idée de reconstruire un avenir. Quand on est au « fond du gouffre », la solution n’est-elle pas de relever la tête ? Notre vocation trouve là sa raison d’être : nous portons avec ces personnes, et pour elles, l’espérance de retrouver leur dignité, de faire des projets, …
Malgré leur délit, elles sont regardées comme des personnes. L’une d’elle nous a dit récemment : « Je ne suis pas une mauvaise personne. On peut juger mon acte mais pas ma personne. Au moins, vous, vous voyez ce qui est positif en moi. »
C’est une petite lueur d’espérance, lorsque des personnes de religions ou de cultures différentes arrivent à cohabiter dans la même cellule et se réconfortent mutuellement pour ne pas sombrer ; lorsque deux toxicomanes se partagent une cigarette. Lorsqu’une femme apprend le décès d’un proche et se tait pour ne pas assombrir le Noël de ses compagnes de cellule. Lorsque, malgré l’enfermement, une personne détenue parvient à écrire ces quelques lignes : « L’espérance, dites-vous ? Comment l’approcher ? Non, ne la cherchez pas ; elle est au fond de vous, cachée dans votre cœur, cette petite lueur d’une infinie douceur, elle vous tient par la main et vous dit : crois-moi, viens, tu n’es pas encore au bout du chemin ».
Comme le père du fils prodigue, nous sommes convaincues que Dieu attend chacun, quel qu’il soit, dans son mystère, pour le relever. Dieu n’enferme jamais l’homme dans son péché. Il l’appelle à grandir et à croire qu’un avenir est toujours possible.

 

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